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Incontinence anale : causes, bilan et traitements possibles

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Incontinence anale par ville

L’incontinence anale correspond à l’émission involontaire de gaz, de selles liquides ou de selles solides. [1] Son intensité peut aller de fuites légères à une perte complète du contrôle des selles. [4] Il s’agit d’un symptôme et non d’une maladie unique, car des troubles du transit, des lésions musculaires, des atteintes nerveuses ou différentes maladies peuvent en être responsables. [1] [4] Ce problème est souvent sous-déclaré en raison de la gêne ou du tabou, alors qu’une évaluation peut identifier des causes accessibles à un traitement. [1] [4]

Comment les fuites peuvent-elles se manifester ?

Une incontinence passive désigne une fuite survenant sans que la personne en ait conscience. [4] L’incontinence avec besoin impérieux correspond à l’impossibilité de retenir les selles malgré la perception du besoin et les efforts pour se retenir. [4] Des suintements peuvent aussi apparaître après une selle alors que le contrôle est habituellement conservé en dehors de cet épisode. [4] La consistance des selles, la présence d’une urgence défécatoire, le moment des fuites et leur retentissement sur la vie quotidienne sont des éléments importants pour comprendre le mécanisme en cause. [1] [4]

Quelles sont les causes possibles ?

Une diarrhée peut provoquer des fuites transitoires, tandis qu’un amas de selles dures bloqué dans le rectum peut également s’accompagner d’incontinence. [2] Parmi les causes persistantes figurent les lésions de l’anus ou des sphincters, le prolapsus rectal, certaines tumeurs et les séquelles d’une chirurgie anorectale. [1] [2] [3] Les lésions obstétricales survenues lors d’un accouchement peuvent endommager les sphincters ou les nerfs du périnée. [1] [2] Des maladies ou lésions neurologiques, notamment une atteinte de la moelle épinière, un accident vasculaire cérébral, une sclérose en plaques ou une démence, peuvent perturber le contrôle des selles. [1] [2] [3] Le diabète peut également être en cause lorsqu’il s’accompagne d’une atteinte des nerfs. [2] Les maladies inflammatoires intestinales, les séquelles de radiothérapie et d’autres troubles digestifs peuvent contribuer aux symptômes. [1] [4] Une constipation distale chronique accompagnée d’efforts de poussée répétés peut léser progressivement les nerfs du périnée et favoriser l’incontinence. [1]

Comment le bilan est-il réalisé ?

L’entretien médical recherche notamment la nature des fuites, leur ancienneté, la consistance des selles, une diarrhée ou une constipation, les médicaments pris et les antécédents neurologiques, digestifs, chirurgicaux ou obstétricaux. [4] L’examen de l’anus et du rectum permet d’évaluer approximativement le tonus et la contraction des sphincters, la sensibilité autour de l’anus et la présence éventuelle de selles dans le rectum. [1] [2] [3] Il peut aussi rechercher une masse, un prolapsus rectal, des cicatrices ou une anomalie neurologique. [2] [3] [4] Des examens complémentaires ne sont pas systématiquement nécessaires avant de commencer un traitement de première intention. [1] La manométrie anorectale mesure les pressions des sphincters et étudie également la sensibilité et les capacités du rectum. [1] [4] L’échographie endoanale sert à visualiser les sphincters interne et externe et à rechercher une rupture musculaire. [1] [4] Une IRM pelvienne, une défécographie ou des explorations neurologiques peuvent être proposées dans des situations complexes, devant des symptômes persistants ou pour préparer une intervention. [1] [2] [4] Une coloscopie peut être indiquée pour rechercher une maladie de la muqueuse, une masse ou une autre cause organique, mais elle ne fait pas partie de tous les bilans de la même manière. [1] [2] [4]

Quels sont les premiers traitements proposés ?

Le premier objectif est généralement de rendre le transit plus prévisible et d’obtenir des selles mieux formées. [1] [2] [3] Lorsque les selles sont liquides ou molles, des adaptations alimentaires et l’ajout de fibres, surtout solubles, peuvent réduire les urgences et améliorer les symptômes. [1] Une modification du régime a en revanche moins de chances d’être bénéfique lorsque les fuites surviennent malgré des selles déjà moulées. [1] Des médicaments ralentissant le transit peuvent être utiles en cas de diarrhée ou de selles molles, mais leur efficacité n’est pas démontrée en l’absence de diarrhée. [1] Lorsque le rectum reste encombré de selles, l’aide à sa vidange peut faire partie du traitement. [1] Un calendrier notant les selles, leur consistance et les épisodes de fuite peut aider à apprécier l’évolution et à ajuster le traitement. [1] Des mesures d’hygiène, une protection absorbante et une protection de la peau peuvent limiter les souillures et l’irritation autour de l’anus. [4]

Rééducation et traitements spécialisés

Une rééducation abdomino-périnéale peut être proposée lorsque les premières mesures ne suffisent pas. [1] Elle vise notamment à renforcer le contrôle des muscles périnéaux et peut utiliser le biofeedback pour mieux coordonner les contractions et mieux percevoir l’arrivée des selles dans le rectum. [2] [3] [4] Le biofeedback ne convient pas de la même manière à tous les patients, car sa réalisation suppose de pouvoir comprendre les exercices et d’avoir une fonction sphinctérienne permettant cet entraînement. [3] Une synthèse française publiée en 2022 décrivait l’irrigation transanale, après échec d’un traitement médical bien conduit et avec un apprentissage adapté, comme une option de deuxième intention, notamment lorsque des maladies neurologiques chroniques associent constipation et incontinence ; ce passage ne suffit toutefois pas à établir ses modalités d’accès en France en 2026. [1] La neuromodulation sacrée consiste à stimuler les nerfs sacrés au moyen d’une électrode, avec une phase de test avant l’éventuelle implantation définitive du dispositif. [1] [2] [3] Une réparation directe du sphincter peut être discutée lorsqu’une rupture musculaire accessible est identifiée, notamment après un traumatisme obstétrical. [1] [3] [4] L’efficacité d’une réparation sphinctérienne peut diminuer avec le temps. [1] [2] [3] Les interventions plus invasives sont généralement réservées aux formes sévères qui résistent aux autres traitements. [1] [4] En dernier recours, une colostomie peut détourner les selles vers une poche abdominale et parfois améliorer l’autonomie et la qualité de vie. [1] [2]

Évolution, limites des traitements et suivi

L’évolution dépend de la cause, de la consistance des selles, de l’état des sphincters et des nerfs ainsi que de la réponse aux mesures conservatrices. [1] [4] Aucune option ne garantit à elle seule la disparition durable des fuites chez tous les patients. [4] La prise en charge est donc adaptée au mécanisme dominant plutôt qu’à la seule présence d’une fuite. [1] Le suivi sert à mesurer la fréquence des accidents, l’urgence, la consistance des selles et le retentissement sur la qualité de vie. [1] [4] Une réévaluation permet également de vérifier l’adhésion au traitement et de décider si des explorations ou une option spécialisée deviennent nécessaires. [1] [4] Les interventions chirurgicales exposent notamment à des risques d’infection, de saignement, d’hématome, de douleur ou de persistance de l’incontinence. [4]

Sources et références

[1] https://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2021/09/275_022_VITTON.pdf

www.fmcgastro.org · Consulté le 2026-09-11

[4] Fecal Incontinence - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Chirurgie générale et proctologie
Chirurgien viscéral et digestifOption : endoscopie chirurgicale
Gastro-entérologue et hépatologue