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Infections à hantavirus : transmission, symptômes, diagnostic et soins

Les infections à hantavirus sont des maladies virales transmises à l’être humain principalement lors d’une exposition à des rongeurs infectés ou à leurs urines, déjections et autres sécrétions. [1] [2] Elles ne correspondent pas à une maladie unique, car plusieurs hantavirus peuvent provoquer des tableaux cliniques et des degrés de gravité différents. [1] [2] Les deux formes principales sont la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, surtout observée en Europe et en Asie, et le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, surtout rencontré sur le continent américain. [1] [3]

Quels hantavirus sont présents en France ?

En France métropolitaine, les infections humaines sont principalement dues au virus Puumala, responsable d’une forme rénale appelée néphropathie épidémique. [1] Son réservoir est le campagnol roussâtre, présent notamment en forêt, en bordure de forêt et parfois dans les bâtiments voisins. [1] Les cas français liés au virus Puumala sont surtout détectés après une exposition dans le quart nord-est du territoire, où des épidémies localisées peuvent survenir. [1] Des infections humaines sporadiques par les virus Seoul et Tula ont également été détectées en France métropolitaine. [1] En Guyane, le virus Maripa a provoqué des syndromes cardio-pulmonaires graves, ce qui distingue cette situation de celle observée le plus souvent en métropole. [1]

Comment l’infection se transmet-elle ?

La contamination humaine se produit surtout par inhalation de particules provenant d’urines, de déjections ou de sécrétions de rongeurs infectés. [1] [3] Une exposition peut notamment survenir dans un local ayant abrité des rongeurs, pendant la manipulation de bois ou de terre, ou au contact de rongeurs et de leurs nids. [1] La plupart des hantavirus ne se transmettent pas d’une personne à l’autre. [1] [2] Une transmission interhumaine a toutefois été décrite avec le virus Andes d’Amérique du Sud, particulièrement lors de contacts physiques étroits avec une personne infectée. [1] [2]

Quels sont les symptômes possibles ?

La période entre l’exposition et l’apparition des symptômes est généralement comprise entre une et six semaines, avec une moyenne proche de deux semaines. [1] Le début peut associer une fièvre soudaine, des maux de tête et des douleurs musculaires. [2] Des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements ou une diarrhée peuvent également être présents. [2] Ces manifestations initiales ne sont pas spécifiques et ne permettent donc pas, à elles seules, d’identifier une infection à hantavirus. [2] [4]

Dans la forme rénale, la maladie peut rester légère ou évoluer vers une baisse de la pression artérielle, des saignements et une insuffisance rénale aiguë. [2] [3] Une diminution importante ou un arrêt de la production d’urines peut accompagner les formes rénales sévères. [2] Du sang dans les urines ou les selles et des ecchymoses peuvent aussi apparaître, mais les manifestations hémorragiques ne sont pas présentes dans tous les cas. [1] [2]

Dans le syndrome cardio-pulmonaire, une toux et un essoufflement succèdent aux symptômes initiaux. [2] L’atteinte peut s’aggraver en quelques heures avec une accumulation de liquide dans les poumons et une chute de la pression artérielle. [2] Les formes rénales et cardio-pulmonaires peuvent se chevaucher, car une atteinte des reins peut accompagner une forme cardio-pulmonaire et une atteinte pulmonaire peut survenir dans certaines infections de l’Ancien Monde. [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L’hypothèse d’une infection à hantavirus repose sur l’association entre des symptômes compatibles et une exposition possible à des rongeurs ou à leurs excréments. [2] Le diagnostic est confirmé par des analyses sanguines recherchant l’infection virale, notamment au moyen de tests sérologiques ou d’une technique de PCR. [2] [3] D’autres analyses de sang et d’urines servent à évaluer le fonctionnement des reins, la numération des cellules sanguines, la coagulation et l’atteinte éventuelle d’autres organes. [2] [3] Une radiographie du thorax peut être réalisée en cas de suspicion d’atteinte pulmonaire. [2] Une échographie du cœur peut aider à écarter une cause cardiaque de l’accumulation de liquide autour des poumons. [2]

Quels soins peuvent être nécessaires ?

La prise en charge repose principalement sur des soins de soutien adaptés aux organes atteints et à la gravité de la maladie. [1] [2] En cas d’atteinte pulmonaire, de l’oxygène et des médicaments destinés à stabiliser la pression artérielle peuvent être administrés. [2] Une assistance respiratoire peut être nécessaire dans les formes sévères. [2] [3] Dans les défaillances cardio-pulmonaires les plus graves, une oxygénation extracorporelle peut être utilisée. [2] [3] Une dialyse peut être nécessaire lorsque la forme rénale provoque une insuffisance rénale sévère. [2] [3] Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique dont le bénéfice soit établi pour l’ensemble des hantavirus et des formes cliniques. [1] [3] Des traitements ont montré des résultats limités dans certaines infections ou quelques cas, sans permettre de les généraliser à toutes les infections à hantavirus. [1]

Quels sont les risques et l’évolution possible ?

La gravité dépend notamment du virus en cause et de la forme clinique. [1] [2] La néphropathie épidémique provoquée par le virus Puumala présente généralement une létalité faible, tandis que certaines autres formes rénales sont plus graves. [1] Le syndrome cardio-pulmonaire est une forme sévère susceptible d’entraîner une défaillance respiratoire et circulatoire. [1] [2] Après une forme rénale, la récupération peut prendre plusieurs semaines et parfois plusieurs mois. [2] [3] Après une forme cardio-pulmonaire sévère, certains survivants présentent durablement une fatigue, un essoufflement à l’effort, des limitations respiratoires ou une altération de la qualité de vie. [4]

Comment réduire le risque d’infection ?

La prévention consiste principalement à limiter les contacts avec les rongeurs ainsi qu’avec leurs sécrétions et leurs déjections. [1]

Pour manipuler un rongeur mort ou vivant ou son nid, l’Institut Pasteur recommande de porter des gants étanches. [1]

Avant de nettoyer un local longtemps fermé susceptible d’avoir abrité des rongeurs, il est recommandé de l’aérer et d’asperger les surfaces d’eau en portant un masque FFP2 pendant l’opération. [1]

Lors de la manipulation de bois ou de terre, un masque FFP2 est recommandé ou, à défaut, il faut se placer dos au vent. [1]

Une plaie doit être protégée par un pansement étanche lors de la manipulation de bois ou du travail de la terre en bordure de forêt. [1]

Dans les habitations, la nourriture doit être rendue inaccessible aux rongeurs et les ouvertures leur permettant d’entrer doivent être bouchées. [1]

Les abris utilisables par les rongeurs doivent être éliminés et une dératisation peut être mise en œuvre dans les habitations. [1]

Sources et références

[1] La maladie - Recommandations CNR Hantavirus | Pasteur.fr

Institut Pasteur · Consulté le 2026-09-11

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