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Galactorrhée : causes, signes, bilan et principes de prise en charge

La galactorrhée désigne une production de lait sans lien avec une grossesse ou un allaitement ; après l’arrêt de l’allaitement, une production persistant un an est considérée comme non lactationnelle et relève de cette définition. [2] Elle peut concerner aussi bien les femmes que les hommes. [1] Il s’agit d’un signe dont il faut rechercher la cause, et non d’une maladie unique. [2] La prolactine, hormone produite par l’hypophyse à la base du cerveau, joue un rôle central dans la production de lait. [1] [2]

Galactorrhée et autres écoulements du mamelon

La galactorrhée correspond habituellement à un écoulement d’aspect lacté, souvent présent des deux côtés. [2] Le liquide peut être blanc ou verdâtre. [2] Un écoulement sanguinolent ou mêlé de sang ne doit pas être assimilé d’emblée à une galactorrhée et nécessite une exploration orientée vers une affection du sein. [2]

Quelles peuvent être les causes d’une galactorrhée ?

Une galactorrhée est souvent associée à un excès de prolactine, appelé hyperprolactinémie. [1] [2] Cet excès stimule la production de lait même en dehors de la grossesse et de l’allaitement. [1] Un prolactinome est une tumeur de l’hypophyse qui produit de la prolactine. [2] D’autres tumeurs ou atteintes de la région hypothalamo-hypophysaire peuvent augmenter la prolactine en perturbant son contrôle par la dopamine. [2]

Une hypothyroïdie peut provoquer une hyperprolactinémie et une galactorrhée. [1] [2] Une insuffisance rénale chronique peut également élever la prolactine, notamment parce que les reins l’éliminent moins bien. [2] Des maladies du foie, certaines lésions de la paroi thoracique et certaines maladies pulmonaires figurent aussi parmi les causes possibles décrites. [1] [2] Il arrive enfin qu’aucune cause ne soit identifiée malgré les investigations. [2]

Plusieurs médicaments peuvent augmenter la prolactine, notamment certains antipsychotiques, traitements contre les vomissements, antidépresseurs, opioïdes et médicaments cardiovasculaires. [2] L’analyse des traitements pris, y compris des médicaments susceptibles d’agir sur la dopamine, fait donc partie de l’évaluation. [2] La présence d’un médicament potentiellement impliqué ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’il est la cause de l’écoulement. [2]

Quels signes peuvent accompagner la galactorrhée ?

Chez la femme, une galactorrhée associée à un excès de prolactine peut s’accompagner d’une absence de règles ou de règles moins fréquentes. [1] [2] Une sécheresse vaginale, une diminution de la libido ou des difficultés de fertilité peuvent également être présentes. [1] [2] Chez l’homme, les manifestations associées peuvent comprendre une baisse de la libido et une dysfonction érectile. [1] [2] L’hyperprolactinémie peut perturber la fonction sexuelle et la fertilité chez les femmes comme chez les hommes. [1]

Lorsqu’une tumeur hypophysaire est volumineuse, sa pression sur les structures voisines peut provoquer des maux de tête ou une altération d’une partie de la vision. [1] [2]

Comment la cause est-elle recherchée ?

L’évaluation repose d’abord sur les caractéristiques de l’écoulement et sur la recherche de manifestations hormonales, sexuelles, menstruelles, neurologiques ou visuelles associées. [2] La liste détaillée des médicaments pris est particulièrement importante lorsqu’une origine médicamenteuse est envisagée. [2] L’examen de l’écoulement aide à distinguer un liquide lacté d’un écoulement pouvant orienter vers une affection mammaire. [2]

Un dosage sanguin de la prolactine fait partie de l’évaluation d’une hyperprolactinémie. [1] [2] Une galactorrhée peut toutefois exister alors que le taux de prolactine est normal. [2] D’autres hormones hypophysaires peuvent être évaluées en fonction des symptômes et des constatations de l’examen. [2] Une IRM de l’hypophyse peut mettre en évidence une lésion responsable de l’élévation de la prolactine. [2] Une tomodensitométrie cérébrale est également mentionnée parmi les examens d’imagerie possibles. [1] Une évaluation du champ visuel est indiquée lorsqu’une tumeur atteint au contact du chiasma optique, structure où se croisent des voies visuelles. [2]

Dans de rares situations, une prolactine seulement modérément élevée peut être faussement rassurante malgré la présence d’une tumeur hypophysaire volumineuse. [2] Le laboratoire peut alors réanalyser un échantillon dilué afin de rechercher cet effet de mesure particulier. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge dépend de la cause, de l’importance des symptômes, des conséquences hormonales et de la présence éventuelle d’une lésion hypophysaire. [2] Une galactorrhée peu gênante peut parfois être surveillée sans traitement lorsqu’il n’existe pas d’autre indication thérapeutique. [1] [2] Lorsqu’un traitement de l’hyperprolactinémie est nécessaire, des médicaments appelés agonistes dopaminergiques peuvent réduire la production de prolactine. [1] [2] La bromocriptine et la cabergoline sont deux agonistes dopaminergiques cités dans la prise en charge des hyperprolactinémies. [2] Leurs effets indésirables décrits comprennent notamment des nausées, des vomissements, une baisse de la tension en position debout, une somnolence et des maux de tête. [2]

Lorsqu’un médicament pris pour une autre maladie est suspecté, sa place dans la galactorrhée doit être réévaluée dans le cadre médical qui a conduit à sa prescription. [2] L’emploi d’un agoniste dopaminergique dans certaines hyperprolactinémies liées à un traitement psychiatrique a été associé à un risque d’aggravation du trouble psychiatrique. [2] Cette situation nécessite donc une décision individualisée plutôt qu’une modification autonome du traitement en cours. [2]

Une intervention chirurgicale peut être envisagée lorsqu’une tumeur est présente et que le traitement médicamenteux ne fonctionne pas. [1] La radiothérapie est décrite comme une option lorsque les médicaments et la chirurgie n’ont pas permis de contrôler la situation. [1]

Quel suivi peut être nécessaire ?

Le suivi vise notamment à surveiller les symptômes, les conséquences hormonales et l’évolution d’une éventuelle tumeur hypophysaire. [1] [2] Lorsqu’une tumeur hypophysaire est surveillée sans traitement, des examens d’imagerie de contrôle peuvent être réalisés pour vérifier qu’elle ne grossit pas. [1] La fréquence et le contenu précis de ce suivi dépendent de la cause, de la taille de la lésion et du traitement retenu. [1] [2]

Sources et références

[2] Galactorrhea - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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