Dysplasie campomélique : signes, diagnostic, prise en charge et suivi

La dysplasie campomélique, également appelée dysplasie campomélique liée à SOX9, est une maladie génétique rare qui perturbe principalement le développement du squelette. [1] Elle se caractérise notamment par des membres courts, souvent incurvés, des anomalies de la face, une séquence de Pierre Robin avec fente palatine, des pieds bots et différentes anomalies du rachis. [1] La maladie peut aussi provoquer une instabilité des voies respiratoires ou du rachis cervical, ce qui explique sa gravité fréquente dès la période néonatale. [1] Cependant, sa présentation est variable et certains enfants survivent au-delà de la période néonatale, parfois jusqu’à l’âge adulte dans les formes les plus modérées. [1]
Quels sont les principaux signes de la dysplasie campomélique ?
Les signes squelettiques comprennent des membres courts et une incurvation touchant surtout les fémurs et les tibias, plus rarement les membres supérieurs. [1] Des pieds bots, des hanches luxables, des omoplates peu développées, des ailes iliaques étroites et des anomalies des vertèbres cervicales ou thoraciques peuvent également être observés. [1] Le visage peut associer une tête relativement grande, un étage moyen peu développé, des yeux proéminents et une séquence de Pierre Robin. [1] La séquence de Pierre Robin correspond ici à une association comprenant notamment une petite mâchoire inférieure et une fente palatine. [1]
Une laryngotrachéomalacie ou une trachéobronchomalacie peut rendre les voies aériennes instables et entraîner une détresse ou une insuffisance respiratoire. [1] Chez les personnes ayant un caryotype 46,XY, les organes génitaux externes peuvent être ambigus ou avoir une apparence féminine. [1] Une déficience auditive et certaines malformations cardiaques congénitales ont aussi été rapportées. [1] Aucun signe isolé n’est obligatoire, et l’incurvation des membres n’est ni constante ni propre à cette maladie. [1]
Forme classique, forme acampomélique et maladies voisines
Le mot « campomélique » fait référence à l’incurvation des membres, mais celle-ci peut être absente. [1] Lorsque les membres ne sont pas incurvés, la maladie est appelée dysplasie campomélique acampomélique. [1] Cette forme appartient au même spectre lié à SOX9 et ne constitue pas une maladie sans rapport avec la dysplasie campomélique. [1] Le syndrome ischiopubien-patellaire est désormais considéré comme une forme légère de ce spectre, avec une atteinte surtout localisée au bassin et aux jambes et une survie possible à l’âge adulte. [1]
Une incurvation des os observée avant la naissance peut également évoquer une ostéogenèse imparfaite, une hypophosphatasie, une dysplasie thanatophore ou une hypoplasie cartilage-cheveux. [1] Après la naissance, certaines anomalies du visage, du palais et des membres peuvent faire discuter une dysplasie spondyloépiphysaire congénitale ou un syndrome de Stickler. [1] Les radiographies et, selon la situation, les analyses génétiques servent à distinguer ces affections. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Il n’existe pas de critères cliniques diagnostiques consensuels publiés pour la dysplasie campomélique. [1] Le diagnostic repose généralement sur l’association des signes cliniques et des caractéristiques observées sur les radiographies. [1] Les anomalies radiographiques sont les indices les plus fiables, notamment celles du rachis cervical, des omoplates, des vertèbres thoraciques, du bassin, des fémurs et des tibias. [1] Un variant pathogène hétérozygote de SOX9 ou une anomalie chromosomique touchant ce gène ou sa région régulatrice peut confirmer le diagnostic. [1] En revanche, un variant de SOX9 classé de signification incertaine ne suffit ni à confirmer ni à exclure la maladie. [1]
Le choix de l’analyse peut porter sur SOX9, sur un panel de gènes de dysplasies squelettiques, sur une analyse chromosomique ou sur une étude plus large du génome. [1] Ce choix dépend de la précision des signes cliniques et radiographiques ainsi que de leur ressemblance avec d’autres maladies génétiques. [1] La maladie peut être suspectée pendant la grossesse devant une petite mâchoire, des membres courts et incurvés, des omoplates peu développées ou une augmentation de la clarté nucale. [1] Toutefois, l’échographie seule permet souvent difficilement d’identifier précisément le type de dysplasie squelettique. [1]
Évolution et complications possibles
De nombreux nouveau-nés atteints décèdent peu après la naissance en raison d’une insuffisance respiratoire. [1] Dans cette maladie, la défaillance respiratoire est surtout reliée à l’instabilité des voies aériennes ou du rachis cervical plutôt qu’à une cage thoracique trop petite. [1] Chez les survivants, une scoliose ou une cyphoscoliose peut progresser, réduire davantage la taille et provoquer des manifestations neurologiques. [1] Une malformation ou une instabilité des vertèbres cervicales peut comprimer la moelle épinière et menacer les fonctions neurologiques. [1] L’histoire naturelle à long terme reste difficile à généraliser, car peu de survivants ont été décrits. [1]
Quels soins et quelle surveillance sont proposés ?
Après le diagnostic, l’évaluation recherche notamment une instabilité respiratoire, une anomalie du rachis cervical, une fente palatine, des pieds bots et une déficience auditive. [1] La fente palatine nécessite une évaluation craniofaciale comprenant l’alimentation et peut relever d’une fermeture chirurgicale. [1] Les pieds bots et les luxations de hanche sont pris en charge selon une évaluation orthopédique adaptée à chaque enfant. [1] Une déficience auditive peut nécessiter des aides auditives. [1]
Une instabilité cervicale ou une cyphoscoliose cervicothoracique progressive peut nécessiter une intervention chirurgicale, notamment lorsque la fonction pulmonaire est compromise. [1] Lorsqu’une anomalie cervicale est connue, des précautions particulières sont nécessaires au cours de toute intervention chirurgicale. [1] Chez les survivants à long terme, une évaluation clinique et radiographique annuelle de la courbure du rachis est recommandée. [1] Chez une personne d’apparence féminine ayant un caryotype 46,XY, l’ablation des gonades fait partie des conduites décrites en raison d’un risque accru de gonadoblastome. [1] La synthèse disponible ne précise pas l’âge approprié pour cette intervention, qui nécessite donc une décision spécialisée individualisée. [1]
Transmission génétique et projets de grossesse
La dysplasie campomélique se transmet selon un mode autosomique dominant, mais elle résulte le plus souvent d’une anomalie génétique apparue de novo chez la personne atteinte. [1] Les parents ne sont donc généralement pas atteints, bien que des formes légères et des mosaïcismes parentaux aient été rapportés. [1] L’étude ciblée des parents peut préciser le risque de récurrence lorsqu’un variant de SOX9 ou un remaniement chromosomique a été identifié chez l’enfant. [1] Le risque pour une autre grossesse dépend du mécanisme génétique et ne peut pas être déduit de la seule absence d’antécédents familiaux. [1] Lorsqu’un variant familial de SOX9 ou un remaniement chromosomique familial est connu, un diagnostic prénatal peut être envisagé. [1] Un conseil génétique permet d’interpréter les résultats, d’estimer le risque familial et de discuter les possibilités avant ou pendant une grossesse. [1]
Sources et références
[1] Campomelic Dysplasia - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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