Glycogénose de type V ou maladie de McArdle : symptômes, diagnostic et prise en charge

La glycogénose de type V, aussi appelée maladie de McArdle, est une maladie génétique du muscle qui provoque surtout une intolérance à l’effort, avec fatigue rapide, douleurs et crampes dans les muscles sollicités. [2] Elle correspond à un déficit en phosphorylase musculaire et ne doit pas être confondue avec les autres glycogénoses musculaires, qui reposent sur des anomalies enzymatiques différentes et peuvent toucher d’autres organes. [1] Il n’existe actuellement pas de traitement permettant de guérir la maladie, mais une activité physique adaptée, des mesures nutritionnelles ciblées et un suivi régulier peuvent améliorer la tolérance à l’effort et limiter les lésions musculaires. [2]
Pourquoi les muscles manquent-ils d’énergie pendant l’effort ?
Le glycogène est une forme de réserve du glucose stockée notamment dans les cellules musculaires. [1] Pendant l’exercice, plusieurs réactions enzymatiques permettent normalement de transformer cette réserve en énergie utilisable par les muscles. [1] Dans la maladie de McArdle, des anomalies du gène PYGM entraînent un manque ou un déficit de la phosphorylase musculaire, une enzyme nécessaire à la dégradation du glycogène dans le muscle. [2] Cette difficulté à mobiliser le glycogène musculaire explique que les premières minutes d’un effort et les activités intenses ou statiques soient particulièrement mal tolérées. [2]
Quels sont les symptômes de la maladie de McArdle ?
Les manifestations habituelles sont une fatigue prématurée, des douleurs musculaires, une raideur, des crampes ou une faiblesse des muscles en cours d’utilisation. [2] Elles sont notamment déclenchées par un effort isométrique, comme porter une charge, ou par un effort soutenu tel que monter des escaliers ou courir. [2] Les symptômes commencent souvent pendant l’enfance, par exemple lors des activités sportives, mais leur signification peut être méconnue et le diagnostic retardé jusqu’à l’âge adulte. [2] L’intensité est variable : certaines personnes ne sont gênées que lors d’exercices exigeants, tandis que d’autres présentent une faiblesse musculaire permanente, plus souvent proximale et à un âge avancé. [2]
Un signe caractéristique est le phénomène de « second souffle » : après une brève période de repos ou une réduction de l’intensité, les douleurs et la fatigue diminuent et l’effort modéré devient mieux toléré. [2] Ce phénomène s’explique par une disponibilité croissante du glucose circulant et des acides gras, que les fibres musculaires peuvent utiliser comme sources d’énergie au cours de l’exercice. [2] Le second souffle ne signifie pas qu’il faut continuer à forcer malgré une douleur musculaire importante. [2]
Rhabdomyolyse et urines foncées : quand faut-il agir en urgence ?
Poursuivre un effort en présence d’une douleur musculaire sévère peut provoquer une rhabdomyolyse, c’est-à-dire une lésion aiguë du muscle, et une myoglobinurie. [2] L’apparition d’urines foncées après un effort peut être un signe de myoglobinurie liée à une rhabdomyolyse. [2] Cette situation nécessite une prise en charge en urgence, car elle expose à une insuffisance rénale aiguë. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Les douleurs, crampes ou contractures provoquées par l’exercice, le second souffle et les épisodes de rhabdomyolyse constituent des éléments évocateurs, mais ils ne suffisent pas à poser soi-même le diagnostic. [2] L’activité de la créatine kinase, ou CK, dans le sang peut être élevée au repos, avec des valeurs très variables selon les personnes. [2] Des tests d’effort physiologiques peuvent également mettre en évidence la réponse caractéristique du rythme cardiaque et des symptômes lors du second souffle. [2] Le diagnostic est établi par l’identification de deux variants pathogènes du gène PYGM au moyen d’un test génétique. [2] Lorsque l’analyse génétique n’est pas concluante, la mesure de l’activité de la myophosphorylase dans un prélèvement musculaire peut confirmer la maladie. [2] D’autres maladies métaboliques ou musculaires peuvent provoquer une intolérance à l’effort, des crampes ou une rhabdomyolyse, ce qui justifie une évaluation médicale plutôt qu’un autodiagnostic fondé sur les seuls symptômes. [2]
Quels exercices sont bénéfiques ou à éviter ?
Une activité aérobie régulière d’intensité modérée, comme la marche, la marche rapide ou le vélo, peut améliorer la condition cardiorespiratoire et la capacité oxydative des muscles. [2] Un programme supervisé permet d’organiser une progression graduelle de l’intensité, en particulier chez les personnes les plus sévèrement atteintes. [2] Les contractions statiques prolongées, les charges lourdes, les exercices dynamiques de haute intensité, les sauts et les efforts aérobies très intenses exposent davantage aux symptômes et aux lésions musculaires. [2] Les exercices avec charges ne doivent être envisagés que dans un programme encadré par des professionnels compétents, car les quelques études disponibles portent sur de petits nombres de participants. [2] Chez l’enfant, les parents, les aidants et les enseignants d’éducation physique doivent être informés afin que les activités soient adaptées à la maladie. [2]
Quelle place pour l’alimentation et les traitements ?
L’ingestion d’une boisson contenant des glucides simples avant un exercice planifié peut améliorer la tolérance à l’effort et contribuer à réduire le risque de rhabdomyolyse provoquée par l’exercice. [2] Cette stratégie n’est toutefois pas considérée comme pratique pour toutes les activités de la vie quotidienne. [2] Une alimentation riche en glucides complexes pourrait être préférable à une alimentation riche en protéines, mais les données disponibles ne permettent pas d’affirmer un bénéfice clinique important. [2] La stratégie alimentaire doit donc être revue individuellement plutôt que remplacée par un régime ou des compléments entrepris sans accompagnement. [2]
Quel suivi prévoir ?
Le suivi proposé comprend un examen physique régulier portant notamment sur la force musculaire et une réévaluation annuelle de l’alimentation. [2] En France, un suivi régulier peut être organisé dans un centre expert des maladies rares neuromusculaires ou des maladies héréditaires du métabolisme. [1] La maladie de McArdle dispose également en France d’un protocole national de diagnostic et de soins destiné aux professionnels de santé. [1]
Comment la glycogénose de type V se transmet-elle ?
La glycogénose de type V se transmet sur un mode autosomique récessif, ce qui signifie que la maladie apparaît lorsque les deux copies du gène PYGM sont atteintes. [2] Pour chaque grossesse d’un couple ayant déjà un enfant atteint et dont les deux membres sont porteurs, un autre enfant a un risque de 25 % d’être atteint, de 50 % d’être porteur et de 25 % de n’être ni atteint ni porteur. [2] Lorsque les variants familiaux de PYGM sont connus, un test ciblé peut être proposé aux apparentés à risque afin de préciser leur statut génétique. [2] Un conseil génétique permet d’expliquer les risques familiaux et de discuter les possibilités de test avant une grossesse, de diagnostic prénatal ou de diagnostic génétique préimplantatoire. [2]
Sources et références
[1] Glycogénoses musculaires | AFM Téléthon
www.afm-telethon.fr · Consulté le 2026-09-15
[2] Glycogen Storage Disease Type V - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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