Crise épileptique : signes, gestes utiles, urgence et diagnostic

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Une crise épileptique est un épisode transitoire provoqué par une augmentation soudaine et désordonnée de l’activité électrique du cerveau. [3] Elle ne se résume pas aux convulsions : selon les régions cérébrales concernées, elle peut provoquer des secousses, des sensations inhabituelles, une rupture du contact, des automatismes ou une perte de connaissance. [2] Une crise isolée n’est pas à elle seule synonyme d’épilepsie, car certaines crises surviennent ponctuellement lors d’une anomalie métabolique, d’une intoxication, d’un sevrage ou de la prise de certains médicaments. [3] [2] Lorsqu’une personne convulse, il faut avant tout la protéger sans bloquer ses mouvements, puis appeler le 15 ou le 112 si la crise dépasse cinq minutes, se répète sans retour à la normale ou si l’inconscience persiste plus de dix minutes. [2]
Crise épileptique et épilepsie : quelle différence ?
L’épilepsie est une maladie chronique du cerveau associant une prédisposition à produire des crises épileptiques et, selon les personnes, des conséquences cognitives, psychologiques ou sociales. [3] Il existe de nombreuses maladies épileptiques, qui diffèrent notamment par l’âge de début, la cause, la nature et la fréquence des crises ainsi que la réponse au traitement. [3] Une crise est dite focale lorsque l’activité électrique anormale reste localisée dans une zone du cerveau appelée foyer épileptogène. [3] Une crise généralisée met d’emblée en jeu plusieurs zones réparties dans les deux hémisphères cérébraux. [2]
Quels signes peuvent révéler une crise épileptique ?
Une crise focale peut entraîner des secousses limitées à un bras ou à une moitié du corps, des fourmillements, une déviation de la tête et des yeux ou des gestes répétitifs inhabituels. [2] Elle peut aussi se manifester par un trouble du langage, une impression de déjà-vu, une peur soudaine ou des perceptions visuelles, auditives, gustatives ou olfactives sans stimulus correspondant. [2] La conscience peut rester préservée, ce qui permet à la personne de décrire l’épisode du début à la fin. [2] Lorsqu’elle est altérée, la personne peut rompre le contact avec son environnement, effectuer des gestes automatiques et ne garder aucun souvenir de l’épisode. [2]
La crise généralisée tonico-clonique provoque une perte de connaissance complète, une contraction de l’ensemble des muscles, puis des secousses musculaires diffuses. [2] La phase de relâchement qui suit peut s’accompagner d’une respiration bruyante et parfois d’une perte d’urines. [2] La reprise de conscience est généralement progressive et la personne ne se souvient pas de la crise. [2] Les absences, plus fréquentes chez l’enfant, interrompent brutalement l’activité pendant quelques secondes avec un regard fixe et une absence de réponse, puis l’activité reprend sans souvenir de l’épisode. [2] Les myoclonies sont des secousses musculaires bilatérales et symétriques qui peuvent survenir alors que la conscience est conservée. [2]
Comment protéger une personne qui convulse ?
Allongez la personne sur le côté en position latérale de sécurité et dégagez l’espace autour d’elle pour limiter le risque de blessure. [2] Protégez sa tête avec un objet souple, desserrez les vêtements au niveau du col ou de la ceinture et retirez éventuellement ses lunettes. [2] Ne déplacez pas la personne pendant la crise, sauf si elle se trouve exposée à un danger immédiat. [2] N’essayez pas de retenir les mouvements convulsifs. [2] Ne mettez rien dans sa bouche et ne lui donnez pas à boire pendant la crise. [2]
Une crise peut provoquer une chute, un traumatisme ou une noyade si elle survient pendant une baignade. [1] Une fausse route avec inhalation de liquide gastrique peut également causer des lésions pulmonaires. [1]
Quand une crise épileptique est-elle une urgence ?
