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Énurésie nocturne chez l’enfant

L’énurésie nocturne, souvent appelée « pipi au lit », désigne chez l’enfant de plus de cinq ans des émissions répétées, involontaires, incontrôlables et inconscientes d’urine pendant le sommeil. [3] L’enfant ne le fait pas volontairement : il ne faut ni le gronder ni le récompenser pour une nuit sèche, mais l’encourager lorsqu’il participe aux mesures proposées. [2]

Quand consulter

Une consultation médicale dans la journée est nécessaire si, en plus de l’énurésie nocturne, l’enfant présente au moins un trouble urinaire dans la journée, comme une impossibilité de se retenir, un besoin d’uriner très fréquent ou des brûlures en urinant. [2] Il faut également consulter un médecin dans la journée si de nouveaux symptômes apparaissent, notamment une fièvre, ou une soif associée à des urines très fréquentes pouvant faire craindre un diabète. [2]

En l’absence des situations nécessitant une consultation dans la journée décrites ci-dessus, prenez rendez-vous sans urgence si l’énurésie persiste malgré plusieurs semaines de mesures quotidiennes, si l’enfant continue après six ans ou s’il recommence après avoir été propre pendant au moins six mois. [2] Une consultation sans urgence est aussi nécessaire en cas de constipation ou de selles dans la culotte, de ronflement avec sommeil agité ou pauses respiratoires, de tristesse, de repli ou de souffrance psychologique, d’hyperactivité ou de trouble de l’attention, ou si l’énurésie perturbe la vie familiale ou sociale. [2]

Formes d’énurésie

L’énurésie est dite primaire si l’enfant n’a jamais été propre la nuit pendant au moins six mois. [3] Elle est dite secondaire si elle apparaît ou réapparaît après une période de propreté d’au moins six mois. [3] Une énurésie secondaire peut être associée à un événement stressant ou à un élément dépressif ; lorsqu’elle s’accompagne de ronflements et de pauses respiratoires ou d’urines anormalement abondantes, une apnée du sommeil ou un diabète de type 1 peuvent notamment être recherchés. [3]

Évaluation médicale

Lors de la consultation, le médecin demande notamment si l’énurésie a toujours existé ou si elle est nouvelle, sa fréquence, la présence de symptômes urinaires pendant la journée et la manière dont l’enfant vit la situation. [1] Il recherche aussi une constipation, des troubles du sommeil avec ronflement ou pauses respiratoires, des troubles de l’attention ou une hyperactivité, une souffrance psychologique et un retentissement sur la vie familiale ou sociale. [1] Le médecin réalise un examen clinique ; aucun examen complémentaire n’est généralement nécessaire, sauf s’il suspecte une maladie sous-jacente. [1] Une analyse d’urines appelée ECBU est prescrite si une infection urinaire est suspectée. [1]

Mesures quotidiennes

Faites boire de l’eau à l’enfant tout au long de la journée, puis limitez-en autant que possible la quantité après 18 heures. [2] En fin de journée, évitez les boissons sucrées, gazeuses ou contenant de la caféine ainsi que les aliments très salés. [2] Encouragez l’enfant à aller aux toilettes régulièrement dans la journée, dès qu’il en ressent le besoin et juste avant de dormir, sans le réveiller ensuite pour le faire uriner. [2] Si l’énurésie est régulière et qu’une consultation a déjà eu lieu, l’enfant peut noter chaque jour les nuits sèches et mouillées dans un calendrier à apporter aux consultations. [2]

La constipation est souvent associée à l’énurésie et, lorsqu’elle n’est pas corrigée, à un échec de son traitement. [2] Si l’enfant est constipé, le médecin peut ajouter un traitement aux conseils alimentaires. [1]

Alarme et accompagnement psychologique

Chez un enfant de plus de six ans, une alarme sonore peut être envisagée en complément des mesures quotidiennes seulement si l’enfant et sa famille acceptent la contrainte de réveils nocturnes parfois répétés pendant plusieurs semaines. [1] Lorsque les premières gouttes d’urine déclenchent l’alarme, l’enfant doit l’arrêter, aller uriner aux toilettes puis réinstaller l’appareil pour le reste de la nuit. [1] Dans les études citées, l’alarme associée aux mesures quotidiennes a permis d’obtenir au moins quatorze jours sans nuit mouillée en seize semaines chez 75 à 80 % des enfants, selon l’importance de l’énurésie. [1] L’alarme n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie. [1]

Un soutien psychologique, une thérapie comportementale et cognitive ou un autre accompagnement peuvent être proposés si l’enfant souffre des conséquences quotidiennes de l’énurésie, perd confiance en lui, présente des difficultés psychologiques ou a des troubles de l’attention avec hyperactivité. [1]

Médicaments et précautions

Les médicaments contre l’énurésie doivent être utilisés sous contrôle médical. [1] La desmopressine orale peut être prescrite chez l’enfant de plus de six ans ; elle réduit la production d’urine mais favorise aussi la rétention d’eau. [1] Si l’enfant prend de la desmopressine, limitez les boissons à partir d’une heure avant la prise et jusqu’à huit heures après, et respectez les règles expliquées par le médecin. [1] Des maux de tête, des nausées ou des douleurs abdominales peuvent survenir sous desmopressine ; prévenez le médecin s’ils apparaissent. [1]

Pendant un traitement par desmopressine, une prise de poids importante en peu de temps, une fatigue inhabituelle, un manque d’appétit avec nausées ou vomissements, des maux de tête, une agitation ou une somnolence peuvent annoncer une rétention excessive d’eau ; si l’un de ces signes apparaît, parlez-en au médecin prescripteur. [1]

Si la desmopressine est efficace, le médecin peut maintenir la dose minimale pendant trois mois, éventuellement six mois, puis organiser un arrêt progressif pour réévaluer le contrôle naturel ; un nouveau traitement peut être envisagé si l’énurésie reprend. [1]

Dans le sous-groupe des enfants de plus de cinq ans ayant une vessie de petite capacité et hyperactive, le médecin peut parfois prescrire de l’oxybutynine en second recours après un échec de la desmopressine. [1] L’oxybutynine peut provoquer une sécheresse de la bouche, des maux de tête, une constipation ou une diarrhée ; si ces effets persistent, parlez-en au médecin prescripteur. [1]

Évolution et retentissement

Lorsqu’elle n’est associée à aucun autre trouble urinaire, l’énurésie guérit le plus souvent spontanément. [3] Elle mérite néanmoins une prise en charge lorsqu’elle diminue l’estime de soi de l’enfant ou perturbe sa vie familiale ou sociale. [3]

Sources et références

[3] Reconnaître l'énurésie nocturne de l'enfant | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

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