Aller au contenu principal

Infections fongiques du système nerveux central : signes, diagnostic et prise en charge

Les infections fongiques du système nerveux central sont des infections rares dans lesquelles un champignon atteint notamment le cerveau ou les méninges. [1] Elles peuvent prendre la forme d’une méningite, d’une encéphalite, d’un abcès cérébral, d’un granulome, d’une hydrocéphalie ou d’un accident vasculaire cérébral. [1] Ces infections sont potentiellement mortelles et peuvent laisser des conséquences neurologiques importantes. [1] Elles ne peuvent pas être reconnues à partir des seuls symptômes, car leur présentation ressemble à celle d’autres infections, d’abcès bactériens ou de certaines lésions intracrâniennes. [1]

Quels champignons et quels mécanismes sont en cause ?

Les infections fongiques du système nerveux central forment un ensemble hétérogène et ne correspondent pas à une maladie unique. [1] Parmi les champignons décrits figurent notamment Aspergillus, les Mucorales, Cryptococcus et Candida, ainsi que plusieurs espèces plus rares. [1] Le type d’atteinte varie selon l’organisme : Aspergillus a notamment été associé à des lésions focales comme les granulomes et les abcès, tandis que Cryptococcus s’est plus souvent manifesté sous la forme d’une méningite dans les observations analysées. [1] Les champignons peuvent atteindre le cerveau après leur passage dans le sang à partir d’un autre organe ou par extension d’une infection des sinus. [1] Certains champignons peuvent envahir les vaisseaux sanguins, favoriser une thrombose ou un infarctus cérébral et contribuer ainsi à une progression sévère de la maladie. [1]

Quels sont les symptômes possibles ?

Les manifestations dépendent de la zone atteinte et peuvent évoluer de manière subaiguë plutôt que commencer brutalement. [1] Dans la série pakistanaise de 140 patients, les symptômes rapportés comprenaient surtout des maux de tête, des troubles visuels, une faiblesse d’un membre et des crises convulsives. [1] Des vomissements, de la fièvre, un gonflement autour de l’œil ou une obstruction nasale étaient également présents chez certains patients. [1] Une altération de l’état mental ou un déficit neurologique focal peut aussi accompagner ces infections. [1] Aucun de ces signes n’est spécifique d’une infection fongique, et leur présence ne permet donc pas d’identifier le champignon responsable. [1]

Qui peut être concerné ?

Ces infections touchent fréquemment des personnes dont les défenses immunitaires sont diminuées, mais elles peuvent aussi survenir chez des personnes considérées comme immunocompétentes. [1] Les situations associées dans la revue comprenaient notamment le diabète, les maladies hématologiques, la prise prolongée de corticoïdes, la chimiothérapie et certaines maladies chroniques. [1] Chez des personnes immunocompétentes, des antécédents d’intervention ou de dispositif médical, une infection respiratoire ou une sinusite chronique et certains traumatismes ont été décrits comme facteurs prédisposants possibles. [1] La présence d’un facteur de risque augmente la suspicion clinique, mais son absence n’exclut pas une infection fongique du système nerveux central. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur le rapprochement entre les symptômes, les facteurs de risque, l’imagerie et les analyses microbiologiques ou anatomopathologiques. [1] Le scanner ou l’IRM peut montrer une ou plusieurs lésions, un œdème autour de celles-ci ou un effet de masse sur les structures voisines. [1] L’aspect radiologique est toutefois variable, et une IRM courante ne permet pas d’identifier de façon fiable le champignon responsable d’un abcès cérébral. [1] L’examen anatomopathologique d’un prélèvement permet de visualiser directement les éléments fongiques, tandis que la culture contribue à identifier l’organisme. [1] L’obtention de tissu par biopsie peut ainsi servir à confirmer le diagnostic, mais les résultats de culture peuvent demander plusieurs jours ou semaines. [1] En cas de suspicion d’infection à Cryptococcus, la recherche de l’antigène cryptococcique dans le liquide cérébrospinal constitue un examen diagnostique particulièrement utile. [1] Le galactomannane et le bêta-D-glucane peuvent soutenir la recherche d’une infection fongique invasive, mais leurs performances variables ne permettent pas de les utiliser seuls pour conclure. [1]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge dépend du champignon identifié ou suspecté, de la forme de l’infection, de l’état immunitaire et de la présence éventuelle d’une lésion compressive. [1] Elle repose généralement sur un traitement antifongique, parfois associé à un geste neurochirurgical chez des patients sélectionnés. [1] La chirurgie peut avoir un double objectif : obtenir un prélèvement pour le diagnostic et réduire l’effet de masse ou la quantité de tissu infecté. [1] Dans les observations analysées, une intervention était notamment envisagée devant une dégradation de l’état de conscience, la progression d’un déficit neurologique focal ou certaines lésions intracrâniennes. [1] Lorsque la maladie progresse rapidement, les médecins peuvent être amenés à commencer un traitement antifongique avant d’obtenir tous les résultats définitifs. [1] La prise en charge peut également inclure le traitement des facteurs sous-jacents modifiables, notamment le déséquilibre du diabète ou l’immunosuppression. [1] La revue recommande une approche multidisciplinaire réunissant notamment les compétences en infectiologie, neurochirurgie et microbiologie. [1]

Quelle peut être l’évolution ?

L’évolution peut être grave malgré le recours aux traitements antifongiques et à la chirurgie. [1] Un diagnostic tardif, une maladie déjà avancée et la capacité de certains champignons à envahir les vaisseaux ont été associés aux issues défavorables décrites. [1] Les résultats de la revue ne permettent pas de comparer directement l’efficacité d’un traitement médical seul à celle d’une prise en charge médicochirurgicale, car les patients, les champignons et la gravité des cas étaient très différents. [1] Les auteurs concluent que des données plus solides sont nécessaires pour déterminer les stratégies thérapeutiques optimales. [1]

Sources et références

[1] Central Nervous System Fungal Infections in Pakistan: A Narrative Review and Descriptive Synthesis

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-06-27 · Consulté le 2026-09-16

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées