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Chevauchement asthme-BPCO : symptômes, diagnostic et principes de prise en charge

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Asthmologie par ville

Le chevauchement asthme-BPCO désigne un profil obstructif des voies respiratoires qui présente à la fois des caractéristiques de l’asthme et de la bronchopneumopathie chronique obstructive, ou BPCO. [2] [3] Il ne correspond pas à une maladie séparée par une frontière simple, car il n’existe pas de définition universellement acceptée et les profils concernés sont hétérogènes. [3] [4] Ce chevauchement doit être envisagé lorsqu’une personne présente une obstruction respiratoire persistante accompagnée de plusieurs traits évocateurs de chacune des deux maladies. [2] Les symptômes et un test respiratoire isolé ne suffisent pas à établir soi-même ce diagnostic. [2] [1]

En quoi le chevauchement diffère-t-il de l’asthme et de la BPCO ?

Dans sa présentation typique, l’asthme associe des symptômes variables, comme des crises d’essoufflement ou des sifflements, à une obstruction qui peut être réversible. [2] La BPCO typique provoque plutôt un essoufflement progressivement croissant, une toux chronique et une obstruction persistante, souvent dans un contexte d’exposition au tabac ou à d’autres substances nocives. [2] Certaines personnes ne correspondent toutefois pas clairement à l’un ou l’autre de ces profils et cumulent des éléments des deux maladies. [2] [3] Une obstruction devenue persistante chez une personne asthmatique ne prouve pas à elle seule une BPCO, tandis qu’une réponse aux bronchodilatateurs peut aussi être observée chez une personne atteinte de BPCO. [2] [4]

Quels symptômes peuvent être présents ?

Les manifestations possibles comprennent l’essoufflement, la toux, les sifflements respiratoires et la production d’expectorations. [3] Des infections respiratoires basses répétées et des épisodes d’aggravation peuvent également faire partie de la présentation clinique. [3] L’examen médical peut retrouver des sifflements ou des signes de distension pulmonaire, mais il peut aussi être normal entre les épisodes d’aggravation. [3] Ces manifestations ne sont pas spécifiques du chevauchement asthme-BPCO et peuvent avoir d’autres causes respiratoires ou cardiaques. [3] [1]

Quels facteurs peuvent favoriser ce profil ?

Le chevauchement n’a pas une cause unique clairement distincte de celles de l’asthme et de la BPCO. [3] Le tabagisme et l’exposition à des particules, à des gaz nocifs ou à certaines fumées domestiques font partie des facteurs associés à la composante BPCO. [2] [3] Des antécédents d’asthme, d’atopie ou de maladie allergique peuvent orienter vers une composante asthmatique. [2] [3] [4] L’âge, les expositions respiratoires et l’évolution d’un asthme ancien sont donc examinés ensemble plutôt que comme des preuves séparées et suffisantes. [2] [4]

Comment le diagnostic est-il évalué ?

L’évaluation commence par l’histoire des symptômes, notamment leur âge d’apparition, leur variabilité au cours du temps et leurs éventuelles variations saisonnières. [2] Elle recherche aussi les antécédents personnels ou familiaux d’asthme ou de BPCO, les allergies, les traitements inhalés déjà reçus et les expositions au tabac, aux fumées ou aux produits professionnels. [2] La spirométrie mesure les volumes et les débits respiratoires avant et après l’administration d’un bronchodilatateur. [2] [3] Elle permet notamment de rechercher une obstruction persistante des voies respiratoires et d’évaluer sa réponse au bronchodilatateur. [2] [3] Une amélioration après bronchodilatateur ne suffit pas à elle seule pour distinguer l’asthme de la BPCO ou pour confirmer leur chevauchement. [2] [4]

