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Érythrasma : signes, diagnostic, traitements et prévention des récidives

L’érythrasma est une infection cutanée bactérienne superficielle causée par Corynebacterium minutissimum, qui atteint principalement les plis où des surfaces de peau se touchent. [1] [3] Il se manifeste habituellement par des taches ou des plaques bien délimitées, roses, brun-rouge ou plus pigmentées, accompagnées d’une fine desquamation et de peu d’inflammation. [2] [3] Son aspect peut toutefois ressembler à celui d’une mycose ou d’une maladie inflammatoire de la peau, si bien qu’un examen médical peut être nécessaire pour identifier la cause avant de choisir un traitement. [1] [2]

Quels sont les signes et les zones touchées ?

L’érythrasma apparaît surtout dans les zones chaudes et humides où la peau macère ou frotte, notamment l’aine, les aisselles, les plis sous les seins ou sous l’abdomen et le périnée. [1] [2] Au niveau de l’aine, il forme généralement des plaques irrégulières roses ou brunes, à bordures nettes et couvertes de fines squames. [2] Entre les orteils, il peut provoquer une peau blanchie par la macération, une desquamation et des fissures, le plus souvent dans les derniers espaces interdigitaux. [1] [2] [3] Les lésions sont souvent indolores et peuvent passer inaperçues, mais certaines personnes ressentent de légères démangeaisons. [3] L’infection reste généralement limitée aux plis, même si elle peut parfois s’étendre au tronc ou à la région anale. [1]

Quels facteurs favorisent l’érythrasma ?

Un érythrasma peut survenir chez un adulte en bonne santé, mais il est plus fréquent en cas de diabète, d’obésité, d’âge avancé ou d’immunodépression. [1] [2] Une transpiration excessive et l’hidrosadénite suppurée sont également associées à un risque accru. [1] [2] La chaleur, l’humidité et les vêtements occlusifs entretiennent un environnement humide favorable au développement de la bactérie dans les plis. [3] La présence d’un facteur de risque ne suffit cependant pas à reconnaître la maladie, car plusieurs affections cutanées peuvent produire un aspect voisin. [2] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’histoire des lésions et sur l’examen clinique de leur aspect et de leur localisation. [2] Le professionnel de santé peut examiner la peau avec une lampe de Wood, qui émet une lumière ultraviolette. [1] [2] Sous cette lumière, un érythrasma produit habituellement une fluorescence rouge corail caractéristique liée à des porphyrines fabriquées par la bactérie. [2] [3] Des examens de laboratoire, comme une coloration ou une culture, ne sont généralement pas nécessaires, mais ils peuvent contribuer à confirmer un diagnostic incertain. [2] L’examen microscopique d’un prélèvement cutané avec de l’hydroxyde de potassium peut rechercher des filaments fongiques et aider à distinguer l’érythrasma d’une dermatophytie. [2] [3] Les diagnostics possibles comprennent notamment une mycose cutanée, un intertrigo, un psoriasis inversé ou certaines formes de cellulite bactérienne. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement vise à éliminer la bactérie tout en corrigeant, lorsque cela est possible, l’humidité et les autres facteurs qui favorisent sa persistance. [3] Une forme localisée est généralement traitée avec un antimicrobien appliqué directement sur la zone atteinte. [2] Les traitements locaux décrits comprennent notamment l’érythromycine, la clindamycine, la mupirocine, l’acide fusidique ou le peroxyde de benzoyle. [1] [2] Lorsque l’érythrasma est étendu, un médecin peut envisager un antibiotique oral de la famille des macrolides, comme la clarithromycine ou l’érythromycine. [1] [2] Ces antibiotiques oraux peuvent provoquer des effets indésirables digestifs et exposer à des complications plus graves, notamment cardiaques, hépatiques, auditives ou cutanées. [3] Le choix d’un traitement local ou oral doit donc tenir compte de l’étendue des lésions, du diagnostic retenu et de la situation individuelle, sans commencer ou remplacer seul un antibiotique. [2] [3]

Comment limiter les récidives ?

L’évolution est généralement favorable, mais les récidives sont fréquentes, en particulier lorsque les facteurs favorisants persistent. [2] [3] Une toilette douce suivie d’un séchage soigneux des plis aide à réduire l’humidité dans laquelle la bactérie se développe. [3] Des vêtements respirants et non occlusifs peuvent également diminuer la macération et les frottements dans les zones concernées. [3] En cas de transpiration excessive, des moyens adaptés pour garder les plis secs peuvent être discutés avec un professionnel de santé. [3] La prise en charge des facteurs associés, notamment le diabète, l’obésité ou l’hyperhidrose, peut contribuer à diminuer la persistance et les rechutes. [3] Si des lésions semblables réapparaissent, il est préférable de les faire reconnaître rapidement plutôt que de reprendre automatiquement un ancien traitement, car une mycose ou une autre affection peut avoir un aspect proche. [1] [2] [3]

Quand demander un avis médical ?

Un avis médical est indiqué lorsque l’origine d’une plaque dans un pli est incertaine, notamment parce que l’érythrasma peut être confondu avec une infection fongique ou une maladie inflammatoire. [1] [2] [3] Une évaluation est également utile lorsque les lésions sont étendues ou récidivantes, car ces situations peuvent modifier le choix entre un traitement local et un traitement oral. [2] [3] Chez une personne immunodéprimée, l’infection peut évoluer plus sévèrement et un suivi dermatologique plus étroit est recommandé. [3] Chez les personnes dont l’immunité est normale, le pronostic est généralement excellent et l’érythrasma ne laisse habituellement pas de séquelles. [3]

Sources et références

[1] Érythrasma - Infections - Manuels MSD pour le grand public

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

[3] Erythrasma - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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