Leucémies myéloïdes : différences entre formes aiguë et chronique, diagnostic et traitements

Le terme « leucémie myéloïde » désigne principalement deux maladies différentes : la leucémie myéloïde aiguë, ou LMA, et la leucémie myéloïde chronique, ou LMC. [2] [3] Toutes deux prennent naissance dans la moelle osseuse et touchent des cellules destinées à former certains globules blancs, mais leur vitesse d’évolution, leurs anomalies biologiques et leurs traitements ne sont pas les mêmes. [2] [3] La LMA progresse rapidement avec une accumulation de cellules immatures, tandis que la LMC commence habituellement par une phase d’évolution lente caractérisée par une production excessive de cellules de la lignée myéloïde. [2] [3] Cette distinction doit être établie par des analyses de sang, un examen de la moelle osseuse et, selon la forme suspectée, des analyses chromosomiques ou moléculaires. [2] [3]
En quoi la leucémie myéloïde aiguë diffère-t-elle de la forme chronique ?
Dans la LMA, des cellules myéloïdes immatures appelées blastes s’accumulent rapidement dans la moelle osseuse et remplacent les cellules qui produisent normalement les éléments du sang. [2] La production de globules rouges, de globules blancs fonctionnels et de plaquettes peut alors diminuer, ce qui explique respectivement l’anémie, la sensibilité aux infections et les saignements. [2] Il existe plusieurs sous-types de LMA, définis notamment à partir des caractéristiques et des anomalies chromosomiques des cellules leucémiques. [2] La leucémie promyélocytaire aiguë est un sous-type particulier, associé notamment à des problèmes de saignement ou de coagulation et à un traitement spécifique. [2]
La LMC évolue généralement plus lentement et comporte une phase chronique, une phase accélérée puis une phase blastique avancée. [3] Elle est habituellement liée à un réarrangement entre les chromosomes 9 et 22, qui forme le chromosome Philadelphie et entraîne la production d’une tyrosine kinase anormale. [3] Cette enzyme stimule la croissance anormale des cellules et constitue la cible des principaux médicaments utilisés contre la LMC. [3] La LMC peut survenir à tout âge, mais elle est surtout observée chez l’adulte et reste rare chez le jeune enfant. [3]
Quels symptômes peuvent révéler une leucémie myéloïde ?
Une leucémie myéloïde peut provoquer une fatigue, une faiblesse ou une pâleur lorsque la moelle osseuse ne produit plus suffisamment de globules rouges. [2] [3] Une fièvre, des sueurs ou des infections peuvent être liées à un nombre insuffisant de globules blancs normaux et fonctionnels. [2] [3] Des ecchymoses faciles, des saignements de nez ou des gencives et d’autres hémorragies peuvent résulter d’un manque de plaquettes. [2] [3] Ces manifestations ne suffisent pas à identifier une leucémie, car le diagnostic dépend d’examens sanguins et médullaires. [2] [3]
La LMA peut aussi entraîner un essoufflement, une accélération du rythme cardiaque, une douleur thoracique, des douleurs osseuses ou articulaires et une augmentation du volume du foie ou de la rate. [2] Des cellules leucémiques peuvent plus rarement atteindre la peau, les gencives, les yeux ou les tissus qui entourent le cerveau et la moelle épinière. [2] La LMC ne provoque parfois aucun symptôme au début et peut être découverte à l’occasion d’une numération sanguine anormale. [3] Lorsqu’elle devient symptomatique, elle peut causer une fatigue, une perte d’appétit, un amaigrissement, des sueurs nocturnes ou une sensation de ballonnement liée à l’augmentation du volume de la rate. [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
La numération formule sanguine mesure notamment les globules rouges, les différentes catégories de globules blancs et les plaquettes. [2] [3] L’examen d’un frottis sanguin au microscope recherche en particulier des cellules immatures et d’autres anomalies de l’aspect des cellules. [3] [4] Dans la LMA, un prélèvement de moelle osseuse est presque toujours effectué pour confirmer la maladie et la distinguer des autres leucémies. [2] L’étude des chromosomes et des caractéristiques moléculaires des blastes aide ensuite à préciser le sous-type, le risque d’évolution et le choix du traitement. [2] [4]
