Fièvre hémorragique de Crimée-Congo : transmission, symptômes, diagnostic et prévention

La fièvre hémorragique de Crimée-Congo, ou FHCC, est une maladie infectieuse provoquée par un virus transmis principalement par certaines tiques. [1] [2] L’infection peut provoquer une maladie brutale et sévère, parfois accompagnée de saignements et de défaillances d’organes. [1] [2] Santé publique France signalait en août 2024 la présence, dans plusieurs départements du sud de la France, de tiques Hyalomma infectées par le virus, ce qui rendait possible une contamination sur le territoire. [2]
Comment le virus se transmet-il ?
Le virus peut être transmis à l’être humain par la piqûre d’une tique infectée, notamment une tique du genre Hyalomma. [1] [2] Une contamination est également possible lors d’un contact avec le sang ou les tissus d’un animal infecté, en particulier pendant ou juste après son abattage. [1] Les éleveurs, les employés d’abattoirs et les vétérinaires figurent parmi les professionnels particulièrement exposés dans les zones où la maladie est présente. [1] Les animaux sauvages ou domestiques qui participent au cycle du virus, notamment les bovins, les moutons et les chèvres, ne présentent habituellement pas de symptômes. [1]
Une transmission entre personnes peut survenir par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres liquides biologiques d’une personne infectée. [1] Des contaminations associées aux soins sont aussi possibles lorsque le matériel est mal stérilisé, que des aiguilles sont réutilisées ou que des fournitures sont contaminées. [1]
Après combien de temps les symptômes apparaissent-ils ?
La durée d’incubation, c’est-à-dire le délai entre la contamination et les premiers symptômes, dépend du mode de transmission. [1] Après une piqûre de tique, elle est généralement de un à trois jours et peut atteindre neuf jours. [1] Après un contact avec du sang ou des tissus infectés, elle est généralement de cinq à six jours, avec un maximum documenté de treize jours. [1]
Quels sont les symptômes et les risques de complication ?
Les symptômes apparaissent habituellement de manière brutale, avec de la fièvre, des douleurs musculaires, des vertiges, des maux de tête et des douleurs de la nuque ou du dos. [1] Une sensibilité des yeux et une gêne provoquée par la lumière, appelée photophobie, peuvent également survenir. [1] Au début de la maladie, certaines personnes présentent des nausées, des vomissements, une diarrhée, des douleurs abdominales ou un mal de gorge. [1] Des changements brusques de l’humeur, une confusion, puis une somnolence et une grande lassitude peuvent compléter le tableau. [1]
La maladie peut entraîner une accélération du rythme cardiaque, un gonflement des ganglions et une augmentation du volume du foie. [1] De petites taches rouges dues à des saignements dans la peau ou les muqueuses, appelées pétéchies, peuvent évoluer vers des ecchymoses ou d’autres manifestations hémorragiques. [1] Dans les formes les plus graves, une dégradation rapide de la fonction rénale ou une insuffisance soudaine du foie ou des poumons peut apparaître à partir du cinquième jour de maladie. [1] L’Organisation mondiale de la Santé rapporte un taux de létalité compris entre 10 et 40 % lors des flambées de fièvre hémorragique virale sévère. [1]
Chez les personnes qui se rétablissent, l’état général commence habituellement à s’améliorer neuf à dix jours après l’apparition des symptômes. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic de l’infection est confirmé par des analyses spécialisées réalisées sur des prélèvements biologiques. [1] Les méthodes disponibles comprennent notamment la recherche d’antigènes, la RT-PCR qui détecte l’ARN viral, la sérologie et l’isolement du virus en culture cellulaire. [1] Pendant les premiers jours, les anticorps peuvent ne pas être présents à un niveau mesurable, de sorte que le diagnostic repose alors sur la détection du virus ou de son ARN. [1] Les échantillons non inactivés présentent un risque biologique extrême et ne doivent être analysés que dans des conditions de confinement biologique maximal. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge repose principalement sur des traitements symptomatiques et des soins généraux de soutien. [1] Ces soins ont pour objectif de soutenir l’organisme face aux manifestations et aux complications de la maladie. [1]
Comment réduire le risque d’infection ?
Il n’existe pas de vaccin humain contre la FHCC qui soit à la fois sûr, efficace et disponible à grande échelle. [1] La prévention repose donc notamment sur la réduction de l’exposition aux tiques et aux liquides biologiques infectés. [1] Dans les endroits exposés aux tiques, des vêtements longs et de couleur claire facilitent la protection de la peau et le repérage des tiques. [1] [2] Les recommandations comprennent aussi l’emploi de répulsifs homologués, l’évitement des broussailles et des hautes herbes ainsi que l’examen soigneux du corps après une activité extérieure. [1] [2] Lorsqu’une tique est découverte, Santé publique France conseille de la retirer le plus rapidement possible avec un tire-tique ou, à défaut, une pince fine. [2]
Dans les zones d’endémie, la manipulation d’animaux ou de leurs tissus nécessite des gants et des vêtements de protection, particulièrement pendant l’abattage ou la découpe. [1] Pour limiter la transmission à partir d’une personne infectée, l’OMS recommande d’éviter les contacts physiques rapprochés et d’utiliser des gants ainsi qu’un équipement de protection lors des soins. [1] Un lavage régulier des mains est également recommandé après avoir soigné une personne infectée ou lui avoir rendu visite. [1]
Quelle surveillance existe en France ?
En France, la surveillance de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo s’appuie sur des données cliniques, virologiques et épidémiologiques recueillies par la déclaration obligatoire. [2] Ce dispositif recueille auprès des médecins et des biologistes des informations sur les cas des maladies concernées. [2]
Sources et références
[1] Fièvre hémorragique de Crimée-Congo
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Maladies vectorielles à tique : bien se protéger pendant la saison d’activité des tiques | Santé publique France
Santé publique France · Consulté le 2026-09-12
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