Hyalinose systémique : manifestations, diagnostic et prise en charge

L’hyalinose systémique désigne ici une maladie génétique rare appelée syndrome de fibromatose hyaline ou syndrome de fibromatose hyaline lié à ANTXR2. [2] Elle se caractérise par l’accumulation de dépôts hyalins dans la partie superficielle du derme et parfois dans d’autres tissus, notamment le tube digestif. [2] La maladie peut provoquer des lésions cutanées, un épaississement des gencives, des rétractions articulaires douloureuses et, dans les formes les plus sévères, des complications digestives menaçant le pronostic vital. [2]
Une maladie dont la gravité est très variable
L’hyalinose systémique infantile et la fibromatose hyaline juvénile étaient autrefois considérées comme deux maladies distinctes. [2] Elles sont désormais reconnues comme les formes sévère et plus modérée d’un même syndrome dû à des variants pathogènes du gène ANTXR2. [2] La forme sévère peut apparaître dès la naissance ou pendant la petite enfance, tandis que les formes moins sévères peuvent débuter plus tard ou entraîner un handicap moins marqué. [2] Certains enfants atteints d’une forme sévère décèdent au cours des premières années de vie, alors que des personnes présentant une forme plus modérée peuvent vivre jusqu’à l’âge adulte. [2]
Quels sont les principaux signes de l’hyalinose systémique ?
Les manifestations cutanées comprennent une peau épaissie ou ferme, des nodules, de petites papules nacrées sur le visage et le cou ainsi que des masses charnues autour de la bouche ou de l’anus. [2] Des plaques violacées ou plus pigmentées peuvent apparaître sur les reliefs osseux, notamment aux chevilles, aux articulations des mains, aux coudes ou le long de la colonne vertébrale. [2] Ces lésions peuvent devenir plus nombreuses avec le temps. [2]
Les rétractions articulaires, aussi appelées contractures, limitent progressivement les mouvements et peuvent être présentes dès la naissance. [2] Chez le nourrisson ou le jeune enfant, les mouvements passifs peuvent provoquer une douleur importante ou des pleurs excessifs. [2] La douleur peut être moins intense chez certaines personnes plus âgées, mais les atteintes articulaires et le handicap restent variables. [2]
L’épaississement des gencives est fréquent et peut s’accompagner de masses qui augmentent de volume. [2] Certaines lésions buccales peuvent gêner l’alimentation ou obstruer les voies respiratoires. [2] Une difficulté respiratoire sévère — halètement, étouffement ou impossibilité de parler — nécessite une aide médicale immédiate ; chez l’enfant, des geignements respiratoires ou un creusement sous les côtes sont également des signes d’alerte immédiate. [1] Des anomalies de position des dents ou de leurs racines sont également possibles. [2]
Une prise de poids insuffisante, un retard de croissance, une diarrhée chronique et une baisse de l’albumine sanguine peuvent révéler une atteinte digestive. [2] Cette atteinte peut entraîner une mauvaise absorption des nutriments ou une entéropathie exsudative, c’est-à-dire une perte anormale de protéines par l’intestin. [2] Une fragilité osseuse avec ostéopénie ou fractures et des infections répétées associées à un déficit immunitaire peuvent aussi survenir. [2] Les capacités cognitives sont habituellement préservées, même si quelques personnes présentant un retard du développement ont été rapportées. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Il n’existe pas de critères diagnostiques cliniques faisant l’objet d’un consensus formel pour ce syndrome. [2] Le diagnostic repose sur l’association des manifestations évocatrices et sur la recherche de deux variants pathogènes du gène ANTXR2, un sur chaque copie du gène. [2] La découverte de deux variants de signification incertaine, ou d’un variant pathogène accompagné d’un variant incertain, ne confirme ni n’exclut à elle seule le diagnostic. [2]
Une biopsie de peau peut montrer une accumulation de matériel hyalin dans le derme, mais ce signe peut manquer au début de la maladie et le prélèvement peut être non concluant. [2] En présence de symptômes digestifs importants, une biopsie intestinale peut mettre en évidence des dépôts hyalins, une atrophie des villosités ou une dilatation des vaisseaux lymphatiques. [2] Les radiographies peuvent révéler une diminution de la densité osseuse, des réactions du périoste, des zones osseuses plus claires ou des fractures, mais ces anomalies ne sont pas spécifiques. [2] D’autres maladies peuvent provoquer des nodules, une peau épaissie ou des contractures, ce qui rend nécessaire une interprétation conjointe des signes cliniques, des examens et du résultat génétique. [2]
Comment la maladie se transmet-elle ?
