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Infarctus du myocarde inférieur : signes, diagnostic et urgence

L’infarctus du myocarde inférieur est un infarctus qui atteint la paroi inférieure du cœur. [3] Comme tout infarctus du myocarde, il correspond à la destruction d’une partie du muscle cardiaque après l’obstruction d’une artère coronaire qui prive cette zone de sang et d’oxygène. [1] Il s’agit d’une urgence vitale, car les lésions deviennent irréversibles en l’absence d’un traitement urgent et leur étendue dépend notamment de la rapidité de la prise en charge. [1] [2] En France, une douleur thoracique évocatrice ou des symptômes inhabituels pouvant correspondre à un infarctus imposent d’appeler immédiatement le 15 ou le 112, même en cas de doute. [2]

Ce qui distingue la localisation inférieure

La localisation inférieure est déterminée par l’électrocardiogramme, et non par l’endroit où la personne ressent la douleur. [2] [3] Dans les études portant sur l’infarctus inférieur avec sus-décalage du segment ST, les anomalies caractéristiques concernaient au moins deux des dérivations inférieures II, III et aVF de l’électrocardiogramme. [3] Cette forme est le plus souvent liée à l’occlusion de l’artère coronaire droite, plus rarement de l’artère circonflexe gauche et exceptionnellement de l’artère interventriculaire antérieure. [3] Lorsque l’occlusion touche la partie proximale de la coronaire droite, le ventricule droit peut également être atteint et un choc cardiogénique peut survenir. [3] L’interprétation de ces particularités appartient à l’équipe médicale, car la capacité de l’électrocardiogramme à reconnaître l’artère responsable varie selon l’anatomie coronaire, les antécédents et l’existence de lésions sur plusieurs artères. [3] Les données spécifiques présentées ici proviennent d’une méta-analyse publiée en 2018, réunissant des études aux méthodes et aux périodes variables ; elle relevait une forte hétérogénéité, plusieurs risques de biais et la nécessité d’études supplémentaires. [3]

Quels symptômes doivent alerter ?

Le symptôme caractéristique d’un infarctus est une douleur thoracique brutale, intense et serrant la poitrine comme un étau, au repos ou pendant un effort. [2] La douleur naît derrière le sternum et peut s’étendre vers la mâchoire, le bras gauche, les deux bras ou le dos. [2] Elle persiste, ne disparaît pas spontanément et peut s’accompagner de pâleur, de sueurs, d’essoufflement, de malaise, de nausées ou d’une forte angoisse. [2] Une gêne douloureuse dans le creux de l’estomac accompagnée de nausées ou de vomissements peut aussi être une présentation atypique et sembler à tort d’origine digestive. [2]

Un infarctus peut survenir sans douleur thoracique, notamment chez les femmes, les personnes âgées et les personnes diabétiques. [2] Il peut alors se manifester par un malaise, un essoufflement soudain, une fatigue inexpliquée ou des sensations inhabituelles dans le bras gauche. [2] Ces symptômes ne permettent pas de reconnaître soi-même la localisation inférieure de l’infarctus, qui nécessite un électrocardiogramme et une évaluation médicale. [2] [3]

Que faire devant des signes possibles d’infarctus ?

Devant une douleur thoracique évocatrice, une douleur isolée d’un bras, un malaise, un essoufflement soudain ou une autre situation compatible avec un infarctus, appelez immédiatement le 15 ou le 112. [2] Il ne faut pas attendre que les symptômes disparaissent pour demander de l’aide, car une prise en charge plus précoce limite l’étendue de l’infarctus. [2] Le 114 permet aux personnes ayant des difficultés à parler ou à entendre d’alerter les secours et de communiquer par SMS. [2]

Lors de l’appel, le médecin du SAMU évalue la situation à partir de questions sur l’état de la personne. [2] Si le risque d’infarctus est confirmé ou si un doute persiste, une équipe médicale est envoyée pour une prise en charge urgente. [2]

Si la personne perd connaissance, ne réagit plus et ne respire pas ou respire de façon très irrégulière, il peut s’agir d’un arrêt cardiaque compliquant l’infarctus. [2] Appelez alors le 15, dégagez les voies respiratoires et commencez immédiatement le massage cardiaque jusqu’à l’arrivée des secours. [2] Si d’autres personnes sont présentes, demandez-leur d’apporter un défibrillateur disponible à proximité et utilisez-le en suivant ses instructions. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Dès qu’un infarctus est suspecté, le médecin réalise le plus tôt possible un électrocardiogramme afin de rechercher des anomalies compatibles avec le diagnostic et d’en préciser la localisation. [2] [3] Un électrocardiogramme initial normal n’écarte pas toujours l’infarctus, notamment s’il est réalisé à distance de la douleur. [2] Dans ce contexte, l’examen peut être renouvelé dans les heures suivantes ou si les symptômes réapparaissent. [2]

Un dosage sanguin de la troponine, une protéine du muscle cardiaque, peut être demandé en urgence. [2] Une troponine élevée peut accompagner un infarctus, mais elle peut aussi être observée dans d’autres problèmes cardiaques et doit donc être interprétée avec les symptômes et les autres examens. [2] En cas de doute, une coronarographie peut être réalisée rapidement pour visualiser les artères coronaires et identifier l’artère responsable. [2] [3] Une échocardiographie peut être utilisée lorsque le diagnostic reste incertain afin de rechercher une autre cause à la douleur thoracique. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge urgente ?

L’objectif immédiat est de rétablir le plus rapidement possible la circulation dans l’artère coronaire obstruée afin de limiter la destruction du muscle cardiaque. [1] [2] Lorsqu’une obstruction complète s’accompagne d’anomalies caractéristiques à l’électrocardiogramme, une intervention urgente dans un centre spécialisé est nécessaire pour désobstruer l’artère. [1] Les particularités électriques d’un infarctus inférieur peuvent aider l’équipe médicale à anticiper l’artère en cause, mais elles ne suffisent pas toujours à l’identifier avec certitude. [3] La stratégie précise dépend donc de l’ensemble de l’évaluation médicale et ne peut pas être déterminée à partir des symptômes ou d’un critère électrocardiographique isolé. [2] [3]

Mécanisme et facteurs favorisants

L’infarctus survient le plus souvent sur des artères coronaires dont la paroi contient des plaques d’athérome formées par l’accumulation de graisses. [1] Lorsqu’une plaque se rompt ou se déplace, un caillot peut se former autour d’elle et interrompre l’apport de sang au muscle cardiaque. [1] Le risque cardiovasculaire résulte souvent du cumul de plusieurs facteurs. [1] L’âge et les antécédents familiaux ne sont pas modifiables, tandis qu’une grande partie des facteurs liés au mode de vie peut faire l’objet d’actions de prévention. [1]

Sources et références

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Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Chirurgien thoracique et cardio-vasculaire