Infections à virus oncogènes : comprendre le cas des papillomavirus humains

Une infection à virus oncogène est une infection par un virus capable de favoriser l'apparition d'un cancer, mais l'infection ne signifie pas qu'un cancer est déjà présent ni qu'il surviendra nécessairement. [1] Les passages disponibles documentent uniquement les papillomavirus humains, ou HPV, et ne permettent pas de présenter l'ensemble des autres virus oncogènes humains. [1] Les HPV sont des virus très courants, généralement transmis lors de contacts sexuels, dont certains types à haut risque peuvent provoquer des lésions précancéreuses puis différents cancers lorsqu'une infection persiste. [1]
Quels HPV sont associés à un risque de cancer ?
Les HPV appartiennent à la famille des Papillomaviridae et comprennent de nombreux génotypes, c'est-à-dire des types de virus différents. [1] Douze génotypes sont classés comme cancérogènes avérés et sont appelés HPV à haut risque : 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58 et 59. [1] Les HPV 16 et 18 sont les types à haut risque les plus souvent impliqués dans le cancer du col de l'utérus et sont en cause dans environ 70 % de ces cancers. [1] Les HPV 6 et 11 sont au contraire classés à bas risque et sont responsables d'environ 90 % des condylomes, aussi appelés verrues anogénitales. [1] La distinction entre HPV à haut risque et HPV à bas risque est donc importante : les premiers sont associés à des cancers, tandis que les HPV 6 et 11 sont principalement associés aux verrues anogénitales. [1]
Comment l'infection à HPV se transmet-elle ?
Les HPV se transmettent très facilement par contact entre les muqueuses ou avec la peau, presque exclusivement au cours d'un rapport sexuel avec ou sans pénétration. [1] Près de 80 % des personnes sexuellement actives seraient infectées par un HPV à un moment de leur vie, le plus souvent sans présenter de symptôme. [1] Le risque d'acquisition est particulièrement élevé au début de la vie sexuelle, puisque 60 % des premières infections surviennent dans les cinq années suivant le premier rapport. [1] Le risque d'infection augmente également avec le nombre de partenaires et avec la précocité des rapports sexuels. [1]
Une infection à HPV évolue-t-elle toujours vers un cancer ?
Dans environ 90 % des cas, particulièrement chez les femmes jeunes, l'infection à HPV est transitoire et éliminée spontanément par le système immunitaire en 12 à 24 mois. [1] Une infection passée n'apporte cependant pas nécessairement une protection suffisante contre une nouvelle infection, y compris par le même type de HPV. [1] Une persistance du virus au-delà de deux ans est observée chez 5 à 10 % des personnes infectées. [1] Cette persistance peut entraîner des anomalies cellulaires, des condylomes ou des lésions précancéreuses susceptibles d'évoluer vers un cancer sur une période de dix à trente ans. [1] Le passage d'une infection à un cancer est donc une évolution possible mais non immédiate et non systématique. [1]
Quels cancers peuvent être liés aux HPV à haut risque ?
Les HPV à haut risque sont impliqués dans des cancers du col de l'utérus, de l'anus, de la vulve, du vagin, du pénis et de la sphère ORL, qui comprend notamment la bouche et la gorge. [1] En France, la note de cadrage de la Haute Autorité de santé publiée en novembre 2024 rapportait environ 6 400 nouveaux cancers liés aux HPV diagnostiqués chaque année. [1] Environ trois quarts de ces cancers surviennent chez les femmes, principalement sous la forme de cancers du col de l'utérus, de l'anus, de la sphère ORL, de la vulve ou du vagin. [1] Environ un quart survient chez les hommes, chez lesquels les localisations les plus fréquentes sont la sphère ORL, l'anus et le pénis. [1] Les infections à HPV et leurs conséquences ne concernent donc pas uniquement les femmes ni uniquement le cancer du col de l'utérus. [1]
Peut-on traiter une infection à HPV ?
Il n'existe pas de traitement spécifique permettant d'éliminer directement une infection à HPV, mais ses manifestations cliniques peuvent être traitées. [1] Le traitement des condylomes vise à faire disparaître les verrues anogénitales et peut reposer sur des traitements locaux. [1] Les lésions précancéreuses du col de haut grade peuvent être prises en charge par vaporisation laser, cryothérapie ou conisation, selon la situation clinique. [1] La conisation consiste à retirer une partie du col de l'utérus et peut augmenter le risque de fausse couche, de menace d'accouchement prématuré ou d'accouchement prématuré. [1] Les lésions cervicales de bas grade CIN 1 ne sont pas nécessairement traitées d'emblée, car la source rapporte que 60 % régressent spontanément dans les deux ans. [1]
Comment prévenir les conséquences des HPV ?
La vaccination contre les HPV constitue une prévention primaire destinée à protéger contre certaines maladies provoquées par les types de HPV contenus dans le vaccin. [1] Le vaccin nonavalent cité par la source cible les HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58. [1] Son indication européenne mentionnée dans cette note porte sur la prévention de lésions précancéreuses, de certains cancers du col de l'utérus, de la vulve, du vagin et de l'anus, ainsi que de verrues génitales dues aux types vaccinaux concernés. [1] La vaccination ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l'utérus, car ces deux interventions sont présentées comme complémentaires. [1] Le dépistage du col vise à repérer des lésions précancéreuses afin de les traiter avant leur évolution, ou à détecter un cancer à un stade précoce. [1] La note HAS de novembre 2024 décrivait un programme français de dépistage organisé pour les femmes vaccinées ou non de 25 à 65 ans, avec un examen cytologique entre 25 et 30 ans et un test HPV à haut risque entre 30 et 65 ans. [1]
Les âges de vaccination, les possibilités de rattrapage, le nombre de doses, le remboursement et les modalités actuelles du dépistage doivent être vérifiés dans les recommandations françaises en vigueur, car le document disponible est une note de cadrage de 2024 et non une recommandation définitive actualisée pour 2026. [1]
Sources et références
[1] Microsoft Word - Note de cadrage Elargissement de la cohorte de rattrapage de la vaccination contre les papillomavirus humains
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11
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