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Infarctus du myocarde antérieur : comprendre l’infarctus et agir en urgence

L’infarctus du myocarde, couramment appelé crise cardiaque, correspond à la destruction d’une partie plus ou moins étendue du muscle cardiaque après l’obstruction d’une artère coronaire. [1] [3] Cette obstruction prive le cœur de sang et d’oxygène, ce qui entraîne rapidement la mort de cellules musculaires si l’artère n’est pas désobstruée. [1] [3] Il s’agit d’une urgence vitale pour laquelle un traitement commencé rapidement limite l’étendue des lésions et les complications. [2] [3]

Comment se forme un infarctus du myocarde ?

Le myocarde est le muscle qui propulse le sang contenu dans les cavités du cœur et reçoit lui-même son oxygène par les artères coronaires. [1] Des dépôts riches notamment en cholestérol peuvent former des plaques d’athérome sur la paroi de ces artères. [1] [3] Lorsqu’une plaque se rompt, un caillot peut se former et réduire brutalement ou interrompre la circulation dans une artère coronaire. [1] [3] La diminution de l’apport sanguin provoque une ischémie, puis la destruction des cellules cardiaques si le manque d’oxygène se prolonge. [3]

Quels signes doivent faire appeler les secours ?

Le signe caractéristique est une douleur thoracique brutale, intense et persistante, ressentie derrière le sternum comme un étau ou une barre qui serre la poitrine. [2] Cette douleur peut apparaître au repos ou pendant un effort et s’étendre vers la mâchoire, le bras gauche, les deux bras ou le dos. [2] Elle peut être accompagnée de pâleur, de sueurs, d’un malaise, d’essoufflement, de nausées ou d’une forte angoisse. [2] La gêne est parfois située au creux de l’estomac et peut être prise à tort pour un problème digestif, notamment lorsqu’elle s’accompagne de nausées ou de vomissements. [2] Un infarctus peut aussi survenir sans douleur, en particulier chez les femmes, les personnes âgées et les personnes diabétiques. [2] Il peut alors se manifester par un malaise, un essoufflement soudain, une fatigue inexpliquée ou des sensations inhabituelles dans le bras gauche. [2]

En France, devant des signes évocateurs d’infarctus ou une situation incertaine, la personne concernée ou un témoin doit appeler immédiatement le 15 ou le 112. [2] Le 114 permet aux personnes ayant des difficultés à parler ou à entendre d’alerter les secours et de communiquer par SMS. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Dès qu’un infarctus est suspecté, un électrocardiogramme, ou ECG, est réalisé le plus tôt possible pour enregistrer l’activité électrique du cœur. [2] Les anomalies observées à l’ECG pendant les symptômes peuvent permettre de poser le diagnostic. [2] Un ECG normal n’écarte pas nécessairement un syndrome coronarien aigu et peut conduire à renouveler l’examen, notamment si les symptômes récidivent. [2] [4] Le dosage sanguin de la troponine recherche une protéine du muscle cardiaque dont le taux peut augmenter lors d’un infarctus. [2] Une troponine élevée ne suffit pas à elle seule à confirmer un infarctus, car elle peut aussi augmenter dans d’autres problèmes cardiaques. [2] Son résultat est donc interprété avec les symptômes, le délai depuis leur début et les données de l’ECG. [2] [4] Une coronarographie peut être réalisée rapidement pour visualiser les artères coronaires lorsque le diagnostic reste incertain. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge urgente ?

L’objectif prioritaire est de rétablir le plus rapidement possible la circulation sanguine dans l’artère obstruée, une procédure appelée reperfusion. [3] Une reperfusion rapide diminue la mortalité et les complications associées à l’infarctus. [3] L’angioplastie consiste à introduire un cathéter muni d’un ballonnet afin de dilater l’artère obstruée et de restaurer la circulation. [3] Elle est habituellement suivie de la pose d’un stent, petit dispositif tubulaire destiné à maintenir l’artère ouverte. [3] Dans certaines situations, un médicament thrombolytique destiné à dissoudre le caillot peut être utilisé lorsque l’angioplastie ne peut pas être mise en œuvre assez rapidement. [3] Ce traitement thrombolytique expose notamment à un risque d’hémorragie cérébrale, qui doit être pris en compte par l’équipe médicale. [3] Des traitements anticoagulants et antiagrégants plaquettaires peuvent également être administrés en urgence afin de limiter la formation ou l’extension des caillots. [3]

Quelles complications sont possibles ?

Les conséquences dépendent notamment de l’étendue de la zone du cœur privée d’oxygène et de la rapidité avec laquelle la circulation est rétablie. [3] L’infarctus peut altérer la contraction du cœur et entraîner une insuffisance cardiaque. [3] Il peut aussi provoquer des troubles du rythme cardiaque pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardiaque et à la mort subite. [2] [3] D’autres complications graves, notamment mécaniques ou neurologiques comme un accident vasculaire cérébral, peuvent survenir. [3]

Si une personne perd connaissance, ne réagit pas et ne respire pas ou respire de façon très irrégulière, il faut appeler le 15 et commencer immédiatement un massage cardiaque jusqu’à l’arrivée des secours. [2] Si un défibrillateur est disponible et qu’une autre personne peut le chercher, il doit être utilisé en suivant les instructions de l’appareil. [2]

Quels facteurs augmentent le risque d’infarctus ?

Le risque d’infarctus augmente avec le cumul de plusieurs facteurs cardiovasculaires. [1] Le tabagisme, l’excès de cholestérol, le diabète, l’obésité, l’hypertension artérielle et la sédentarité font partie des facteurs modifiables. [3] L’âge et certaines prédispositions génétiques sont des facteurs sur lesquels il n’est pas possible d’agir. [1] [3]

Quel suivi après un infarctus ?

Pendant ou après l’hospitalisation, des ECG, une échographie cardiaque, une coronarographie ou d’autres examens peuvent être nécessaires pour évaluer le fonctionnement du cœur et le risque de complications. [3] Après la sortie, une réadaptation cardiovasculaire est souvent proposée pour favoriser la récupération physique, ajuster les traitements et mieux contrôler les facteurs de risque. [3] Le suivi repose également sur des consultations régulières auprès du médecin généraliste et du cardiologue. [3] La prévention des récidives associe des traitements prescrits au long cours et le contrôle des facteurs modifiables, notamment le tabagisme, le poids et l’activité physique. [3]

Sources et références

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Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Chirurgien thoracique et cardio-vasculaire
Médecin réanimateur