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Maladie de Pompe ou glycogénose de type II : symptômes, diagnostic et prise en charge

La glycogénose de type II, également appelée maladie de Pompe ou déficit en maltase acide, est une maladie génétique rare qui atteint principalement les muscles. [3] [2] Elle est due à un déficit de l’alpha-glucosidase acide, une enzyme nécessaire à la dégradation du glycogène dans les lysosomes, qui sont des compartiments spécialisés des cellules. [3] La maladie forme un spectre continu allant d’une forme infantile rapidement évolutive à des formes plus tardives apparaissant pendant l’enfance ou à l’âge adulte. [3] [2]

Pourquoi le glycogène s’accumule-t-il dans les muscles ?

L’alpha-glucosidase acide découpe normalement certaines liaisons du glycogène afin de permettre sa transformation en glucose dans les lysosomes. [3] [2] Lorsque cette enzyme est absente ou insuffisante, le glycogène s’accumule notamment dans les cellules des muscles squelettiques, du muscle cardiaque et des muscles lisses. [3] Cette accumulation perturbe progressivement l’organisation et le fonctionnement des fibres musculaires. [2] La maladie de Pompe se distingue donc des glycogénoses principalement hépatiques par la place centrale de l’atteinte musculaire, même si plusieurs tissus peuvent être concernés. [3] [2]

Comment la maladie de Pompe se transmet-elle ?

La maladie est provoquée par des variants pathogènes touchant les deux copies du gène GAA, qui contient les instructions nécessaires à la fabrication de l’enzyme. [3] [2] Son mode de transmission est dit autosomique récessif. [3] [2] La diversité des variants génétiques et la quantité d’activité enzymatique restante contribuent à la grande variabilité de l’âge d’apparition et de la sévérité des manifestations. [2]

Quels sont les signes de la forme infantile ?

La forme infantile classique peut être présente dès la naissance ou apparaître au cours des premiers mois de vie. [3] [2] Elle peut associer une baisse importante du tonus musculaire, une faiblesse musculaire, un retard des acquisitions motrices, des difficultés d’alimentation et des problèmes respiratoires. [3] [2] Une cardiomyopathie hypertrophique, correspondant à un épaississement anormal du muscle cardiaque, est caractéristique de cette forme. [3] [2] Sans traitement, cette forme évolue rapidement vers une défaillance cardiorespiratoire et peut entraîner un décès au cours de la première année de vie. [3] [2]

Comment se manifestent les formes tardives ?

Une forme tardive peut se manifester pendant l’enfance, l’adolescence ou à l’âge adulte. [3] [2] Elle évolue généralement plus lentement que la forme infantile classique et se traduit surtout par une faiblesse musculaire progressive. [2] [3] La faiblesse touche fréquemment les muscles proches du tronc, notamment ceux des hanches et des membres inférieurs, et peut gêner la marche ou les activités physiques. [2] L’atteinte du diaphragme et des autres muscles respiratoires peut provoquer une insuffisance respiratoire, parfois alors que les difficultés motrices restent modérées. [3] [2] Contrairement à la forme infantile classique, une atteinte cardiaque importante est rare dans les formes tardives. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Les symptômes ne permettent pas à eux seuls de confirmer une maladie de Pompe, car d’autres maladies neuromusculaires peuvent produire un tableau ressemblant. [2] L’examen central du diagnostic consiste à mesurer l’activité de l’alpha-glucosidase acide, notamment à partir d’une goutte de sang séché ou de leucocytes sanguins. [2] Une activité enzymatique anormale trouvée dans le sang doit être confirmée par une autre analyse enzymatique ou par un examen génétique. [2] L’analyse génétique recherche des variants pathogènes du gène GAA et contribue à confirmer le diagnostic. [2] Une augmentation de la créatine kinase, des transaminases ou de la LDH peut orienter l’évaluation, mais ces résultats ne sont ni constants ni spécifiques de la maladie. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

L’enzymothérapie substitutive, qui apporte une enzyme fabriquée pour compenser le déficit, constitue le traitement spécifique de référence décrit pour la maladie de Pompe. [2] Dans la forme infantile, son introduction précoce améliore la survie, la santé cardiaque et la survie sans ventilation mécanique. [2] Dans les formes tardives, elle peut améliorer ou stabiliser certaines capacités motrices et respiratoires, mais la réponse varie selon les personnes et peut atteindre un plateau au cours du suivi. [2] L’enzymothérapie ne prévient pas nécessairement toutes les manifestations à long terme, ce qui rend indispensable une surveillance régulière de l’évolution musculaire et respiratoire. [2] Des réactions liées à l’administration, y compris de rares réactions allergiques graves, ainsi que des réponses immunitaires susceptibles de réduire l’efficacité du traitement ont été décrites. [2]

Pourquoi le suivi est-il multidisciplinaire ?

Le suivi doit tenir compte à la fois de la force musculaire, de la mobilité, de la fonction respiratoire et, selon la forme de la maladie, de la fonction cardiaque. [2] Une prise en charge coordonnée peut associer notamment une expertise neuromusculaire, respiratoire, cardiologique, nutritionnelle et de réadaptation. [2] La faiblesse du diaphragme, la diminution de la force de toux et les difficultés d’évacuation des sécrétions favorisent les infections respiratoires et les pneumonies d’inhalation. [2] Une hypoventilation nocturne ou un trouble respiratoire du sommeil peut se manifester par un sommeil de mauvaise qualité, des maux de tête au réveil ou une somnolence excessive pendant la journée. [2] Selon les besoins, la prise en charge peut comprendre une assistance ventilatoire non invasive, des techniques d’aide au désencombrement, un accompagnement de la déglutition et un soutien nutritionnel. [2]

Quand une difficulté respiratoire impose-t-elle une aide immédiate ?

Une aide médicale d’urgence doit être demandée immédiatement en cas de difficulté respiratoire sévère avec halètement, sensation d’étouffement ou impossibilité de prononcer des mots. [1] La même action immédiate est nécessaire si la respiration difficile s’accompagne d’une poitrine serrée ou lourde, d’une douleur irradiant vers les bras, le dos, le cou ou la mâchoire, d’une coloration très pâle, bleue ou grise des lèvres ou de la peau, ou d’une confusion soudaine. [1] Chez un enfant, une difficulté respiratoire avec geignement, creusement sous les côtes, coloration très pâle, bleue ou grise, confusion, mollesse inhabituelle ou réponse anormale impose également une aide médicale immédiate. [1] Ces repères sont des signes généraux de détresse et ne remplacent pas un plan d’urgence individualisé pour une personne atteinte de maladie de Pompe. [1]

Quelle évolution peut-on attendre ?

L’évolution dépend notamment de la forme de la maladie, de l’âge d’apparition, de l’activité enzymatique restante et de la précocité du traitement. [2] Le pronostic de la forme infantile s’est nettement amélioré avec l’enzymothérapie, même si des manifestations progressives peuvent persister chez les personnes qui survivent à long terme. [2] Dans les formes tardives, la progression peut conduire certaines personnes à avoir besoin d’une assistance ventilatoire ou d’un fauteuil roulant malgré le traitement. [2]

Sources et références

[1] Shortness of breath - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

[2] Glycogen Storage Disease Type II - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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