Aller au contenu principal

Hyperekplexie : comprendre les sursauts exagérés et la forme héréditaire

L’hyperekplexie désigne une réponse de sursaut excessive ou exagérée qui tend à ne pas diminuer lorsque le stimulus se répète. [2] Dans sa forme héréditaire, il s’agit d’un trouble neurologique rare lié à une anomalie génétique de la transmission inhibitrice utilisant la glycine. [2] Cette forme associe principalement des sursauts très marqués provoqués par des stimulations inattendues et une raideur musculaire présente dès la naissance ou déclenchée par le sursaut. [2] Un sursaut important ne permet cependant pas de reconnaître seul une hyperekplexie héréditaire, car des causes acquises et d’autres maladies neurologiques peuvent produire des manifestations proches. [2]

Quels sont les signes de l’hyperekplexie héréditaire ?

Le signe le plus caractéristique est un sursaut excessif après une stimulation inattendue mais normalement inoffensive, notamment un bruit. [2] La réaction peut comprendre un clignement des yeux, une flexion brusque du tronc puis une raideur prolongée, surtout chez le nouveau-né et le jeune nourrisson. [2] La conscience reste normalement préservée pendant ces réponses de sursaut, qui ne correspondent pas elles-mêmes à des crises d’épilepsie. [2] La fréquence des épisodes varie fortement d’une personne à l’autre et peut aussi changer au cours de la vie. [2] La tension émotionnelle, l’appréhension d’être surpris, la nervosité et la fatigue peuvent rendre les sursauts plus fréquents. [2]

Chez certains nouveau-nés, une raideur généralisée est visible immédiatement après la naissance, augmente lors des manipulations et disparaît pendant le sommeil. [2] Le bébé peut rester éveillé tout en bougeant peu spontanément, et la raideur peut compliquer l’habillage ou le change. [2] Après un sursaut, la raideur peut également rendre tout mouvement volontaire impossible pendant un court moment. [2] Chez l’enfant plus grand ou l’adulte, cette réaction peut provoquer une chute sans mouvement protecteur des bras et donc exposer à des blessures. [2] Une démarche prudente, raide et avec les pieds écartés peut être observée lorsque la peur des chutes ou les manifestations motrices persistent. [2]

Évolution et complications possibles

La raideur continue présente à la naissance s’atténue généralement pendant les premières années de vie. [2] Les sursauts et la raideur qu’ils déclenchent peuvent néanmoins persister plus longtemps, parfois jusqu’à l’âge adulte. [2] Chez certains enfants, des acquisitions motrices plus lentes, un léger retard du développement, des difficultés d’apprentissage ou un retard de langage peuvent accompagner le trouble. [2] Des mouvements périodiques des membres pendant le sommeil, des secousses lors de l’endormissement ou une épilepsie peuvent aussi être associés, sans constituer les sursauts caractéristiques eux-mêmes. [2]

Les crises sévères de raideur peuvent s’accompagner chez le nouveau-né d’une apnée, c’est-à-dire d’un arrêt de la respiration, et d’une cyanose correspondant à une coloration bleutée. [2] Ces épisodes peuvent menacer la vie et expliquent l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces. [2]

Hyperekplexie héréditaire, cause acquise ou autre trouble : quelles différences ?

Le mot hyperekplexie ne désigne pas toujours la maladie héréditaire, car une réponse de sursaut excessive peut être acquise au cours d’autres troubles. [2] Des lésions ou maladies touchant le tronc cérébral, certaines encéphalites infectieuses ou auto-immunes, le tétanos et une intoxication à la strychnine figurent parmi les causes acquises décrites. [2] Certaines maladies génétiques complexes de l’enfant peuvent aussi associer des sursauts excessifs à une déficience intellectuelle, une anomalie du développement cérébral ou une maladie métabolique. [2] Dans d’autres situations, le réflexe de sursaut est normal mais déclenche une manifestation propre à une autre maladie, comme une crise dans l’épilepsie provoquée par le sursaut. [2] Cette diversité de causes rend nécessaire une évaluation médicale plutôt qu’une conclusion fondée uniquement sur l’observation de sursauts ou de raideur. [2]

Quelles sont les causes génétiques ?

La forme héréditaire documentée est liée à des anomalies génétiques qui perturbent la transmission inhibitrice utilisant la glycine dans le système nerveux. [2] Les trois principaux gènes associés dans la synthèse disponible sont GLRA1, GLRB et SLC6A5. [2] Les formes liées à GLRA1 ou GLRB peuvent suivre une transmission autosomique récessive ou, moins souvent, autosomique dominante. [2] La forme liée à SLC6A5 est principalement transmise sur un mode autosomique récessif, même si une transmission dominante a exceptionnellement été rapportée. [2] Le risque pour les apparentés dépend donc du gène en cause, du mode de transmission et du résultat génétique identifié dans la famille. [2]

Comment le diagnostic est-il évalué ?

L’évaluation tient compte de l’âge d’apparition, de la nature des stimuli déclencheurs, de la raideur associée, du maintien de la conscience et des éventuelles apnées. [2] Les antécédents familiaux sont recherchés sur plusieurs générations, notamment les manifestations comparables et les décès inexpliqués de nourrissons susceptibles d’avoir été associés à une apnée. [2] Une analyse génétique peut utiliser un panel de plusieurs gènes ou une analyse plus large de l’exome ou du génome, selon le contexte clinique. [2] Les techniques et les gènes inclus dans les panels varient selon les laboratoires et évoluent au cours du temps. [2] L’identification d’une cause moléculaire aide à préciser le conseil génétique, mais l’absence de confirmation moléculaire n’exclut pas à elle seule toutes les présentations cliniques compatibles. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge vise à diminuer la raideur et les réactions de sursaut, à prévenir les apnées du nourrisson et à réduire les chutes et les blessures. [2] Un traitement médicamenteux peut réduire la raideur néonatale et celle qui suit les sursauts. [2] Une prise en charge physique et cognitive peut être envisagée pour réduire la peur de tomber et améliorer la marche. [2] L’efficacité de cette approche sur la marche n’a toutefois pas été évaluée dans des essais randomisés dans la synthèse disponible. [2] Le choix d’un traitement doit tenir compte de l’âge, de la gravité des manifestations et des complications observées. [2]

Quand obtenir une aide médicale immédiate ?

Chez un bébé ou un enfant de moins de 5 ans, une difficulté à respirer, une respiration très rapide, une coloration bleue, grise ou très pâle, une perte de connaissance, une impossibilité de le réveiller ou une convulsion impose d’obtenir immédiatement une aide médicale. [1] Ces signes ne doivent pas être attribués d’emblée à un simple sursaut, même chez un enfant ayant une hyperekplexie connue. [2] [1] Un enfant peut être gravement malade sans présenter tous les signes d’alerte à la fois. [1]

Sources et références

[2] Hereditary Hyperekplexia Overview - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Neuropsychiatre
Médecin du sommeil