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Histiocytose à cellules de Langerhans : formes, symptômes, diagnostic et traitements

L’histiocytose à cellules de Langerhans est une maladie rare caractérisée par la prolifération anormale de cellules d’origine myéloïde qui s’accumulent dans un ou plusieurs tissus. [1] [3] Ces cellules peuvent former des lésions et altérer le fonctionnement des organes atteints. [1] [4] La maladie concerne surtout les enfants, mais elle peut également apparaître chez l’adulte. [1] [3] Sa présentation est très variable, depuis une lésion isolée de l’os ou de la peau jusqu’à une atteinte de plusieurs organes nécessitant un traitement général. [1]

Quelles sont les différentes formes de la maladie ?

Une histiocytose est dite unisystémique lorsqu’un seul organe ou système est atteint, même si plusieurs lésions y sont présentes. [1] [4] Elle est dite multisystémique lorsqu’elle touche au moins deux systèmes d’organes. [1] [4] Le foie, la rate et la moelle osseuse sont qualifiés d’organes à risque, car leur atteinte est associée à un pronostic moins favorable. [1] [4] Les anciennes appellations maladie de Hand-Schüller-Christian et maladie de Letterer-Siwe correspondent à des présentations historiques aujourd’hui intégrées au même ensemble pathologique. [1] Le granulome éosinophile désigne encore une forme osseuse limitée à un seul système. [1] L’histiocytose pulmonaire à cellules de Langerhans de l’adulte constitue une présentation particulière, le plus souvent limitée aux poumons et fortement associée au tabagisme. [2] [3] [4]

Quels symptômes peuvent révéler une histiocytose à cellules de Langerhans ?

Les symptômes dépendent avant tout de l’organe infiltré et ne sont pas spécifiques de cette maladie. [1] [4] Une atteinte osseuse peut provoquer une douleur, une difficulté à prendre appui ou une tuméfaction parfois chaude en regard de la lésion. [1] Les os du crâne, la mâchoire, les côtes, le bassin et certains os longs peuvent être concernés. [1] [4] Une atteinte de la bouche peut entraîner des gencives gonflées, des plaies buccales, un déchaussement ou une perte de dents. [1] [4] Les lésions cutanées peuvent prendre l’aspect de plaques ou de boutons rouges, bruns, squameux ou croûteux, parfois douloureux ou prurigineux. [1] [3] [4] Chez le nourrisson, une éruption du cuir chevelu ou des plis peut ressembler à des croûtes de lait, à une dermite séborrhéique ou à un eczéma. [1] [3] [4] L’atteinte de l’hypophyse peut provoquer un déficit en hormone antidiurétique, responsable d’une soif intense et de l’émission fréquente de grandes quantités d’urines diluées. [1] [2] [4] D’autres atteintes endocriniennes peuvent perturber la croissance ou la puberté. [1] [4] Une atteinte pulmonaire peut se manifester par une toux sèche, un essoufflement, une douleur thoracique ou une fatigue, mais elle peut aussi être découverte sans symptôme sur une imagerie. [2] [4] Une atteinte du foie, de la rate ou de la moelle osseuse peut notamment s’accompagner d’un gonflement abdominal, d’une jaunisse, d’une fatigue importante, de saignements faciles, de fièvre ou d’infections répétées. [1] [4] La présence de ces manifestations ne suffit pas à établir le diagnostic, car elles peuvent être dues à de nombreuses autres maladies. [1] [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L’évaluation commence par l’histoire des symptômes, l’examen clinique et des examens orientés vers les organes susceptibles d’être atteints. [1] [4] Des analyses de sang et d’urine peuvent rechercher une atteinte de la moelle osseuse, du foie, de la coagulation ou de la fonction hormonale. [1] [4] Selon les symptômes, le bilan d’imagerie peut comprendre des radiographies, une échographie, une tomodensitométrie, une IRM ou une TEP-TDM. [1] [4] L’imagerie sert à localiser les lésions et à déterminer si la maladie est limitée à un système ou touche plusieurs organes. [1] [3] Dans la présentation générale de la maladie, la confirmation diagnostique repose sur la biopsie d’une lésion. [1] [3] [4] L’anatomopathologiste recherche dans le prélèvement des cellules caractéristiques exprimant notamment les marqueurs CD1a et CD207, appelé aussi langérine. [1] [3] Une analyse moléculaire peut rechercher une mutation de la voie MAPK, notamment une mutation de BRAF, afin de mieux caractériser la maladie et d’éclairer certaines décisions thérapeutiques. [1] [3] Dans la forme pulmonaire typique de l’adulte, la tomodensitométrie thoracique peut parfois montrer des anomalies suffisamment caractéristiques pour établir le diagnostic. [2] Une biopsie pulmonaire peut alors être réalisée lorsque la tomodensitométrie ne permet pas de conclure. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement dépend de l’âge, du nombre de systèmes atteints, des organes concernés et de la réponse aux premières mesures thérapeutiques. [1] [4] Certaines lésions limitées peuvent relever d’une surveillance ou d’un traitement local, tandis qu’une maladie multifocale ou multisystémique peut nécessiter un traitement général. [1] [4] Pour une lésion osseuse unique, les options locales comprennent notamment le curetage ou l’injection locale de corticoïdes. [1] Une chirurgie susceptible d’entraîner une déformation importante ou une perte de fonction doit être évitée. [1] La chimiothérapie est utilisée notamment lorsque plusieurs systèmes sont atteints, lorsqu’un seul système comporte plusieurs lésions ou lorsque certaines localisations du crâne exposent au risque de complications neurologiques. [1] Des traitements ciblant BRAF ou MEK peuvent être envisagés dans certaines maladies porteuses d’une anomalie moléculaire correspondante, en particulier après échec d’autres traitements. [1] [4] Les déficits hormonaux persistants, comme le déficit en hormone antidiurétique, peuvent nécessiter un traitement hormonal substitutif. [1] Les soins de support peuvent aussi inclure des soins cutanés, dentaires ou auriculaires et un accompagnement psychosocial. [1]

