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Entéroscopie simple ballon : principe, indications, déroulement et risques

L’entéroscopie simple ballon est un examen endoscopique conçu pour explorer en profondeur l’intestin grêle, une partie du tube digestif difficile à atteindre avec une gastroscopie ou une coloscopie classique. [1] [2] Elle peut montrer la muqueuse, permettre des biopsies et, selon la lésion rencontrée, servir à réaliser un traitement au cours de la même procédure. [1] [3] Le terme « simple ballon » désigne une technique précise d’entéroscopie assistée par dispositif et ne doit pas être confondu avec l’ensemble des entéroscopies ni avec la technique à double ballon. [1] [3]

Comment fonctionne l’entéroscopie simple ballon ?

Le système comprend un entéroscope, c’est-à-dire un endoscope long et souple, ainsi qu’un surtube flexible muni d’un ballon à son extrémité. [1] [3] Contrairement au système à double ballon, l’entéroscope lui-même ne porte pas de ballon dans le système simple ballon. [1] [3] La progression repose sur des manœuvres successives de poussée et de retrait qui plissent progressivement l’intestin grêle sur le surtube. [1] [3] Lorsque le ballon du surtube est gonflé, il aide à maintenir l’intestin, tandis que l’extrémité orientable de l’entéroscope contribue à l’accrochage nécessaire aux manœuvres de redressement. [1] [3]

Par quelle voie l’examen est-il réalisé ?

L’entéroscope peut être introduit par la bouche, selon une voie dite antérograde, ou par l’anus, selon une voie dite rétrograde. [1] [3] La voie d’abord peut être choisie en fonction des symptômes, de l’imagerie ou de la localisation présumée d’une lésion observée avec une vidéocapsule endoscopique. [1] [3] Une exploration des deux côtés peut être utilisée lorsqu’une visualisation plus étendue de l’intestin grêle est recherchée. [1] [3] Même avec cette technique, l’exploration complète de tout l’intestin grêle n’est pas obtenue dans tous les cas. [2] [3]

Dans quelles situations cet examen est-il proposé ?

Le saignement digestif dont l’origine n’a pas été trouvée par les endoscopies habituelles constitue la principale indication rapportée de l’exploration de l’intestin grêle par entéroscopie. [1] [2] Ce saignement peut être visible ou se manifester seulement par une anémie liée à un manque de fer. [1] Parmi les autres situations étudiées figurent la suspicion ou le suivi d’une maladie de Crohn du grêle, une tumeur ou une polypose, une diarrhée ou une douleur inexpliquée, une maladie cœliaque et certaines anomalies détectées par une vidéocapsule ou une imagerie. [1] [2] Dans la maladie cœliaque, l’entéroscopie n’est pas présentée comme l’examen diagnostique initial, mais elle peut être utilisée lorsqu’une complication est suspectée. [1]

Quelle est sa place par rapport à la vidéocapsule ?

La vidéocapsule endoscopique est un examen diagnostique non invasif, tandis que l’entéroscopie permet en plus d’effectuer des prélèvements et des gestes thérapeutiques. [1] Dans l’exploration d’un saignement digestif inexpliqué, la vidéocapsule est généralement présentée comme l’examen de première intention en l’absence de contre-indication telle qu’un syndrome occlusif. [1] Ses résultats peuvent ensuite guider la voie d’introduction de l’entéroscope vers la zone suspecte. [1] L’entéroscopie est donc souvent un examen complémentaire destiné à confirmer une lésion, à la biopsier ou à la traiter plutôt qu’un remplacement systématique de la vidéocapsule. [1]

Quels prélèvements ou traitements peuvent être réalisés ?

Des biopsies peuvent être prélevées sur des ulcérations, une zone inflammatoire ou une lésion suspecte afin de contribuer au diagnostic. [1] Une lésion vasculaire responsable d’un saignement peut notamment faire l’objet d’une hémostase endoscopique. [1] [3] Selon l’indication, l’entéroscopie peut aussi permettre la résection de certains polypes, la dilatation d’un rétrécissement ou le retrait d’une vidéocapsule bloquée en amont d’une sténose. [1] La réalisation d’un traitement n’est pas automatique, car elle dépend de ce qui est découvert et de la faisabilité du geste endoscopique. [1] [3]

Préparation et anesthésie : ce qui est documenté

Le document professionnel français disponible, publié en 2018, indique que les entéroscopies étaient réalisées en France sous anesthésie générale. [1] Il précise également qu’une préparation colique standard est nécessaire lorsque l’examen est effectué par voie rétrograde. [1] La procédure nécessite habituellement l’intervention d’un endoscopiste et l’aide d’un infirmier ou d’un second médecin. [1] [3] Les passages disponibles ne permettent pas de détailler de façon sûre le jeûne, la gestion des médicaments ou les autres précautions individuelles avant l’examen. [1]

Quelles sont les performances et les limites de l’examen ?

Une méta-analyse consacrée à l’entéroscopie simple ballon diagnostique a estimé sa rentabilité diagnostique globale à 62,3 %, ce qui correspond à la proportion de patients chez lesquels une anomalie significative a été trouvée dans les études incluses. [2] Ce pourcentage ne prédit pas le résultat d’un patient particulier, car les performances variaient selon l’indication et les caractéristiques des études. [2] Dans cette méta-analyse, le taux regroupé d’exploration complète de l’intestin grêle était de 21,9 %, avec une forte hétérogénéité entre les études. [2] Les comparaisons disponibles retrouvent généralement des performances diagnostiques et thérapeutiques proches entre simple et double ballon, mais certains essais ont observé davantage d’explorations complètes avec le double ballon. [1] [2] [3]

Quels sont les risques connus ?

Les effets indésirables possibles de l’entéroscopie simple ballon comprennent notamment une douleur ou une gêne abdominale, des nausées, des vomissements, un ballonnement, une lésion de la muqueuse ou un effet lié à l’anesthésie. [2] Les complications graves rapportées comprennent la perforation, la pancréatite aiguë et l’hémorragie importante. [1] [2] [3] Dans la méta-analyse des procédures diagnostiques par simple ballon, le taux descriptif d’événements indésirables graves était de 0,5 % et celui des événements légers de 2,5 %. [2] Les interventions thérapeutiques peuvent exposer à un risque différent de celui d’une exploration seulement diagnostique, notamment lorsqu’une dilatation ou une résection de polype est réalisée. [1] Les documents disponibles ne décrivent pas les symptômes qui doivent conduire à un recours urgent après la sortie ni l’action à entreprendre dans cette situation. [1] [2]

Sources et références

[1] Entéroscopie : techniques et indications – FMC-HGE

www.fmcgastro.org · Consulté le 2026-09-11

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Spécialités médicales concernées

Gastro-entérologue et hépatologue
Chirurgien viscéral et digestifOption : endoscopie chirurgicale