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Faisceau accessoire atrioventriculaire : pré-excitation et syndrome de Wolff-Parkinson-White

Un faisceau accessoire atrioventriculaire, également appelé voie ou connexion accessoire, est un passage électrique supplémentaire reliant une oreillette à un ventricule du cœur. [2] Cette voie peut contourner le ralentissement normalement assuré par le nœud atrioventriculaire et activer une partie des ventricules plus tôt que prévu, ce qui constitue une pré-excitation ventriculaire. [2] La présence d'une voie accessoire n'est cependant pas synonyme, à elle seule, de syndrome de Wolff-Parkinson-White classique. [2] Le syndrome de Wolff-Parkinson-White manifeste associe un aspect caractéristique à l'électrocardiogramme et des épisodes symptomatiques de tachycardie supraventriculaire par réentrée. [2]

Voie accessoire, pré-excitation et syndrome de Wolff-Parkinson-White : quelles différences ?

Une voie qui conduit l'influx des oreillettes vers les ventricules peut produire sur l'électrocardiogramme un intervalle PR court, un complexe QRS élargi et une onde delta correspondant au début empâté du complexe. [2] Cet aspect traduit la pré-excitation, mais le diagnostic de syndrome de Wolff-Parkinson-White classique repose également sur l'existence d'une tachycardie paroxystique symptomatique. [2] Certaines voies ne conduisent que dans le sens allant du ventricule vers l'oreillette : elles peuvent participer à une tachycardie par réentrée sans produire l'aspect habituel de pré-excitation sur l'électrocardiogramme réalisé hors crise. [2] Cette situation est appelée syndrome de Wolff-Parkinson-White caché dans la source professionnelle utilisée. [2]

Comment une voie accessoire peut-elle provoquer une tachycardie ?

La voie accessoire et le système normal de conduction peuvent former un circuit électrique en boucle, appelé réentrée atrioventriculaire. [2] La forme habituelle est la tachycardie par réentrée atrioventriculaire orthodromique, dans laquelle l'influx descend vers les ventricules par le nœud atrioventriculaire puis remonte vers les oreillettes par la voie accessoire. [2] Ce circuit produit généralement un rythme rapide et régulier qui commence et s'arrête brutalement. [2] Une réentrée en sens opposé, dite antidromique, est moins fréquente et produit une tachycardie régulière à complexes QRS larges. [2]

Quels symptômes peuvent survenir ?

Les manifestations les plus habituelles sont des épisodes soudains de palpitations rapides et régulières, dont le début et la fin sont brusques. [2] Ces palpitations peuvent s'accompagner d'un essoufflement, d'une gêne thoracique ou d'une sensation de malaise précédant parfois une perte de connaissance. [2] La perte de connaissance est rare, mais elle peut survenir. [2] Entre les épisodes de trouble du rythme, l'examen clinique peut être normal. [2]

Chez le nourrisson, les manifestations décrites comprennent une respiration difficile, une léthargie, des difficultés d'alimentation ou des battements rapides visibles ou perceptibles devant le cœur. [2] Une tachycardie prolongée peut provoquer une insuffisance cardiaque chez le nourrisson. [2]

Quels sont les risques associés ?

Lorsqu'une voie accessoire conduit rapidement des oreillettes vers les ventricules, elle peut transmettre une arythmie supraventriculaire à une fréquence ventriculaire très élevée. [2] Cette situation est particulièrement importante en cas de fibrillation auriculaire, car elle peut dégrader l'état circulatoire et, dans de rares cas, déclencher une fibrillation ventriculaire ou une mort subite. [2] La gravité potentielle ne permet pas de déduire le risque individuel à partir des seuls symptômes ou de la seule mention d'une voie accessoire. [2]

La voie accessoire est principalement décrite comme idiopathique, ce qui signifie qu'aucune cause particulière n'est retrouvée. [2] Elle est toutefois plus fréquente en présence de certaines cardiopathies, notamment une cardiopathie hypertrophique, une transposition des gros vaisseaux ou une anomalie d'Ebstein. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic du syndrome de Wolff-Parkinson-White manifeste s'appuie sur les symptômes et sur l'électrocardiogramme. [2] En rythme sinusal, l'électrocardiogramme recherche notamment un intervalle PR court, un complexe QRS large, une onde delta et des modifications secondaires de la repolarisation. [2] Pendant une crise, l'électrocardiogramme permet de caractériser la régularité du rythme et la largeur des complexes QRS, deux éléments qui participent à l'identification de l'arythmie. [2] Un électrocardiogramme sans aspect de pré-excitation n'exclut pas une voie accessoire qui conduit uniquement dans le sens rétrograde. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement d'une crise dépend du type de rythme observé à l'électrocardiogramme et de la stabilité de l'état circulatoire. [2] Une cardioversion électrique synchronisée est utilisée lorsqu'une tachycardie entraîne une instabilité hémodynamique. [2] Chez une personne stable, les traitements possibles diffèrent selon que la tachycardie est régulière ou irrégulière et selon que les complexes QRS sont fins ou larges. [2]

À long terme, l'ablation par cathéter vise à supprimer la connexion électrique accessoire responsable des tachyarythmies. [2] La source professionnelle la présente comme le traitement de référence après une tachyarythmie documentée liée au syndrome de Wolff-Parkinson-White ou en présence de symptômes très évocateurs. [2] Cette intervention peut échouer, récidiver ou entraîner des complications, même si les résultats rapportés sont globalement favorables. [2] Un traitement antiarythmique au long cours peut être envisagé lorsque l'ablation ne peut pas être réalisée ou lorsqu'elle est refusée. [2] Le choix du médicament dépend du contexte cardiaque et du type d'arythmie, certains traitements pouvant être nocifs en cas de fibrillation auriculaire associée à une voie accessoire. [2]

Quand une douleur thoracique impose-t-elle un appel urgent ?

Toute douleur thoracique nécessite un avis médical. [1] Lorsque plusieurs signes inquiétants sont associés, notamment une douleur brutale et intense qui serre la poitrine, une douleur durant plus de cinq minutes sans disparaître au repos, un essoufflement, des lèvres bleues, des sueurs, des nausées, des vertiges, des palpitations, un trouble de la conscience ou une perte de connaissance, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112. [1] Lors de l'appel, il est utile de décrire l'heure de début, le mode d'apparition et l'évolution des symptômes, puis de ne pas raccrocher avant que l'interlocuteur ne le demande. [1]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

Chirurgien thoracique et cardio-vasculaire