Appelez le 15 ou le 112 si une crise convulsive dure plus de cinq minutes. [2] Appelez également les secours si les crises se répètent sans retour à la normale entre les épisodes. [2] Un appel aux secours est aussi nécessaire si la personne reste inconsciente plus de dix minutes. [2] Une crise généralisée dépassant cinq minutes ou une succession de crises sans reprise de conscience peut correspondre à un état de mal épileptique. [1] L’état de mal épileptique est une urgence médicale en raison notamment des risques de détresse respiratoire et de séquelles neurologiques. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic peut être délicat, car une syncope, une attaque de panique, une migraine ou un malaise lié à une hypoglycémie peuvent produire des manifestations ressemblant à celles d’une crise épileptique. [2] Le médecin interroge la personne et les témoins sur les circonstances, le déroulement précis de l’épisode et les traitements habituellement pris. [2] Une vidéo enregistrée par l’entourage peut aider au diagnostic, notamment chez l’enfant. [2] L’examen recherche notamment des blessures, une morsure de langue, de la fièvre, une confusion après la crise ou d’autres anomalies neurologiques. [2]
L’électroencéphalogramme, ou EEG, enregistre l’activité électrique du cerveau à l’aide d’électrodes placées sur le cuir chevelu. [2] Il aide à caractériser le type d’épilepsie et à localiser un éventuel foyer épileptogène. [2] Un EEG normal n’exclut pas une épilepsie et une anomalie du tracé peut avoir une autre origine. [2] Lorsque la suspicion clinique reste forte malgré un premier EEG normal, un enregistrement prolongé ou réalisé pendant le sommeil peut être demandé. [2] Selon le contexte, le bilan peut aussi comprendre des analyses sanguines, un électrocardiogramme et une IRM cérébrale ou, à défaut, un scanner. [2]
Quelles causes sont recherchées après une crise ?
Une crise isolée peut être favorisée par une hypoglycémie, un taux sanguin insuffisant de sodium ou de calcium, une intoxication ou une substance épileptogène. [3] Le médecin recherche aussi des circonstances particulières comme une convulsion fébrile de l’enfant ou un sevrage d’alcool. [2] Lorsqu’une épilepsie est suspectée, le bilan peut rechercher une lésion cérébrale liée notamment à un accident vasculaire cérébral, un traumatisme crânien, une tumeur, une malformation ou une infection du système nerveux. [3] Dans certains cas, aucune cause expliquant l’épilepsie n’est retrouvée. [3]
Quels soins et quel suivi en cas d’épilepsie ?
Le traitement d’une épilepsie vise à faire disparaître les crises ou, à défaut, à en réduire la fréquence, la durée et l’intensité tout en restant bien toléré. [6] Les médicaments antiépileptiques sont choisis selon le type de crises et le profil de la personne. [6] Le traitement peut aussi chercher à corriger un facteur favorisant, à traiter une cause accessible et à prendre en charge les conséquences cognitives, psychologiques ou sociales de la maladie. [6] Lorsque des crises persistent malgré un traitement médicamenteux correctement suivi, un nouveau bilan peut conduire à envisager d’autres soins, dont une intervention chirurgicale dans certaines épilepsies pharmacorésistantes. [6]
Le suivi médical évalue la disparition ou la persistance des crises, la tolérance du traitement et l’apparition éventuelle de troubles associés. [5] Chez l’enfant et l’adolescent, il porte également sur le développement physique et psychique ainsi que sur l’intégration scolaire. [5] Il ne faut jamais arrêter un médicament antiépileptique sans en parler au professionnel qui suit le traitement, car cette interruption peut entraîner le retour des crises. [5] Tout symptôme nouveau ou effet indésirable suspecté doit être signalé au médecin. [5] [6]
Comment réduire les risques au quotidien ?
Le respect du traitement prescrit et un sommeil suffisant contribuent à prévenir de nouvelles crises chez une personne épileptique. [5] L’automédication est déconseillée, car certains médicaments peuvent favoriser une crise et les interactions avec les traitements antiépileptiques sont nombreuses. [5] En cas de crises persistantes, préférer les douches aux bains et sécuriser les sources de chaleur ainsi que le mobilier peut limiter les blessures. [4] La natation, l’escalade, la plongée et d’autres activités exposant à un danger particulier en cas de crise nécessitent un avis médical préalable. [4] Une personne sujette aux crises peut porter un document indiquant à son entourage la conduite à tenir en cas d’épisode. [5]
Sources et références
[1] Évolution de l'épilepsie de l'enfant et de l'adulte | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Symptômes et diagnostic de l'épilepsie de l'enfant et de l'adulte | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[3] Épilepsie : définition et causes | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[4] Enfants et adultes : vivre au quotidien avec une épilepsie | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[5] Épilepsie : le suivi médical | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[6] Traitement de l'épilepsie | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
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