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Embolie : comprendre l’embolie pulmonaire, gazeuse et amniotique

Le mot « embolie » recouvre des situations différentes selon ce qui circule dans le sang, le territoire atteint et le contexte de survenue. [1] [2] [3] Cette fiche ne présente pas toutes les embolies : elle se limite à l’embolie pulmonaire généralement liée à un caillot veineux, à l’embolie gazeuse artérielle décrite notamment en plongée et à l’embolie amniotique survenant dans un contexte obstétrical. [1] [2] [3] L’embolie pulmonaire correspond le plus souvent à l’obstruction d’une artère des poumons par un caillot provenant d’une thrombose veineuse, appelée aussi phlébite. [1] L’embolie gazeuse artérielle est provoquée par des bulles d’air qui obstruent la circulation vers des organes, notamment après certains accidents de plongée. [3] Malgré son nom, l’embolie amniotique, qui survient dans un contexte obstétrical, n’est pas considérée comme une obstruction mécanique ; elle serait plutôt liée à une réaction inflammatoire maternelle après exposition à des antigènes fœtaux. [2] Les signes, les examens et les traitements de ces formes ne sont donc pas interchangeables. [1] [2] [3]

Comment se forme une embolie pulmonaire ?

Dans l’embolie pulmonaire habituelle, un caillot se forme dans une veine, généralement au niveau d’une jambe, puis se détache et remonte jusqu’au cœur. [1] Le ventricule droit propulse ensuite le caillot dans les artères pulmonaires, où il finit par se bloquer dans un vaisseau devenu trop étroit. [1] La partie du poumon lésée ne peut alors plus contribuer normalement à l’oxygénation de l’organisme. [1] Une forme grave peut provoquer une diminution importante de l’oxygène dans le sang et mettre en difficulté le ventricule droit du cœur. [1] La gravité dépend aussi de l’état cardiaque et respiratoire antérieur de la personne. [1]

Plus rarement, l’obstruction pulmonaire peut être due à un fragment de plaque d’athérome, à du matériel infectieux ou parasitaire, à de la graisse après une fracture, à des cellules tumorales ou à un mécanisme amniotique. [1] En France, 48 489 personnes ont été hospitalisées pour une embolie pulmonaire en 2022. [1]

Quels sont les facteurs favorisant une embolie pulmonaire ?

Le risque augmente notamment après certaines interventions chirurgicales, un traumatisme ou une fracture, ainsi qu’en cas d’alitement ou d’immobilisation prolongés. [1] Un cancer, une insuffisance cardiaque, un infarctus du myocarde, un antécédent de phlébite, le surpoids ou l’obésité peuvent également favoriser sa survenue. [1] D’autres facteurs comprennent certains troubles héréditaires de la coagulation et certains traitements, dont la chimiothérapie. [1] Chez les femmes, la grossesse, la contraception orale et le traitement hormonal de la ménopause font partie des contextes de risque décrits. [1] Un facteur de risque ne signifie toutefois pas qu’une embolie va nécessairement survenir, et environ la moitié des événements thromboemboliques veineux sont considérés comme spontanés. [4]

Quels signes peuvent évoquer une embolie pulmonaire ?

Les symptômes peuvent apparaître soudainement sous la forme d’une douleur d’un côté du thorax, augmentée par l’inspiration, et d’une difficulté à respirer avec une respiration rapide et courte. [1] Une toux ou des crachats contenant du sang sont parfois présents. [1] Les manifestations peuvent aussi être peu intenses ou peu spécifiques, avec une gêne respiratoire progressive ou une douleur modérée. [1] Elles doivent particulièrement alerter après une intervention chirurgicale, une immobilisation récente ou dans le contexte d’un cancer en cours de traitement. [1] Un malaise, une perte de connaissance, une accélération du rythme cardiaque, une tension artérielle basse, des extrémités froides, des marbrures ou des lèvres bleues peuvent accompagner une forme grave. [1]

En présence de symptômes évoquant une embolie pulmonaire, particulièrement lorsqu’il existe des facteurs de risque, appelez immédiatement le 15 ou le 112. [1] Indiquez au service d’urgence les signes observés, l’état de conscience de la personne, l’heure d’apparition des premiers symptômes et l’adresse exacte. [1] Après l’appel, restez auprès de la personne, installez-la en position semi-assise et empêchez-la de bouger en attendant les directives ou l’arrivée des secours. [1] Les personnes ayant des difficultés à entendre ou à parler peuvent communiquer avec le service d’urgence par SMS ou fax au 114. [1]

Comment l’embolie pulmonaire est-elle diagnostiquée ?

Les symptômes ne suffisent pas à confirmer une embolie pulmonaire, car ils peuvent être discrets ou communs à d’autres problèmes de santé. [1] À l’hôpital, le médecin examine la personne, recherche les facteurs de risque, évalue les signes de gravité et vérifie si les mollets présentent des signes de phlébite. [1] Le dosage sanguin des D-dimères recherche des traces biologiques associées à la présence d’un caillot, mais un résultat élevé peut aussi s’observer dans d’autres problèmes de santé. [1] L’interprétation des D-dimères dépend notamment de l’âge et de la situation clinique. [1] Selon le cas, le bilan peut comprendre un angioscanner pulmonaire, une analyse des gaz du sang, une échographie cardiaque, une scintigraphie pulmonaire ou un écho-Doppler des veines des jambes. [1] Ces examens servent à confirmer l’obstruction, à rechercher une thrombose veineuse et à mesurer les conséquences de l’embolie sur les poumons et le cœur. [1]

Quels sont les principes du traitement de l’embolie pulmonaire ?