Dans la LMC, une élévation des globules blancs peut faire suspecter la maladie, mais elle ne suffit pas à la confirmer. [3] La confirmation repose sur des examens cytogénétiques ou moléculaires recherchant le chromosome Philadelphie ou l’anomalie correspondante. [3] D’autres mutations peuvent être recherchées lorsque la réponse au traitement de la LMC est moins bonne que prévu. [3]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Le traitement de la LMA vise d’abord à obtenir rapidement une rémission en détruisant la majorité des cellules leucémiques. [2] Une phase d’induction est généralement suivie d’un traitement de consolidation destiné à éliminer une maladie résiduelle et à réduire le risque de rechute. [2] [4] Les médicaments et l’intensité du traitement dépendent notamment de l’état de la personne, du sous-type de LMA et des caractéristiques chromosomiques ou moléculaires des cellules. [2] [4] Une greffe allogénique de cellules souches peut être proposée à certaines personnes, notamment lorsque le risque de rechute justifie cette stratégie. [2]
Les traitements intensifs de la LMA diminuent temporairement l’activité de la moelle osseuse et peuvent entraîner un nombre très faible de globules blancs et de plaquettes. [2] Cette période augmente notamment le risque d’infection et de saignement, ce qui nécessite une surveillance rapprochée et peut imposer des transfusions. [2] Dans la LMC, le traitement repose principalement sur des inhibiteurs de la tyrosine kinase, qui bloquent l’enzyme anormale produite par le chromosome Philadelphie. [3] Ces médicaments ont profondément amélioré le pronostic de la LMC, mais une rémission obtenue sous traitement ne doit pas être assimilée automatiquement à une guérison. [1] [3] L’arrêt éventuel d’un inhibiteur de la tyrosine kinase ne constitue pas une décision autonome, car la possibilité d’arrêter en toute sécurité et la durée nécessaire du traitement doivent être évaluées dans le suivi médical. [3] Une greffe de cellules souches reste parfois envisagée dans la LMC, sans constituer le traitement habituel de la phase chronique contrôlée par les médicaments. [1] [3]
Pourquoi le suivi est-il indispensable ?
Après le traitement d’une LMA, le suivi recherche une persistance de cellules leucémiques ou une rechute et tient compte des anomalies génétiques associées au pronostic. [2] [4] Le pronostic de la LMA varie notamment selon l’âge, les anomalies génétiques, l’origine de la maladie et la réponse au traitement. [2] [4] Dans la LMC, des tests moléculaires ou cytogénétiques mesurent la réponse au traitement et peuvent révéler une résistance ou une progression. [1] [3] Sans contrôle efficace, la LMC peut évoluer vers une phase accélérée puis une phase blastique associée à des infections graves et à des saignements excessifs. [3]
Quels signes nécessitent une évaluation urgente ?
Chez une personne suivie en ambulatoire pour une LMA, l’apparition d’une fièvre justifie de demander rapidement une aide médicale en raison du risque d’infection, notamment pendant les périodes de baisse des globules blancs. [2] [4] Dans la LMA, une détresse respiratoire ou un trouble neurologique peut correspondre à une complication oncologique urgente telle qu’une leucostase. [4] Un syndrome de lyse tumorale ou un trouble grave de la coagulation fait également partie des urgences oncologiques associées à certaines LMA. [4]
Sources et références
[1] Leucémie myéloïde chronique (LMC) - Oncologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Leucémie myéloïde aiguë (LMA) - Cancer - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Leucémie myéloïde chronique (LMC) - Cancer - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[4] Acute Myeloid Leukemia - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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