Maladie de Creutzfeldt-Jakob : signes, diagnostic, évolution et prise en charge

La maladie de Creutzfeldt-Jakob, ou MCJ, est une maladie neurodégénérative rare due à l’accumulation d’une protéine prion anormale dans le cerveau. [1] [4] Elle provoque une détérioration rapide des capacités cognitives, notamment de la mémoire et de l’orientation, à laquelle s’associent différents troubles neurologiques. [1] [2] Son évolution est fatale et aucun traitement disponible ne permet actuellement de ralentir ou de modifier le cours de la maladie. [4] [2]
Une maladie à prions distincte des autres démences
La MCJ appartient au groupe des maladies à prions, également appelées encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles. [1] Dans ces maladies, une protéine normalement présente dans l’organisme adopte une conformation anormale, favorise le mauvais repliement d’autres protéines prions et s’accumule au détriment des cellules nerveuses. [1] [2] Les lésions cérébrales peuvent notamment associer une perte de neurones, une prolifération de cellules de soutien et de petites vacuoles donnant au tissu un aspect spongieux. [1] [2] La rapidité de l’aggravation distingue souvent la MCJ de maladies telles que la maladie d’Alzheimer, mais les premiers symptômes peuvent se ressembler et ne permettent pas un autodiagnostic. [2]
Formes sporadique, génétique et acquise
La MCJ peut être sporadique, familiale en raison d’une mutation génétique, ou acquise à la suite d’une contamination par un prion. [1] [2] La forme sporadique, sans mutation ni exposition extérieure retrouvée, représente environ 85 % des cas et apparaît habituellement autour de 65 ans. [2] [3] La forme familiale est liée à une mutation du gène qui commande la production de la protéine prion et débute souvent plus tôt que la forme sporadique. [2] [3] La forme acquise est devenue exceptionnelle et comprend notamment la MCJ iatrogène, historiquement transmise lors de certains actes ou traitements médicaux, ainsi que la variante liée à l’encéphalopathie spongiforme bovine. [1] [3] La variante de la MCJ a touché des personnes plus jeunes après consommation de produits provenant de bovins atteints de l’encéphalopathie spongiforme bovine, appelée maladie de la vache folle. [1] [2] Santé publique France indique que 28 cas de cette variante ont été diagnostiqués en France entre 1992 et 2019 et que le dernier cas français connu est décédé en 2019. [4]
Quels sont les symptômes de la MCJ ?
Les premiers signes peuvent être peu spécifiques, avec une confusion, des pertes de mémoire, des difficultés d’orientation ou de langage, de l’anxiété ou des symptômes dépressifs. [1] [2] Chez certaines personnes, un trouble de la coordination des mouvements, appelé ataxie, apparaît précocement et rend la marche instable. [2] [3] L’évolution peut ensuite associer des myoclonies, qui sont des secousses musculaires involontaires et rapides, des tremblements et une aggravation des troubles de l’équilibre. [1] [2] Des troubles visuels, des hallucinations, des mouvements anormaux ou des crises convulsives sont également possibles. [2] [3] La fonction cognitive continue généralement à se détériorer jusqu’à une démence sévère, tandis que l’atteinte musculaire peut augmenter le risque de pneumonie. [2] Dans la variante de la MCJ, les troubles psychiatriques sont souvent plus précoces que la perte de mémoire, puis l’évolution clinique rejoint celle des autres formes. [2] [3]
Comment le diagnostic est-il évalué ?
Le diagnostic est difficile, car d’autres maladies neurologiques, dont certaines peuvent être traitées, peuvent provoquer une détérioration cognitive rapide et des signes ressemblant à ceux de la MCJ. [2] [3] L’évaluation repose sur l’ensemble du tableau clinique, la vitesse d’évolution des symptômes et l’exclusion d’autres causes. [1] [2] L’IRM cérébrale peut révéler des anomalies caractéristiques dans le cortex ou les noyaux gris centraux, particulièrement avec les séquences pondérées en diffusion. [1] [3] Une ponction lombaire permet d’analyser le liquide céphalorachidien, le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière. [1] Le test RT-QuIC recherche dans ce liquide une activité liée à la protéine prion anormale et contribue fortement au diagnostic de la forme sporadique. [1] [3] D’autres marqueurs du liquide céphalorachidien, comme les protéines 14-3-3 ou Tau, témoignent d’une souffrance neuronale mais ne sont pas spécifiques de la MCJ. [1] [3] L’électroencéphalogramme peut mettre en évidence des anomalies de l’activité électrique cérébrale, mais celles-ci peuvent apparaître tardivement, être transitoires ou rester absentes. [2] [3] Une analyse du gène de la protéine prion est utilisée pour rechercher une forme génétique. [1] L’examen du tissu cérébral, le plus souvent après le décès, reste la méthode permettant de confirmer formellement une maladie à prions et d’en préciser le type. [1] [2]
Prise en charge et évolution
La prise en charge est symptomatique, car la MCJ demeure incurable et son évolution ne peut actuellement pas être ralentie. [1] [2] Les traitements peuvent chercher à limiter certains symptômes, notamment les spasmes musculaires, l’anxiété ou l’agitation, sans agir sur la cause de la maladie. [2] Les soins de soutien, l’accompagnement psychologique et médico-social, les soins palliatifs et l’aide apportée aux proches occupent donc une place importante. [1] [2] La progression est généralement rapide, avec un décès survenant le plus souvent en quelques mois à quelques années selon la forme et le sous-type. [2] [3] Dans la forme sporadique, l’évolution est souvent de l’ordre de six mois, tandis que la variante présente en moyenne une survie plus longue. [1] [3]
Transmission et précautions
Aucun cas de transmission de la MCJ par des contacts ordinaires, même prolongés, avec une personne malade n’a été signalé. [2] Le risque documenté concerne surtout l’exposition à certains tissus infectés, notamment ceux du système nerveux central et de l’œil, ainsi qu’à du matériel médical contaminé. [1] [2] Les procédures habituelles de stérilisation ne détruisent pas nécessairement les prions, ce qui impose aux établissements de santé des méthodes spécifiques de décontamination ou d’élimination du matériel concerné. [1] [2] En France, l’utilisation d’hormone de croissance d’origine humaine a cessé en 1988 et les greffes de dure-mère sont interdites depuis 1994, ce qui a supprimé des voies historiques de contamination. [1] Des mesures portant sur l’alimentation animale, la surveillance des élevages et le retrait des tissus bovins à risque ont également été mises en place après l’épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine. [1]
Sources et références
[1] Maladies à prions / Maladie de Creutzfeldt-Jakob · Inserm, La science pour la santé
Inserm · Consulté le 2026-09-11
[2] Maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) - Troubles du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) - Neurologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[4] Maladie de Creutzfeldt-Jakob | Santé publique France
Santé publique France · Consulté le 2026-09-12
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