Quelle place occupe l’arrêt du tabac dans la forme pulmonaire ?

Chez l’adulte atteint d’une histiocytose pulmonaire à cellules de Langerhans, l’arrêt du tabac constitue une mesure centrale de la prise en charge. [2] [3] [4] L’état pulmonaire peut s’améliorer après l’arrêt, mais il peut aussi rester stable ou continuer à se dégrader. [2] [4] Aucun traitement médicamenteux de la forme pulmonaire n’a démontré une efficacité constante, même si des corticoïdes, des immunosuppresseurs ou une chimiothérapie peuvent être proposés dans certaines situations. [2] [4] Une transplantation pulmonaire peut être envisagée chez certaines personnes présentant une insuffisance respiratoire progressive et sévère. [2] [4]

Pourquoi un suivi prolongé est-il nécessaire ?

L’évolution dépend surtout de l’étendue de la maladie, de l’atteinte éventuelle d’un organe à risque et de la réponse au traitement. [1] [4] Les formes limitées ont généralement un pronostic favorable, tandis que les formes multisystémiques touchant le foie, la rate ou la moelle osseuse sont plus difficiles à traiter. [1] [4] La maladie peut néanmoins récidiver ou évoluer par poussées, y compris après une amélioration initiale. [1] [4] Le suivi peut reprendre certains examens cliniques, biologiques ou d’imagerie afin d’évaluer la réponse au traitement et de rechercher de nouvelles lésions. [1] [4] Il sert également à dépister des conséquences durables touchant notamment les hormones, la croissance, l’audition, les os, la peau, les poumons ou le système neurologique. [1] [4] La nature et le rythme de cette surveillance sont adaptés aux organes initialement atteints, aux traitements reçus et aux séquelles éventuelles. [1] [4]

Sources et références

[3] Langerhans Cell Histiocytosis - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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