Le traitement dépend de la gravité de l’embolie pulmonaire et de l’état général du patient. [1] Un traitement anticoagulant est mis en place quelle que soit la gravité afin de limiter l’extension du caillot et de prévenir une récidive. [1] Pour une embolie de faible ou moyenne gravité sans choc ni hypotension artérielle, l’anticoagulation peut suffire. [1] La thrombolyse consiste à injecter un médicament par voie intraveineuse pour dissoudre rapidement le caillot et restaurer la circulation pulmonaire. [1] Elle est réservée aux embolies pulmonaires graves avec choc ou hypotension, car elle expose notamment à un risque d’hémorragie et comporte plusieurs contre-indications. [1] L’embolectomie chirurgicale, qui retire le caillot, est réservée aux formes graves lorsque la thrombolyse échoue ou ne peut pas être utilisée. [1] Dans certains cas, un traitement par cathéter peut constituer une alternative à l’intervention chirurgicale. [1]

Quels risques persistent après une embolie pulmonaire ?

La maladie veineuse thromboembolique peut devenir chronique et s’accompagner d’un risque de récidive ou de séquelles. [4] Après une embolie pulmonaire, des séquelles pulmonaires peuvent provoquer une difficulté respiratoire persistante et parfois évoluer vers une hypertension pulmonaire thromboembolique chronique. [4] L’anticoagulation vise notamment à prévenir une nouvelle embolie, mais ses modalités dépendent du traitement retenu et de la situation du patient. [1]

Comment réduire le risque de thrombose veineuse ?

La prévention de l’embolie pulmonaire repose principalement sur la prévention de la phlébite, qui en est la cause la plus fréquente. [1] Les mesures proposées comprennent la limitation de l’alitement prolongé et une reprise aussi précoce que possible des déplacements après une immobilisation. [1] Lors d’un voyage en avion, il est conseillé de boire de l’eau, d’éviter l’alcool et de marcher dans les couloirs. [1] En présence de facteurs de risque, le médecin peut conseiller la patiente et adapter si nécessaire sa contraception ou son traitement hormonal. [1] Lorsqu’une phlébite est diagnostiquée, un anticoagulant est prescrit pour prévenir la migration du caillot vers les poumons. [1] Un filtre placé dans la veine cave est réservé aux patients chez lesquels les anticoagulants sont contre-indiqués. [1]

Qu’est-ce qu’une embolie gazeuse artérielle ?

L’embolie gazeuse artérielle survient lorsque des bulles d’air présentes dans une artère atteignent un organe et obstruent de petits vaisseaux. [3] Elle peut faire suite à un barotraumatisme pulmonaire ou à un accident de décompression chez un plongeur. [3] Le cerveau est fréquemment atteint, mais les bulles peuvent également toucher le cœur, la peau ou les reins. [3] Dans les minutes suivant le retour à la surface, le plongeur peut présenter une confusion, une paralysie partielle, une perte de sensibilité, des convulsions ou une perte de connaissance. [3] Une forme grave peut provoquer un choc et entraîner le décès. [3]

Toute perte de connaissance pendant ou peu après la remontée d’un plongeur doit faire présumer une embolie gazeuse artérielle et conduire à un traitement sans délai. [3] La personne doit être allongée, recevoir immédiatement de l’oxygène et être conduite le plus tôt possible vers un caisson de recompression. [3] Les examens d’imagerie éventuellement réalisés ne sont pas toujours fiables et ne doivent pas retarder le traitement hyperbare. [3]

Qu’est-ce qu’une embolie amniotique ?

L’embolie amniotique est un syndrome obstétrical rare associant une diminution de l’oxygénation, une chute de la tension artérielle et un trouble grave de la coagulation. [2] Elle survient généralement pendant ou peu après le travail et l’accouchement, même si elle peut aussi se produire lors d’une interruption de grossesse. [2] Le premier signe peut être un arrêt cardiaque soudain. [2] D’autres patientes présentent brutalement une difficulté respiratoire, une respiration ou un rythme cardiaque accélérés et une hypotension. [2] Le trouble de la coagulation peut se manifester par des saignements utérins ou des saignements aux sites d’incision et de ponction. [2]

Le diagnostic est clinique et repose aussi sur l’exclusion d’autres causes d’arrêt cardiaque, d’insuffisance respiratoire aiguë ou d’hémorragie. [2] Cette urgence potentiellement mortelle nécessite immédiatement une équipe expérimentée en soins obstétricaux et intensifs. [2] La prise en charge vise notamment à soutenir la respiration et la circulation, à pratiquer une réanimation si nécessaire et à corriger l’hémorragie et les troubles de la coagulation. [2]

Sources et références

[1] Embolie pulmonaire | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[4] Article - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

beh.santepubliquefrance.fr · Consulté le 2026-09-15

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Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Chirurgien thoracique et cardio-vasculaire
Médecin vasculaire, angiologue, phlébologue