Le syndrome de fibromatose hyaline se transmet selon un mode autosomique récessif. [2] Lorsque les deux parents portent chacun un variant pathogène d’ANTXR2, chaque grossesse comporte une probabilité de 25 % d’avoir un enfant atteint, de 50 % d’avoir un enfant porteur non atteint et de 25 % d’avoir un enfant ni atteint ni porteur. [2] L’absence d’autre personne atteinte dans la famille n’exclut pas la maladie. [2] Lorsque les variants familiaux ont été identifiés, un dépistage des apparentés à risque ainsi qu’un diagnostic prénatal ou préimplantatoire peuvent être envisagés dans le cadre d’un conseil génétique. [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Aucune recommandation de pratique clinique formelle n’a été publiée pour cette maladie, et les propositions disponibles reposent notamment sur l’expérience des auteurs de la synthèse de référence. [2] La prise en charge est principalement symptomatique et vise à améliorer la qualité de vie, à préserver les capacités fonctionnelles et à réduire les complications. [2] Elle fait généralement intervenir plusieurs disciplines en fonction des atteintes cutanées, articulaires, digestives, dentaires, osseuses, immunitaires et génétiques. [2]
Les nodules cutanés et les masses autour de l’anus peuvent être évalués en dermatologie ou en chirurgie plastique, et certaines masses peuvent être retirées chirurgicalement. [2] Les lésions cutanées, périanales ou buccales peuvent réapparaître après leur ablation. [2] La rééducation des contractures peut être envisagée, mais elle doit tenir compte de la douleur et peut être mal tolérée. [2] Une manipulation douce, certaines attelles et une prise en charge spécialisée de la douleur peuvent contribuer au confort. [2]
En cas de croissance insuffisante ou de malabsorption, l’accompagnement nutritionnel doit être adapté à l’atteinte digestive. [2] Une alimentation par sonde ou par gastrostomie, voire une nutrition parentérale, peut être envisagée précocement sous supervision spécialisée lorsque l’alimentation ne couvre pas les besoins. [2] L’entéropathie exsudative avec diarrhée et œdèmes peut nécessiter une hydratation, des perfusions d’albumine et une évaluation gastro-entérologique. [2] La synthèse disponible indique qu’il n’existe pas de traitement efficace à long terme établi pour cette complication digestive. [2]
Les lésions buccales gênant l’alimentation ou les voies respiratoires peuvent être retirées, mais leur récidive est possible. [2] Avant une anesthésie, l’équipe doit connaître le risque de difficulté d’intubation lié notamment aux lésions buccales ou à la limitation des mouvements. [2] Les infections sont traitées selon leur localisation et leur cause, avec une évaluation immunologique lorsqu’elles sont répétées. [2]
Quel suivi est proposé après le diagnostic ?
Après le diagnostic, le bilan cherche à préciser l’étendue des atteintes et les besoins propres à chaque personne. [2] Il peut comprendre une évaluation de la peau, des contractures et de la douleur, de l’état nutritionnel, du tube digestif, des gencives et des dents, de la santé osseuse et du système immunitaire. [2] Le suivi peut notamment surveiller l’évolution des contractures, le risque de fractures, le taux d’albumine, la malabsorption, les difficultés alimentaires et la fréquence des infections. [2] La fréquence et le contenu de cette surveillance sont adaptés aux manifestations cliniques présentes. [2] L’accompagnement de la famille et la coordination des nombreux rendez-vous, équipements et soins font également partie de la prise en charge. [2]
Sources et références
[1] Shortness of breath - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[2] Hyaline Fibromatosis Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-15
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