Selon le contexte, le bilan peut comprendre une mesure des éosinophiles sanguins, des immunoglobulines E ou une recherche d’allergènes respiratoires. [3] Une radiographie thoracique peut montrer une distension des poumons, mais elle distingue souvent mal l’asthme, la BPCO et leur chevauchement. [2] [3] Le scanner thoracique n’est pas indiqué uniquement pour différencier l’asthme de la BPCO, même s’il peut être demandé pour une autre raison clinique. [2] D’autres maladies, comme l’insuffisance cardiaque, les bronchectasies ou la bronchiolite oblitérante, peuvent ressembler à ce tableau et doivent parfois être recherchées. [3]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Les études consacrées spécifiquement au chevauchement asthme-BPCO restent limitées, car ces patients ont souvent été exclus des essais portant sur l’asthme ou la BPCO seuls. [2] [3] Le traitement inhalé repose généralement sur des corticostéroïdes inhalés et des bronchodilatateurs, avec un choix adapté aux caractéristiques dominantes et à l’évolution de chaque patient. [3] [4] Lorsqu’il existe des caractéristiques asthmatiques, un bêta2-mimétique de longue durée d’action ne doit pas être utilisé seul sans corticostéroïde inhalé. [2] [3] La persistance de symptômes ou d’aggravations malgré le traitement conduit à réévaluer le diagnostic, les caractéristiques inflammatoires et la stratégie thérapeutique. [3]

L’arrêt du tabac et la réduction des autres expositions à la fumée font partie des mesures non médicamenteuses importantes. [2] [3] Une activité physique régulière et, lorsque les symptômes le justifient, une réhabilitation respiratoire peuvent être proposées. [2] [3] L’apprentissage de la bonne technique d’utilisation des inhalateurs participe également à la prise en charge. [3] La vaccination contre la grippe et le pneumocoque est citée parmi les mesures destinées à réduire les aggravations liées aux infections. [2] [3] Lorsqu’une allergie participe aux aggravations, son identification peut permettre de discuter des mesures d’éviction adaptées. [2]

Quelle peut être l’évolution ?

Les personnes présentant un chevauchement ont souvent davantage de symptômes et une qualité de vie plus altérée que celles atteintes d’asthme ou de BPCO seuls. [2] [3] Elles présentent aussi plus fréquemment des aggravations, des consultations aux urgences ou des hospitalisations. [2] [3] Cette évolution n’est pas identique chez tous les patients, car le chevauchement regroupe plusieurs profils dont les caractéristiques et le pronostic peuvent différer. [4]

Quand demander une aide médicale ?

Demandez immédiatement une aide médicale en cas de difficulté respiratoire sévère avec halètement, sensation d’étouffement ou impossibilité de prononcer des phrases. [1] Une oppression ou une lourdeur thoracique, une douleur s’étendant aux bras, au dos, au cou ou à la mâchoire, une coloration très pâle, bleue ou grise des lèvres ou de la peau, ou une confusion soudaine nécessitent également une aide immédiate. [1] Dans cette situation, ne conduisez pas vous-même et emportez si possible les médicaments que vous prenez. [1]

Une difficulté à respirer plus marquée que d’habitude, des vomissements, des crachats de sang, une douleur ou un gonflement d’une jambe, ou des palpitations justifient une évaluation médicale rapide. [1] Un essoufflement qui s’aggrave pendant les activités habituelles ou en position allongée, des chevilles gonflées ou une toux durant au moins trois semaines doivent aussi être évalués médicalement. [1] L’essoufflement ayant de nombreuses causes possibles, il ne faut pas en attribuer soi-même l’origine à l’asthme, à la BPCO ou à leur chevauchement. [1]

Sources et références

[1] Shortness of breath - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

[2] RC1

www.revmed.ch · Consulté le 2026-09-15

[3] Asthma and COPD Overlap - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[4] Phenotype of asthma-chronic obstructive pulmonary disease overlap syndrome

www.ebi.ac.uk · Version : 2015-06-29 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Pneumologue, option soins intensifs respiratoires
Pneumo-allergologie