Lèpre : transmission, symptômes, diagnostic et traitement

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Médecine tropicale par ville
La lèpre, également appelée maladie de Hansen, est une infection bactérienne chronique qui atteint principalement la peau et les nerfs périphériques. [1] Elle peut aussi toucher les yeux et la muqueuse des voies respiratoires supérieures. [1] La maladie est curable, mais un retard de diagnostic ou de traitement expose à des lésions nerveuses et à des incapacités permanentes. [1] [3] Elle demeure présente dans plus de 120 pays, même si la majorité des nouveaux cas surviennent dans un nombre limité de pays d’endémie. [1]
Comment la lèpre se transmet-elle ?
La lèpre est principalement causée par la bactérie Mycobacterium leprae. [1] La transmission est considérée comme liée à des gouttelettes provenant du nez et de la bouche d’une personne infectée non traitée, lors de contacts étroits et prolongés. [1] Un contact occasionnel, comme serrer la main, partager un repas, prendre une personne dans ses bras ou s’asseoir à côté d’elle, ne suffit pas à transmettre la maladie. [1] La personne atteinte cesse d’être contagieuse lorsqu’elle commence la polychimiothérapie. [1] Ces caractéristiques distinguent la lèpre des infections qui se transmettent facilement au cours de contacts sociaux ordinaires. [1] [3]
Quels sont les symptômes de la lèpre ?
Le bacille se multiplie lentement et les symptômes peuvent apparaître longtemps après l’infection. [2] La durée d’incubation est d’environ cinq ans en moyenne, mais elle peut atteindre vingt ans. [2] Les manifestations les plus caractéristiques associent des lésions de la peau à une atteinte des nerfs périphériques. [1] Une zone de peau plus pâle ou rougeâtre peut perdre sa sensibilité au toucher, à la douleur ou à la température. [1] [3] Les lésions peuvent également prendre la forme de plaques, de tuméfactions ou de nodules. [3] L’atteinte nerveuse peut provoquer un engourdissement, une faiblesse musculaire ou une augmentation de volume d’un nerf périphérique. [1] [3] L’aspect des lésions et leur nombre varient selon la forme de la maladie, ce qui empêche de conclure à une lèpre sur la seule présence d’une tache cutanée. [3]
Quelles sont les principales formes de lèpre ?
Pour guider le traitement, l’OMS distingue principalement les formes paucibacillaires et multibacillaires. [1] Une forme paucibacillaire comporte une à cinq lésions cutanées sans bacilles mis en évidence dans le frottis cutané. [1] Une forme multibacillaire comporte plus de cinq lésions, une atteinte nerveuse ou des bacilles détectés dans le frottis, quel que soit le nombre de lésions. [1] Une autre classification décrit des formes tuberculoïde, lépromateuse et borderline selon les manifestations et la réponse immunitaire. [3] La forme tuberculoïde comporte généralement peu de zones cutanées atteintes, tandis que la forme lépromateuse peut toucher de nombreuses zones et d’autres organes. [3] La forme borderline présente des caractéristiques intermédiaires et peut évoluer vers un tableau plus proche de l’une ou l’autre de ces formes. [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic de la lèpre est avant tout clinique, à partir de l’examen de la peau, de la sensibilité et des nerfs périphériques. [1] [4] Selon l’OMS, il repose sur la présence d’au moins un signe caractéristique parmi une perte manifeste de sensibilité sur une lésion pâle ou rougeâtre, un nerf périphérique épaissi associé à une perte de sensibilité ou à une faiblesse musculaire, ou la détection microscopique de bacilles dans un frottis cutané. [1] Des examens de laboratoire peuvent être nécessaires lorsque le diagnostic est difficile. [1] Une biopsie cutanée examinée au microscope ou une technique moléculaire telle que la PCR peut contribuer à confirmer le diagnostic. [4] Les analyses sanguines recherchant des anticorps ont une utilité diagnostique limitée, car ces anticorps ne sont pas présents chez toutes les personnes atteintes. [3]
Quel est le traitement de la lèpre ?
La lèpre se traite par une association de plusieurs antibiotiques appelée polychimiothérapie. [1] Le schéma recommandé par l’OMS associe la dapsone, la rifampicine et la clofazimine. [1] L’OMS indique une durée de six mois pour les cas paucibacillaires et de douze mois pour les cas multibacillaires. [1] Cette association élimine l’agent infectieux et permet de guérir la maladie. [1] Les antibiotiques ne font toutefois pas disparaître les lésions nerveuses et les déformations déjà constituées. [3] Le diagnostic précoce et l’instauration rapide du traitement sont donc déterminants pour prévenir les incapacités. [1] [3]
Quelles complications et réactions doivent être surveillées ?
Les complications les plus graves résultent de l’atteinte des nerfs périphériques. [3] La perte de sensibilité peut empêcher de percevoir une brûlure, une coupure ou une autre blessure. [3] Des traumatismes répétés peuvent alors provoquer des plaies, des déformations et parfois une perte de doigts ou d’orteils. [3] Une faiblesse musculaire peut entraîner une main en griffe ou un pied tombant. [3] Selon la forme de la maladie, les yeux, le nez, les pieds, les reins ou les testicules peuvent aussi être atteints. [3]
Des épisodes inflammatoires appelés réactions lépreuses peuvent survenir avant, pendant ou après le traitement. [3] Ils peuvent associer de la fièvre, une rougeur ou un gonflement douloureux des lésions, des nodules douloureux et une aggravation de la fonction nerveuse. [3] [4] Les réactions accompagnées d’une détérioration nerveuse doivent être traitées rapidement, car elles peuvent contribuer à des lésions neurologiques supplémentaires. [4] Les sources disponibles ne permettent cependant pas de préciser ici un délai de recours ni un circuit de soins applicable en France. [4]
Comment prévenir la transmission autour d’un cas ?
La prévention repose notamment sur le diagnostic et le traitement des personnes atteintes ainsi que sur la recherche des contacts au sein du foyer, du voisinage et de l’entourage. [1] L’OMS recommande une dose unique de rifampicine en prévention après exposition chez certains contacts. [1] Chez les contacts âgés d’au moins deux ans, cette prévention médicamenteuse nécessite auparavant d’écarter une lèpre, une tuberculose et les autres contre-indications au médicament. [4] Il ne s’agit donc pas d’un traitement à prendre de sa propre initiative après un simple contact social. [1] [4]
Une maladie curable encore marquée par la stigmatisation
Malgré son caractère curable et sa faible contagiosité, la lèpre reste associée à une forte stigmatisation sociale. [1] [3] Les personnes atteintes et leurs proches peuvent être confrontés à la discrimination ainsi qu’à des difficultés psychologiques et sociales. [1] [3] Le fait qu’un contact occasionnel ne transmette pas la maladie et que la contagiosité cesse avec le traitement constitue un repère important pour lutter contre les idées reçues. [1]
Sources et références
[1] Lèpre
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Lèpre : symptômes, traitement, prévention - Institut Pasteur
Institut Pasteur · Consulté le 2026-09-11
[3] Lèpre - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[4] Lèpre - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
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