Aller au contenu principal

Glycogénoses : symptômes, diagnostic, traitements et suivi

Les glycogénoses sont une famille de maladies génétiques rares qui perturbent la fabrication, la dégradation ou l’utilisation du glycogène. [1] [2] [3] Le glycogène constitue une réserve de glucose principalement présente dans le foie et les muscles, où elle peut être mobilisée pour fournir de l’énergie. [1] [3] Selon l’enzyme et les tissus concernés, une glycogénose peut surtout provoquer des hypoglycémies, une augmentation du volume du foie, une intolérance à l’effort, une faiblesse musculaire ou une atteinte d’autres organes. [1] [2] [3] Le mot « glycogénose » ne désigne donc pas une maladie unique : les symptômes, l’âge de début, les complications, le traitement et l’évolution diffèrent fortement d’un type à l’autre. [1] [2] [3]

Pourquoi le glycogène peut-il s’accumuler ou devenir inutilisable ?

Les glucides qui ne sont pas immédiatement utilisés peuvent être stockés sous forme de glycogène dans les cellules du foie et des muscles. [1] [3] Plusieurs enzymes interviennent ensuite pour fabriquer cette réserve, la recycler ou libérer du glucose lorsque l’organisme en a besoin. [1] [3] Dans une glycogénose, le déficit d’une de ces enzymes peut entraîner une disponibilité insuffisante du glucose ou le dépôt d’une quantité ou d’une forme anormale de glycogène dans certains tissus. [2] Une atteinte hépatique perturbe notamment la capacité à maintenir la glycémie, tandis qu’une atteinte musculaire gêne surtout la production d’énergie nécessaire à l’effort. [1] [2] [3]

Quels sont les principaux types de glycogénoses ?

Les glycogénoses sont habituellement désignées par un numéro et peuvent aussi porter un nom propre, comme les maladies de Pompe, de Cori-Forbes, d’Andersen, de McArdle ou de Tarui. [1] [3] Les types I, III et VI ont fréquemment une expression hépatique associant une baisse de la glycémie et une augmentation du volume du foie. [1] Les types V et VII touchent principalement le muscle et peuvent provoquer des crampes ou une mauvaise tolérance à l’activité physique. [1] [2] La maladie de Pompe, ou glycogénose de type II, peut atteindre les muscles squelettiques, les muscles respiratoires et, particulièrement dans sa forme infantile, le cœur. [1] [2] Certaines formes concernent plusieurs organes, ce qui empêche de classer toutes les glycogénoses dans une opposition stricte entre maladie du foie et maladie musculaire. [1] [2] [3]

Quels symptômes peuvent faire évoquer une glycogénose ?

Les manifestations peuvent commencer chez le nouveau-né, pendant l’enfance ou seulement à l’âge adulte. [1] [2] [3] Une glycogénose à expression hépatique peut se manifester par des épisodes d’hypoglycémie, un abdomen proéminent lié à l’augmentation du volume du foie, un retard de croissance ou des anomalies métaboliques. [1] [2] Une hypoglycémie peut notamment entraîner des sueurs ou une confusion. [1] Les glycogénoses musculaires peuvent provoquer une fatigue rapide, des douleurs, des crampes ou une faiblesse musculaire permanente. [3] [4] Dans la maladie de McArdle, les symptômes surviennent souvent au début d’un effort soutenu ou isométrique et peuvent s’améliorer après un bref repos ou une réduction de l’intensité, phénomène appelé « second souffle ». [4] L’intolérance à l’effort, l’hypoglycémie ou l’augmentation du volume du foie ont toutefois d’autres causes possibles et ne suffisent pas à identifier une glycogénose ni son sous-type. [2] [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic commence par l’analyse des symptômes, de leur contexte de survenue, de l’examen clinique et de l’histoire familiale. [2] Des analyses sanguines et d’autres examens du foie ou des muscles sont choisis en fonction des organes atteints et du type envisagé. [1] [2] L’imagerie par résonance magnétique et l’étude d’un prélèvement de foie ou de muscle peuvent, dans certaines situations, rechercher du glycogène anormal ou mesurer l’activité d’une enzyme. [1] [2] L’analyse génétique de l’ADN joue un rôle central dans la confirmation du diagnostic et l’identification du sous-type. [1] [2] Dans la maladie de McArdle, le diagnostic repose sur l’identification de deux variants pathogènes du gène PYGM ou, si l’analyse génétique n’est pas concluante, sur la mesure de l’activité de la myophosphorylase musculaire. [4]

Quels sont les principes du traitement ?

Il n’existe pas un traitement commun à toutes les glycogénoses, car la prise en charge dépend du sous-type, des organes atteints et des complications présentes. [1] [2] [3] Dans les formes exposant à l’hypoglycémie, la stratégie nutritionnelle vise à maintenir un apport régulier en glucose et peut comprendre des repas fréquents ou de l’amidon de maïs cru. [1] [2] Ces mesures alimentaires doivent être définies avec l’équipe spécialisée plutôt que commencées ou modifiées de façon autonome. [3] Pour les glycogénoses musculaires, la prise en charge peut associer une adaptation de l’activité physique, des temps de repos et des mesures nutritionnelles propres à la maladie. [1] [3] La maladie de Pompe dispose d’une enzymothérapie substitutive qui apporte par perfusion une enzyme fabriquée en laboratoire. [2] [3] Les complications hépatiques, cardiaques, rénales ou musculaires nécessitent par ailleurs une prise en charge adaptée à l’organe atteint. [1] [2]

Dans quelles situations faut-il agir sans attendre ?

Chez une personne dont la glycogénose comporte un risque connu d’hypoglycémie, des vomissements ou un jeûne prolongé justifient une prise en charge aux urgences sans attente. [3] Les recommandations d’urgence peuvent différer selon le type exact de glycogénose, ce qui rend important le recours aux consignes spécifiques remises par le centre expert. [3]

Dans la maladie de McArdle, poursuivre un effort malgré une douleur musculaire intense peut provoquer une destruction musculaire appelée rhabdomyolyse. [4] L’apparition d’urines foncées après un effort peut traduire une myoglobinurie liée à cette atteinte musculaire et nécessite un traitement en urgence en raison du risque d’insuffisance rénale aiguë. [4]

Comment organiser le suivi et le conseil génétique ?

En France, le suivi au long cours peut être assuré avec un centre expert des maladies rares neuromusculaires ou des maladies héréditaires du métabolisme, selon la forme diagnostiquée. [3] Des consultations régulières permettent d’adapter la prise en charge et de rechercher les complications propres aux organes concernés. [1] [2] [3] Les glycogénoses sont héréditaires, mais leur mode de transmission n’est pas identique dans toutes les formes. [1] [2] [3] La plupart sont transmises sur un mode autosomique récessif, tandis que certaines formes liées à la phosphorylase kinase sont liées au chromosome X. [2] Le conseil génétique sert à expliquer le mode de transmission, à évaluer le risque pour les proches ou de futurs enfants et à discuter les analyses possibles lorsque l’anomalie familiale est connue. [3] [4] La prévention des complications repose surtout sur le respect du plan nutritionnel ou d’activité physique propre au sous-type, le suivi spécialisé et la connaissance des consignes d’urgence individuelles. [1] [3] [4]

Sources et références

[3] Glycogénoses musculaires | AFM Téléthon

www.afm-telethon.fr · Consulté le 2026-09-15

[4] Glycogen Storage Disease Type V - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées