Capacité de diffusion pulmonaire : déroulement et interprétation de la DLCO

La capacité de diffusion pulmonaire est une mesure réalisée au cours des explorations fonctionnelles respiratoires pour évaluer le passage des gaz entre les alvéoles pulmonaires et le sang. [2] [3] Elle est le plus souvent évaluée par la capacité de diffusion du monoxyde de carbone, appelée DLCO, ou facteur de transfert du monoxyde de carbone, appelé TLCO. [3] Cet examen renseigne indirectement sur la capacité des poumons à transférer l’oxygène de l’air inspiré vers la circulation sanguine. [1] [2] [3] Un résultat bas ou élevé n’établit pas à lui seul un diagnostic : il doit être interprété avec les symptômes, les autres mesures respiratoires et, si nécessaire, l’imagerie ou d’autres examens. [3]
Ce que mesure la capacité de diffusion pulmonaire
Les alvéoles sont de petites structures pulmonaires où l’air se trouve au contact d’un réseau de capillaires sanguins, dont il est séparé par une membrane. [3] La diffusion d’un gaz dépend notamment de la surface d’échange disponible, de l’épaisseur de cette membrane et du volume de sang présent dans les capillaires pulmonaires. [3] Le test utilise une très faible quantité de monoxyde de carbone, car ce gaz se fixe fortement sur l’hémoglobine des globules rouges et permet d’étudier le transfert alvéolo-capillaire. [3] La quantité employée pour la mesure est décrite comme très inférieure aux niveaux nocifs. [3]
La DLCO ne mesure pas la même chose que la spirométrie, qui évalue les volumes d’air mobilisables et la vitesse à laquelle l’air peut être expiré. [1] [2] Elle se distingue aussi de la pléthysmographie, utilisée pour mesurer l’ensemble des volumes pulmonaires, y compris l’air restant après une expiration maximale. [1] [2] Ces mesures sont complémentaires et peuvent être réunies au cours d’une même exploration fonctionnelle respiratoire. [1] [2] [3]
Pourquoi cet examen peut être demandé
La mesure de la diffusion peut contribuer à l’évaluation d’un essoufflement, d’un manque d’oxygène dans le sang ou d’une maladie pulmonaire obstructive, restrictive, interstitielle ou vasculaire. [3] Elle est notamment utile dans l’emphysème, la fibrose pulmonaire, les pathologies interstitielles et l’hypertension artérielle pulmonaire. [2] [3] Elle peut aider à préciser la cause d’une anomalie lorsque la spirométrie et la mesure des volumes pulmonaires ne suffisent pas à expliquer les symptômes. [3] Par exemple, une DLCO basse malgré une spirométrie et des volumes pulmonaires normaux peut conduire le médecin à rechercher une atteinte vasculaire pulmonaire, une maladie interstitielle débutante ou une anémie. [3]
La DLCO peut aussi servir de valeur de référence puis être répétée pour suivre l’évolution d’une maladie ou les effets d’un traitement susceptible d’atteindre les poumons. [1] [2] [3] Elle peut faire partie d’un bilan avant une chirurgie pulmonaire afin d’aider à évaluer le risque opératoire et la fonction respiratoire disponible. [1] [2] [3]
Comment se préparer à la mesure
Le service qui réalise l’examen doit préciser les consignes adaptées à votre situation. [1] Signalez tous les médicaments que vous prenez, y compris les traitements respiratoires et ceux obtenus sans ordonnance. [1] Le tabagisme récent peut diminuer la DLCO, et les documents disponibles recommandent généralement de ne pas fumer le jour de l’examen ou au moins pendant les quatre heures qui le précèdent. [1] [3] Un effort physique avant le test peut également modifier la mesure. [3] Des vêtements amples facilitent les mouvements respiratoires, tandis qu’un repas lourd peut rendre les inspirations profondes plus difficiles. [1] Si vous utilisez de l’oxygène, informez-en impérativement l’équipe afin qu’elle vous indique quoi faire avant la mesure, car l’oxygène supplémentaire peut modifier la DLCO. [1] [3]
Prévenez également le service en cas d’infarctus récent, d’intervention chirurgicale récente, d’infection récente, de détresse respiratoire importante ou de douleur thoracique, abdominale, buccale ou faciale. [3] Dans ces situations, l’équipe doit évaluer si l’examen peut être réalisé et à quel moment. [3]
Déroulement du test de diffusion
La méthode la plus courante est celle d’une inspiration unique suivie d’une brève apnée. [3] Vous êtes généralement assis, avec un pince-nez, et vous respirez par un embout relié à l’appareil. [1] [2] [3] Après avoir expiré complètement, vous inspirez rapidement un mélange contenant une faible concentration de monoxyde de carbone et un gaz traceur. [3] Vous retenez ensuite votre souffle pendant environ dix secondes, puis vous expirez complètement dans l’appareil. [1] [3] L’appareil analyse la différence entre les concentrations inspirées et expirées afin d’estimer la quantité de gaz passée dans le sang. [1] [3] La manœuvre est répétée pour vérifier que les résultats sont suffisamment reproductibles. [2] [3]
La mesure est non invasive et habituellement indolore. [2] [3] Certaines personnes peuvent néanmoins ressentir un étourdissement pendant les manœuvres respiratoires. [3] La gazométrie artérielle est un examen différent : elle nécessite une ponction dans une artère pour mesurer directement les gaz du sang. [2]
Comment le résultat est calculé et présenté
La DLCO résulte principalement de deux composantes : le volume alvéolaire accessible au gaz, noté VA, et la vitesse de captation du monoxyde de carbone pour ce volume, notée KCO. [3] Le compte rendu peut donc présenter la DLCO, le VA et le KCO, ce dernier pouvant aussi apparaître sous la forme DLCO/VA. [3] Ces paramètres ne sont pas interchangeables : une variation du volume pulmonaire accessible peut modifier la DLCO et le KCO de façons différentes. [3] Le résultat est comparé à une distribution de référence tenant compte des caractéristiques de la personne, et le score z permet une comparaison plus homogène entre les âges et les sexes que le seul pourcentage de la valeur prédite. [3]
Que peut signifier une DLCO basse ou élevée
Une DLCO basse peut traduire une diminution de la surface d’échange, un épaississement ou une atteinte de la membrane alvéolo-capillaire, une réduction du volume sanguin capillaire ou une quantité insuffisante d’hémoglobine. [3] Elle peut notamment être observée dans l’emphysème, les maladies pulmonaires interstitielles, certaines maladies vasculaires pulmonaires et l’anémie. [2] [3] Lorsque les volumes pulmonaires sont bas, une DLCO également basse oriente davantage vers une atteinte interstitielle, tandis qu’une DLCO conservée peut faire envisager une cause extrapulmonaire de la restriction. [3] Cette distinction reste une orientation clinique et non une preuve suffisante d’une maladie précise. [3]
Une DLCO supérieure à la valeur attendue peut notamment être associée à l’asthme, à une augmentation du nombre de globules rouges, à une obésité importante, à une hémorragie pulmonaire ou à certaines situations augmentant le volume sanguin pulmonaire. [3] Une valeur élevée peut parfois masquer une autre affection qui aurait normalement tendance à réduire la diffusion. [3]
Facteurs pouvant fausser ou modifier l’interprétation
Le tabagisme récent tend à abaisser la DLCO, notamment parce qu’il augmente la quantité de monoxyde de carbone déjà fixée sur l’hémoglobine. [3] L’anémie peut également diminuer le résultat, ce qui peut justifier de connaître le taux d’hémoglobine afin d’ajuster l’interprétation. [3] L’altitude, l’exercice, la position du corps, l’oxygène supplémentaire et certaines manœuvres respiratoires peuvent aussi influencer la mesure. [3] Une inspiration insuffisante, une fuite autour de l’embout ou une apnée mal réalisée peuvent rendre le résultat moins fiable, car la qualité de la mesure dépend de l’exécution correcte et reproductible des manœuvres. [2] [3]
Une DLCO normale n’exclut pas à elle seule une baisse de l’oxygène sanguin pendant l’effort. [3] La décision de prescrire de l’oxygène ne repose donc pas sur la seule DLCO et nécessite de confirmer la désaturation par une mesure adaptée, comme l’oxymétrie ou les gaz du sang. [3] Pour comprendre votre compte rendu, demandez au médecin de replacer la DLCO, le VA et le KCO dans le contexte de vos symptômes, de votre taux d’hémoglobine et des autres résultats respiratoires. [3]
Sources et références
[1] Tests de la fonction respiratoire | Société canadienne du cancer
cancer.ca · Consulté le 2026-09-15
[2] Exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) / Spirométrie | Fiche santé HCL
www.chu-lyon.fr · Consulté le 2026-09-15
[3] Diffusing Capacity of the Lungs for Carbon Monoxide - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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