Loase : transmission, symptômes, diagnostic et principes de prise en charge

La loase, aussi appelée filariose à Loa loa, est une infection provoquée par un ver rond parasite appelé Loa loa. [1] Elle est transmise par la piqûre de mouches du genre Chrysops présentes dans les régions forestières et les zones de savane voisines d’Afrique centrale et de certaines parties de l’Afrique de l’Ouest. [3] L’infection peut rester sans symptôme, provoquer des gonflements transitoires appelés œdèmes de Calabar ou rendre visible la migration d’un ver sous la conjonctive de l’œil. [1] [3] Le diagnostic et le traitement nécessitent une évaluation précise, car l’absence de larves dans un prélèvement sanguin n’exclut pas toujours l’infection et certains médicaments peuvent entraîner des réactions graves. [3]
Comment la loase se transmet-elle ?
Une mouche infectée dépose des larves de Loa loa lorsqu’elle pique une personne, puis les larves pénètrent dans la peau par la plaie de la piqûre. [1] [3] Elles deviennent ensuite des vers adultes qui vivent et migrent dans les tissus sous la peau et peuvent passer sous la conjonctive, la membrane transparente recouvrant l’œil. [1] Les vers adultes produisent des larves microscopiques appelées microfilaires, qui circulent surtout dans le sang pendant la journée. [1] [3] Une autre mouche peut absorber ces microfilaires lors d’une piqûre diurne et transmettre ultérieurement le parasite à une autre personne. [1]
En dehors des zones d’endémie, la loase est principalement observée chez des personnes ayant vécu ou voyagé dans une région où le parasite est transmis. [3] Les premiers symptômes peuvent apparaître plusieurs mois après la contamination, tandis que les microfilaires peuvent ne devenir détectables dans le sang que beaucoup plus tard. [3]
Quels sont les symptômes de la loase ?
De nombreuses personnes infectées ne présentent aucun symptôme. [1] [2] Les œdèmes de Calabar sont des gonflements localisés et transitoires, souvent très prurigineux, qui touchent surtout les extrémités mais peuvent apparaître ailleurs sur le corps. [3] Ils correspondent à une réaction allergique et immunitaire associée à la migration des vers adultes. [1] [3] Ces gonflements sont généralement plus fréquents et plus sévères chez les voyageurs que chez les personnes vivant durablement dans une région d’endémie. [1] [3]
La migration d’un ver sous la conjonctive peut provoquer une démangeaison, une irritation, une douleur, une rougeur, un gonflement ou une gêne à la lumière. [1] [3] L’épisode est impressionnant mais disparaît le plus souvent sans séquelle oculaire durable. [1] [3] Un ver adulte peut aussi migrer superficiellement sous la peau et former une trace mobile, sans nécessairement produire la lésion persistante observée dans certaines autres infections parasitaires cutanées. [3]
La loase peut également s’accompagner de symptômes moins spécifiques, tels qu’une fatigue, des douleurs musculaires ou articulaires, des démangeaisons chroniques, une urticaire, des maux de tête ou des sensations anormales dans les membres. [3] Ces manifestations ne suffisent pas à reconnaître la loase, car elles peuvent avoir de nombreuses autres causes. [3]
Quelles complications sont possibles ?
