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Fièvre hémorragique d’Omsk : transmission, signes, diagnostic et prévention

La fièvre hémorragique d’Omsk est une maladie infectieuse humaine provoquée par un flavivirus transmis principalement par certaines tiques et par l’exposition à des animaux infectés. [2] [3] Elle appartient aux fièvres hémorragiques virales et possède une catégorie distincte, A98.1, dans la classification internationale des maladies. [1] La maladie est surtout documentée dans les régions de Sibérie occidentale entourant Omsk, ainsi qu’au Kazakhstan voisin. [2] [3]

Les premières manifestations peuvent ressembler à celles d’une infection grippale, tandis que certaines formes entraînent des saignements, une atteinte pulmonaire, rénale ou neurologique. [2] [3] Les signes ne suffisent donc pas à confirmer personnellement la maladie, dont le diagnostic tient compte à la fois du tableau clinique, des circonstances d’exposition et des analyses de laboratoire. [2] [3]

Où le virus circule-t-il et comment se transmet-il ?

Le virus circule dans un cycle associant principalement des tiques du genre Dermacentor et de petits mammifères, notamment les rats musqués et certains campagnols. [2] [3] Une personne peut être infectée après la morsure d’une tique porteuse du virus. [2] [3] Une contamination est également possible lors d’un contact avec le sang, les urines, les excréments ou d’autres matières biologiques provenant d’un animal infecté, vivant ou mort. [2] [3] La chasse, le piégeage et le dépeçage des rats musqués constituent ainsi des situations d’exposition particulièrement documentées. [2] [3]

Aucune transmission entre personnes ni aucune transmission associée aux soins n’a été rapportée dans les données examinées, sans que cette absence d’observation permette d’affirmer qu’une telle transmission serait impossible. [2] [3] Le virus a été isolé chez des moustiques, mais la transmission de la maladie humaine par les moustiques n’est pas démontrée. [3]

Quels sont les symptômes de la fièvre hémorragique d’Omsk ?

La période d’incubation rapportée est généralement de trois à sept jours après l’exposition. [3] Le début est souvent brutal, avec de la fièvre, des douleurs musculaires et une sensation générale de malaise. [3] Des maux de tête et une toux peuvent également survenir. [2] Des symptômes digestifs tels que douleurs abdominales, nausées, vomissements ou diarrhée sont aussi décrits. [3]

Les manifestations cutanées peuvent comprendre une rougeur du visage et du haut du tronc, une éruption ou de petites taches rouges correspondant à des pétéchies. [2] Les manifestations hémorragiques possibles comprennent notamment des saignements du nez ou des gencives, des ecchymoses et, dans les formes plus importantes, des saignements pulmonaires, digestifs ou utérins. [2] [3] Une atteinte rénale peut se traduire par la présence de protéines ou de sang dans les urines, voire par une altération aiguë de la fonction rénale. [2] [3] Une pneumonie atypique, une bronchite ou d’autres atteintes pulmonaires ont également été rapportées. [2] [3]

Les manifestations neurologiques sont moins habituelles, mais elles peuvent inclure une raideur de la nuque, une diminution de l’audition ou du goût, une confusion, une désorientation et, dans les formes les plus graves, un coma. [2] [3] Une baisse des globules blancs et des plaquettes peut être observée dans les analyses sanguines. [2] La présence du mot « hémorragique » ne signifie pas que tous les malades saignent, car une épidémie étudiée comportait une majorité de formes légères sans manifestations hémorragiques. [2]

Comment la maladie peut-elle évoluer ?

La fièvre hémorragique d’Omsk peut suivre une évolution en deux phases. [2] [3] Après une première période fébrile, certains patients s’améliorent, tandis que d’autres connaissent une réapparition ou une aggravation des symptômes accompagnée de manifestations neurologiques. [2] [3] Au cours de cette seconde phase, les poumons, les reins et d’autres organes peuvent être atteints. [2]

Les formes extrêmes peuvent évoluer vers un choc, une défaillance de plusieurs organes ou le décès. [2] [3] La plupart des données disponibles décrivent néanmoins une létalité faible, estimée selon les séries à environ 0,4 % à 3 %. [3] La récupération peut être prolongée, avec une faiblesse et une fatigue persistant pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. [3] Une perte auditive, une chute des cheveux et des difficultés comportementales ou psychologiques ont rarement été rapportées après une atteinte neurologique. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur l’association des symptômes, d’une exposition compatible dans une zone de circulation du virus et d’examens de laboratoire. [2] [3] Les circonstances recherchées comprennent notamment une morsure de tique ou un contact avec un rat musqué, ses tissus ou des eaux contaminées par ses matières biologiques. [2] [3] D’autres infections pouvant provoquer une fièvre après une exposition animale ou environnementale doivent être envisagées, notamment la leptospirose, la brucellose, le typhus ou la pseudotuberculose. [2] [3]

Une technique de RT-PCR peut rechercher le matériel génétique du virus, tandis que des analyses sérologiques recherchent les anticorps produits contre celui-ci. [2] [3] La détection directe du virus est plus accessible pendant la première phase, alors que les anticorps sont davantage présents au cours de la seconde phase. [2] L’interprétation de certaines sérologies est délicate en raison de réactions croisées possibles avec d’autres flavivirus transmis par les tiques, notamment le virus de l’encéphalite à tiques. [2] [3]

Quels sont les principes des soins ?

Il n’existe actuellement ni traitement antiviral spécifique dont l’efficacité soit établie chez l’être humain ni médicament antiviral commercialisé spécifiquement contre cette infection. [2] [3] La prise en charge est donc principalement symptomatique et de soutien. [2] [3] Elle comprend notamment le maintien de l’hydratation, le soulagement des symptômes et la surveillance des constantes vitales ainsi que des résultats biologiques. [2] [3] Le repérage précoce et la prise en charge des complications sont importants pour améliorer l’évolution. [3]

Plusieurs substances antivirales ont été étudiées uniquement en culture cellulaire ou chez l’animal, mais ces résultats expérimentaux ne démontrent pas leur efficacité chez les patients. [2] [3] Aucun vaccin spécifiquement destiné à la fièvre hémorragique d’Omsk n’est actuellement disponible dans le commerce. [2] [3] Des réactions immunitaires croisées avec des vaccins contre l’encéphalite à tiques ont été étudiées, mais ces travaux ne permettent pas de présenter ces vaccins comme une vaccination spécifique contre la fièvre hémorragique d’Omsk. [2] [3]

Comment réduire le risque d’infection ?

Dans les zones où le virus circule, la prévention vise d’abord à limiter les morsures de tiques par des vêtements couvrants, des répulsifs et une recherche attentive des tiques après une activité extérieure. [2] [3] Les personnes qui chassent, piègent ou dépècent des rats musqués doivent limiter le contact direct avec les animaux et leurs liquides biologiques, notamment en utilisant des gants adaptés. [2] [3] Il convient également d’éviter de boire une eau susceptible d’avoir été contaminée par des animaux infectés. [3] Ces mesures concernent particulièrement les activités rurales, agricoles, de chasse ou de piégeage dans les régions où le virus a été documenté. [2] [3]

Sources et références

[1] Breizh CoCoA 2024

www.bretagne.ars.sante.fr · Consulté le 2026-09-15

[2] Omsk Hemorrhagic Fever Virus: A Comprehensive Review from Epidemiology to Diagnosis and Treatment

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-02-15 · Consulté le 2026-09-16

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