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Fracture du tibia : signes d’alerte, diagnostic et complications

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Chirurgie des membres inférieurs par ville

Après un traumatisme de la jambe, une douleur vive accompagnée d’un craquement et de l’impossibilité de poser le pied par terre évoque une fracture et constitue une urgence. [1] Les signes observés ne suffisent pas à confirmer ni à situer précisément une fracture du tibia : le diagnostic repose sur l’examen médical et les radiographies. [1] La prise en charge commence par la protection et l’immobilisation du membre, sans tenter de remettre soi-même la jambe dans l’axe. [1]

Quels signes peuvent évoquer une fracture du tibia ?

Une fracture de la jambe peut provoquer un craquement douloureux et empêcher totalement l’appui sur le membre atteint. [1] La jambe peut paraître raccourcie et le pied tourné vers l’extérieur, mais ces déformations ne sont pas toujours présentes. [1] Une pâleur, une sensation de malaise ou une accélération des battements du cœur peuvent traduire un état de choc associé au traumatisme. [1] L’absence de déformation visible ne permet pas d’écarter une fracture, car une fracture peut être non déplacée et conserver l’alignement des os. [1]

Que faire immédiatement après le traumatisme ?

Après un traumatisme, un craquement douloureux de la jambe avec impossibilité de prendre appui impose de contacter immédiatement les services médicaux d’urgence au 15 ou au 112. [1]

Il ne faut pas déplacer la personne blessée, manipuler sa jambe ni essayer de la réaxer. [1] S’il existe une plaie, elle doit être couverte avec un tissu propre. [1] En cas d’hémorragie, la plaie doit être comprimée. [1] Il ne faut donner ni nourriture ni boisson à la personne blessée, car une intervention chirurgicale peut être nécessaire. [1] À leur arrivée, les secours immobilisent la jambe avec une attelle avant le transport vers un service d’urgences. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est le plus souvent réalisé aux urgences par un médecin qui interroge la personne sur l’heure, les circonstances et la force du traumatisme ainsi que sur la localisation de la douleur. [1] Le médecin prend également en compte les maladies connues et les traitements en cours. [1] L’examen recherche une plaie, un hématome, des ecchymoses, des éraflures ou une déformation de la jambe. [1] Une plaie mettant l’os en contact avec l’extérieur définit une fracture ouverte, tandis qu’une peau intacte correspond à une fracture fermée. [1] Une déformation peut indiquer une fracture déplacée, c’est-à-dire que les fragments osseux ont bougé les uns par rapport aux autres. [1]

Le contrôle du pouls à la cheville et au pied permet de rechercher une atteinte des artères. [1] La mobilité des orteils est vérifiée afin de repérer une éventuelle lésion des nerfs de la jambe. [1] L’état général est aussi évalué, notamment par la recherche d’une baisse de tension, d’un pouls rapide ou d’autres lésions liées au traumatisme. [1]

Que montrent les radiographies ?

Après l’examen, la jambe est de nouveau immobilisée avec une attelle laissant passer les rayons X afin de réaliser les radiographies. [1] Les radiographies confirment la fracture, précisent son emplacement et indiquent si un ou plusieurs os sont brisés. [1] Elles montrent également s’il existe plusieurs fractures sur le même os et décrivent le tracé transversal, oblique, spiralé ou multiple. [1] Elles permettent enfin de déterminer si les os sont restés alignés ou si la fracture est déplacée. [1] Chez l’enfant, la localisation du trait est particulièrement importante lorsqu’il peut atteindre le cartilage de conjugaison, qui participe à la croissance en longueur de l’os. [1]

Comment une fracture de la jambe peut-elle évoluer ?

Après un traitement orthopédique ou chirurgical, une fracture de la jambe consolide le plus souvent sans séquelles en quelques mois. [1] Une fracture ouverte expose toutefois à une infection de la peau et parfois de l’os, surtout lorsque la plaie contient de la terre, des gravillons ou d’autres corps étrangers. [1] Une atteinte nerveuse peut entraîner une paralysie partielle de la jambe ou des orteils. [1] Une embolie graisseuse peut aussi survenir lorsque des cellules graisseuses provenant du cœur du tibia passent dans la circulation et obstruent de petits vaisseaux. [1]

Le syndrome de loge correspond à la compression des vaisseaux du mollet par un hématome et un œdème, ce qui gêne la circulation du sang dans la jambe. [1] Il peut se manifester par des douleurs ainsi que par une diminution de la sensibilité et de la mobilité de la jambe, et nécessite une intervention chirurgicale. [1]

Quelles anomalies de consolidation sont possibles ?

L’évolution peut être marquée par un déplacement secondaire des os après un traitement orthopédique ou par une nouvelle fracture après le retrait du matériel lorsque la consolidation est insuffisante. [1] La consolidation peut être retardée ou ne jamais s’achever, situation appelée pseudarthrose lorsqu’elle est observée six mois après l’accident. [1] Une pseudarthrose peut être infectée et nécessite alors un traitement spécifique. [1] Lorsque l’os consolide dans une position différente de son anatomie initiale, on parle de cal vicieux. [1] Des douleurs persistantes peuvent subsister après la consolidation. [1] Chez l’enfant, la fracture peut entraîner une différence de longueur entre les jambes en modifiant la croissance ou en provoquant un écrasement des fragments osseux. [1]

Sources et références

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