Des atteintes rénales, cardiaques ou neurologiques peuvent survenir, en particulier chez une partie des personnes ayant beaucoup de microfilaires dans le sang. [3] L’atteinte rénale peut se manifester biologiquement par la présence de protéines ou de sang dans les urines, et de rares cas d’insuffisance rénale ont été rapportés. [1] [3] L’encéphalopathie associée à la loase peut aller de troubles cognitifs transitoires jusqu’au coma et au décès. [3] Elle peut apparaître spontanément, mais elle est observée plus fréquemment après l’administration de médicaments qui détruisent rapidement les microfilaires. [3] Certaines infections très riches en microfilaires peuvent être peu symptomatiques tout en exposant à un risque plus élevé de complications organiques et d’effets indésirables du traitement. [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
La possibilité d’une loase est évaluée en tenant compte des symptômes et d’un séjour ou d’une résidence dans une zone de transmission d’Afrique centrale ou occidentale. [1] [2] Le diagnostic direct repose principalement sur l’identification et la quantification des microfilaires dans un prélèvement sanguin examiné au microscope. [2] [3] Le sang est prélevé autour du milieu de la journée, lorsque la concentration des microfilaires dans la circulation est la plus élevée. [1] [3] La quantification est importante, car la charge en microfilaires contribue au choix du traitement et à l’évaluation de son risque. [3]
Le diagnostic peut aussi être confirmé par l’observation d’un ver migrant sous la conjonctive ou par l’identification d’un ver retiré de l’œil ou de la peau. [1] [3] Une proportion importante des personnes infectées n’a toutefois aucune microfilaire détectable dans le sang, ce qui correspond à une forme dite occulte ou amicrofilarémique. [3] [4] Un examen sanguin négatif ne suffit donc pas toujours à exclure la loase lorsque l’exposition et les signes cliniques restent évocateurs. [3] [4] Les tests sérologiques peuvent apporter un argument complémentaire, mais ils peuvent réagir avec d’autres filarioses et ne distinguent pas de manière fiable une infection ancienne d’une infection active. [2] [3] Les techniques moléculaires peuvent améliorer la détection dans certains laboratoires spécialisés, mais elles ne remplacent pas la microscopie pour quantifier les microfilaires avant un traitement potentiellement à risque. [3] [4]
Quels sont les principes du traitement ?
La diéthylcarbamazine est le traitement de référence capable d’agir à la fois sur les microfilaires et sur les vers adultes. [1] [3] Son administration peut cependant déclencher des réactions allergiques ou neurologiques graves lorsque la charge en microfilaires est élevée. [1] [3] Le nombre de microfilaires doit donc être mesuré avant le traitement, et une charge élevée peut conduire à réduire d’abord le nombre de larves au moyen d’un autre médicament ou d’une aphérèse filtrant le sang. [1] [2] Chez les personnes ayant résidé dans une région où l’onchocercose est présente ou ne peut être exclue, cette infection doit être recherchée avant l’emploi de la diéthylcarbamazine, car une co-infection expose à des réactions inflammatoires graves, notamment au niveau de la peau et des yeux. [2] [3] En raison de ces risques et de la complexité des co-infections, le choix et la surveillance du traitement nécessitent une expertise clinique et parasitologique. [2] [3]
Comment l’efficacité du traitement est-elle évaluée ?
La disparition des microfilaires du sang après le traitement ne prouve pas à elle seule que tous les vers adultes ont été éliminés. [3] L’évaluation repose sur plusieurs éléments indirects, notamment la persistance de l’absence de microfilaires, la disparition des symptômes et la normalisation d’anomalies biologiques préexistantes comme l’éosinophilie. [3] Les anticorps dirigés contre les filaires peuvent diminuer lentement pendant plusieurs années et sont moins faciles à interpréter chez les personnes régulièrement exposées dans une zone d’endémie. [3] Plusieurs cycles de traitement peuvent parfois être nécessaires pour obtenir une guérison parasitologique. [1] [3]
Comment réduire le risque de loase ?
Dans une région où Loa loa est transmis, la prévention repose notamment sur la réduction des piqûres de mouches. [1] [2] L’utilisation de répulsifs, le port de vêtements longs et le recours à des vêtements imprégnés d’insecticide peuvent diminuer l’exposition. [1] [2] Les mouches vectrices piquant pendant la journée, les moustiquaires de lit ne constituent pas une protection adaptée contre cette transmission diurne. [1] [2]
Sources et références
[1] Loase - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Loase - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Diagnosis, management and prevention of loiasis: guideline of the German Society for Tropical Medicine, Travel Medicine, and Global Health (DTG)
www.ebi.ac.uk · Version : 2025-05-21 · Consulté le 2026-09-16
[4] Laboratory diagnosis of loiasis to support individual patient management: A systematic review
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-07-13 · Consulté le 2026-09-16
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