Dégénérescence hépatolenticulaire ou maladie de Wilson : symptômes, diagnostic et traitement

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La dégénérescence hépatolenticulaire est un autre nom de la maladie de Wilson, une maladie génétique rare dans laquelle du cuivre s’accumule anormalement dans le foie, le cerveau, les yeux et parfois d’autres organes. [6] La maladie est présente dès la naissance, mais ses manifestations peuvent n’apparaître que plus tard, lorsque l’accumulation de cuivre devient suffisante pour endommager les organes. [4] Certaines personnes ne présentent encore aucun symptôme lorsque le diagnostic est posé, notamment à l’occasion du dépistage de la famille. [4] [5] Un diagnostic précoce et un traitement poursuivi à long terme peuvent prévenir ou limiter les lésions des organes. [5] [6]
Pourquoi le cuivre s’accumule-t-il ?
La maladie de Wilson est causée par des mutations du gène ATP7B, qui intervient normalement dans l’élimination du cuivre en excès par le foie et la bile. [4] [6] Lorsque ce mécanisme fonctionne mal, le cuivre s’accumule d’abord dans le foie puis peut atteindre notamment le cerveau, les reins et les yeux. [6] Cette accumulation peut provoquer un stress oxydatif et des lésions cellulaires responsables des manifestations hépatiques, neurologiques et psychiatriques de la maladie. [6]
La transmission est autosomique récessive : une personne malade a hérité d’une copie mutée du gène ATP7B de chacun de ses parents. [4] Une personne qui ne possède qu’une seule copie mutée est porteuse, mais n’a pas la maladie de Wilson. [4]
Quels symptômes la maladie de Wilson peut-elle provoquer ?
Les manifestations varient fortement d’une personne à l’autre et peuvent concerner le foie, le système nerveux, la santé mentale, les yeux ou d’autres organes. [4] L’atteinte du foie peut se manifester par une fatigue, des nausées, des vomissements, une perte d’appétit, une douleur dans la partie supérieure de l’abdomen, des urines foncées, des selles plus claires ou une jaunisse. [4] En cas de maladie chronique du foie ou de cirrhose, une perte de poids involontaire, des démangeaisons, un gonflement des jambes ou une accumulation de liquide dans l’abdomen peuvent également survenir. [4]
Les manifestations neurologiques possibles comprennent des tremblements, une raideur musculaire, des mouvements incontrôlés ainsi que des difficultés de coordination, de parole ou de déglutition. [4] Des changements d’humeur, de personnalité ou de comportement, une anxiété, une dépression ou des symptômes psychotiques peuvent aussi être associés à l’accumulation de cuivre. [4] Ces symptômes ne suffisent pas à reconnaître soi-même une maladie de Wilson, car ils peuvent avoir de nombreuses autres causes. [6]
De nombreuses personnes atteintes présentent un anneau de Kayser-Fleischer, de couleur verdâtre, dorée ou brune, autour de la cornée en raison d’un dépôt de cuivre. [4] [6] Cet anneau est recherché au moyen d’un examen ophtalmologique à la lampe à fente et peut ne pas être visible à l’œil nu. [4] [6] Il est très fréquent chez les personnes ayant une atteinte neurologique, mais moins constant lorsque les manifestations concernent uniquement le foie. [4] Sa présence n’est toutefois pas spécifique de la maladie de Wilson et doit être interprétée avec les autres résultats. [6]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose habituellement sur un ensemble d’éléments cliniques, biologiques, ophtalmologiques et parfois génétiques ou hépatiques. [6] L’évaluation peut comprendre le dosage sanguin de la céruloplasmine, la mesure du cuivre dans les urines recueillies pendant 24 heures et la recherche d’anneaux de Kayser-Fleischer. [6] Une céruloplasmine basse ne permet pas, à elle seule, de confirmer ou d’exclure la maladie, car ce résultat peut aussi être observé dans d’autres affections hépatiques. [6] Lorsque les premiers examens ne permettent pas de conclure, une biopsie du foie avec mesure du cuivre hépatique ou une analyse moléculaire du gène ATP7B peut être envisagée. [6] En présence de symptômes neurologiques, une IRM cérébrale peut compléter l’évaluation pour rechercher une atteinte des structures impliquées dans le contrôle des mouvements. [6]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement vise à retirer le cuivre accumulé, à réduire son absorption digestive et à empêcher une nouvelle accumulation. [5] Les agents chélateurs, notamment la pénicillamine et la trientine, favorisent l’élimination du cuivre hors de l’organisme. [5] Le zinc agit différemment en diminuant l’absorption intestinale du cuivre et peut notamment être utilisé comme traitement d’entretien ou chez certaines personnes encore sans symptômes. [5] Le choix du traitement dépend de l’atteinte des organes, des maladies associées, de la tolérance et du contexte individuel. [6]
Les chélateurs peuvent provoquer des effets indésirables et, chez certaines personnes ayant des symptômes neurologiques, entraîner au début une aggravation de ces symptômes. [5] Une aggravation initiale ou un effet indésirable doit donc être signalé à l’équipe soignante afin qu’elle évalue la conduite à tenir. [5] [6] Le traitement doit être poursuivi toute la vie, car son arrêt peut permettre au cuivre de s’accumuler de nouveau et provoquer notamment une insuffisance hépatique aiguë. [5] Des analyses régulières de sang et d’urines permettent de contrôler l’efficacité et la tolérance du traitement. [5] [6]
Une réduction des aliments très riches en cuivre peut être recommandée, mais les mesures alimentaires ne suffisent généralement pas à traiter seules la maladie. [5] [6] Lorsque la maladie provoque une insuffisance hépatique aiguë ou une insuffisance hépatique liée à une cirrhose, une transplantation du foie peut devenir nécessaire. [5] [6] La transplantation hépatique corrige le défaut d’élimination du cuivre et guérit la maladie de Wilson dans la plupart des cas. [5]
Pourquoi proposer un dépistage à la famille ?
Lorsqu’une maladie de Wilson est diagnostiquée, les parents, frères, sœurs et enfants de la personne concernée doivent discuter avec un médecin d’un dépistage familial. [5] Ce dépistage peut identifier une personne atteinte avant l’apparition des symptômes et permettre de commencer suffisamment tôt un traitement destiné à prévenir les lésions des organes. [5]
Quand demander une aide médicale urgente ?
Une coloration jaune de la peau ou du blanc des yeux nécessite une aide médicale urgente, car une jaunisse peut révéler une maladie grave du foie ou une autre affection sérieuse. [2] Une confusion apparue soudainement doit également faire demander une aide médicale immédiate, sans tenter d’en déterminer soi-même la cause. [3] Une faiblesse ou un engourdissement brutal d’un membre ou du visage, une déformation du visage ou un trouble soudain de la parole peuvent correspondre à un accident vasculaire cérébral et imposent d’appeler immédiatement le 15 ou le 112. [1] Ces signes soudains ne doivent pas être attribués d’emblée à la maladie de Wilson ni conduire à attendre la consultation habituelle de suivi. [1] [3]
Sources et références
[1] AVC : que faire ? | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Jaundice - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[3] Sudden confusion (delirium) - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[4] Symptoms & Causes of Wilson Disease - NIDDK
www.niddk.nih.gov · Consulté le 2026-09-11
[5] Treatment of Wilson Disease - NIDDK
www.niddk.nih.gov · Consulté le 2026-09-11
[6] Wilson Disease - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-15
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