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État de mal asthmatique : reconnaître cette urgence et comprendre sa prise en charge

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Asthmologie par ville

L'état de mal asthmatique est une exacerbation très grave de l'asthme, marquée par un bronchospasme persistant qui ne répond pas suffisamment aux bronchodilatateurs et aux corticoïdes habituellement utilisés. [4] Il ne désigne donc pas toute crise d'asthme, mais une situation réfractaire susceptible d'évoluer vers un manque d'oxygène, une accumulation de dioxyde de carbone et une insuffisance respiratoire. [4] Cette situation peut menacer la vie et nécessite une reconnaissance rapide ainsi qu'un traitement médical immédiat. [4] [5]

Quels signes peuvent faire craindre une crise d'asthme très grave ?

L'état de mal asthmatique se manifeste généralement par un essoufflement intense, une respiration rapide, une toux, une oppression thoracique et un effort visible pour respirer avec sollicitation des muscles du cou ou du thorax. [4] Une difficulté à parler en phrases complètes, des sueurs, une préférence persistante pour la position assise ou une fatigue respiratoire croissante indiquent une aggravation possible. [4] Les sifflements peuvent être présents, mais leur absence n'est pas rassurante lorsque le passage de l'air est devenu très faible. [4] Une diminution de la vigilance, une confusion ou un ralentissement de la respiration malgré une détresse persistante peuvent traduire un épuisement et une ventilation insuffisante. [4]

Quand demander une aide médicale immédiate ?

Demandez immédiatement une aide médicale urgente si la personne halète, étouffe, ne parvient pas à parler, présente une coloration très pâle, bleue ou grise des lèvres ou de la peau, ou devient soudainement confuse. [3] Une aide urgente est également nécessaire lorsqu'une crise d'asthme s'aggrave à tout moment, ne s'améliore pas après l'utilisation maximale prévue de l'inhalateur de secours ou survient sans inhalateur disponible. [2]

En attendant les secours, installez si possible la personne assise bien droite afin de faciliter sa respiration. [2] Si elle possède un inhalateur de secours et un plan d'action personnalisé, utilisez le traitement conformément aux instructions de ce plan sans retarder l'appel à l'aide urgente. [2] Un essoufflement sévère ne doit pas être attribué soi-même à l'asthme, car un pneumothorax, une infection pulmonaire, une obstruction des voies respiratoires ou une affection cardiaque peuvent produire des symptômes proches. [3] [4]

Comment l'état de mal asthmatique peut-il débuter ?

L'aggravation peut être progressive sur plusieurs jours ou, au contraire, devenir très sévère en quelques heures. [4] Les déclencheurs fréquents comprennent les infections respiratoires virales, l'exposition à un allergène, les polluants environnementaux et une prise insuffisante du traitement habituel. [4] Un asthme mal contrôlé, des exacerbations graves antérieures, l'obésité et la rhinosinusite chronique sont associés à un risque plus élevé d'état de mal asthmatique. [4] Noter les activités, les lieux, les conditions météorologiques et les allergènes présents au moment des crises peut aider à repérer les facteurs déclenchants avec le médecin. [1]

Comment la gravité est-elle évaluée à l'hôpital ?

Le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique, l'évolution des symptômes et la réponse aux premiers traitements, car aucun signe ni examen isolé ne prédit de manière fiable l'évolution d'une exacerbation grave. [4] L'oxygénation, le rythme cardiaque, la pression artérielle et l'état de conscience sont surveillés étroitement, car la situation peut se dégrader rapidement. [4] Le débit expiratoire de pointe ou le volume expiré en une seconde peuvent quantifier l'obstruction bronchique si la personne est suffisamment stable et coopérante pour réaliser ces mesures. [4] Une analyse des gaz du sang peut évaluer l'oxygénation et la ventilation, notamment lorsque la fatigue respiratoire fait craindre une insuffisance respiratoire. [4] Une radiographie ou d'autres examens peuvent être demandés en cas de mauvaise réponse au traitement ou de signes inhabituels afin de rechercher une pneumonie, un pneumothorax ou une autre cause de détresse respiratoire. [4]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement hospitalier vise à ouvrir les bronches, corriger le manque d'oxygène, réduire l'inflammation et éviter l'épuisement respiratoire. [4] Il associe généralement des bronchodilatateurs inhalés d'action rapide administrés de façon répétée, des corticoïdes par voie générale et de l'oxygène lorsque celui-ci est nécessaire. [4] [2] En cas de réponse insuffisante, les équipes peuvent ajouter d'autres traitements bronchodilatateurs, notamment du sulfate de magnésium intraveineux dans certaines formes réfractaires. [4] Une assistance respiratoire non invasive ou une ventilation mécanique peut devenir nécessaire si l'oxygénation reste insuffisante, si l'acidose respiratoire s'aggrave ou si la personne s'épuise et ne peut plus parler correctement. [4] Les antibiotiques ne sont pas utilisés systématiquement et sont réservés aux situations où des signes cliniques font suspecter une infection. [4]

Quelles complications expliquent la surveillance intensive ?

Sans amélioration rapide, l'état de mal asthmatique peut entraîner une insuffisance respiratoire, des troubles du rythme cardiaque, une chute de la pression artérielle ou une atteinte d'autres organes. [4] L'air piégé dans les poumons peut provoquer une hyperinflation importante, diminuer le retour du sang vers le cœur et favoriser un pneumothorax ou un état de choc. [4] Les formes réfractaires peuvent conduire à un arrêt respiratoire ou cardiaque et au décès. [4] Le pronostic est généralement favorable lorsque la situation est reconnue et traitée rapidement, mais une surveillance reste nécessaire même après une première amélioration. [4]

Comment réduire le risque d'une nouvelle exacerbation grave ?

Après la phase aiguë, l'équipe soignante réévalue le contrôle de l'asthme, les facteurs déclenchants, l'utilisation correcte des inhalateurs et le traitement de fond. [2] [4] Un plan d'action personnalisé précise comment surveiller l'asthme et quoi faire lorsque les symptômes s'aggravent. [2] La prévention repose aussi sur l'utilisation du traitement comme convenu avec l'équipe soignante et sur la réduction des expositions reconnues comme déclenchantes, telles que la fumée, certains allergènes ou la pollution. [2] [4] En dehors de l'urgence, des épreuves fonctionnelles respiratoires, dont la spirométrie, servent à confirmer le diagnostic d'asthme et à suivre la fonction respiratoire. [1]

Sources et références

[1] Diagnostic de l’asthme de l'adulte | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[2] Asthma - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

[3] Shortness of breath - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

[4] Status Asthmaticus - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Pneumologue, option soins intensifs respiratoires