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Conjonctivite bactérienne : symptômes, diagnostic, soins et signes d’alerte

La conjonctivite bactérienne est une infection de la conjonctive, la membrane qui recouvre le blanc de l’œil et l’intérieur des paupières. [1] Elle provoque généralement une rougeur, une irritation et des sécrétions épaisses ou purulentes qui peuvent coller les paupières au réveil. [1] [5] Ces signes orientent vers une origine bactérienne, mais ils ne permettent pas toujours de la distinguer avec certitude d’une conjonctivite virale ou d’une autre cause d’œil rouge. [5] En France, les antibiotiques locaux ne sont pas systématiques et le traitement dépend de la gravité, du terrain et de la cause suspectée. [2]

Comment reconnaître une conjonctivite bactérienne ?

La conjonctivite bactérienne commence souvent sur un seul œil avant de s’étendre éventuellement au second. [1] [5] Elle peut entraîner une sensation de grain de sable ou de corps étranger, un larmoiement, une rougeur diffuse et un gonflement modéré des paupières. [1] [5] Les sécrétions sont typiquement jaunes, épaisses ou purulentes et peuvent faire adhérer les cils et les paupières pendant la nuit. [1] [5] À l’inverse, un écoulement clair est davantage rencontré dans les formes virales ou allergiques, tandis que des démangeaisons marquées orientent plutôt vers une allergie. [1] [5] Les manifestations se chevauchent toutefois entre les différentes causes, si bien que l’aspect des sécrétions ne suffit pas à poser soi-même le diagnostic. [5]

Quelles bactéries peuvent être en cause ?

Les conjonctivites bactériennes courantes sont notamment associées à des staphylocoques et à des streptocoques. [1] Certaines formes relèvent cependant de bactéries particulières, notamment Chlamydia trachomatis ou le gonocoque, et nécessitent une prise en charge différente. [1] [5] Chez l’adulte, une conjonctivite à Chlamydia peut être associée à une infection de l’urètre ou du vagin et constitue une infection sexuellement transmissible. [1] Une conjonctivite gonococcique peut produire un écoulement purulent très abondant et un gonflement important des paupières, avec un risque rare mais grave d’ulcération ou de perforation de la cornée. [5]

Chez le nourrisson, l’obstruction des voies lacrymales peut empêcher l’écoulement normal des larmes et favoriser les conjonctivites bactériennes. [1] [2] Un nouveau-né peut également être contaminé pendant l’accouchement lorsque sa mère présente une infection génitale à Chlamydia ou à gonocoque. [1] [5] Les conjonctivites du nouveau-né et du nourrisson doivent être évaluées médicalement, car un traitement antibiotique est indispensable dans ces populations selon l’Assurance Maladie. [2] [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose habituellement sur les symptômes, leur évolution et l’examen de l’œil. [2] [5] Le médecin recherche notamment une baisse de la vision, une douleur, une gêne à la lumière, une maladie oculaire antérieure ou un terrain qui augmente le risque de complication. [2] [4] L’ophtalmologiste peut examiner l’œil à la lampe à fente et utiliser un collyre à la fluorescéine pour rechercher une ulcération de la cornée. [2] Il peut aussi retourner la paupière supérieure afin de vérifier qu’un corps étranger n’explique pas les symptômes. [2] Le prélèvement des sécrétions avec mise en culture n’est pas habituel, mais il peut être indiqué devant des symptômes sévères, une immunodépression, un échec du traitement initial ou un œil particulièrement vulnérable. [2] [5]

Quels soins et traitements sont proposés ?

Des lavages oculaires réguliers au sérum physiologique permettent de nettoyer les sécrétions et font partie des premiers soins. [2] [4] Si les paupières sont collées au réveil, une compresse imbibée d’eau tiède peut aider à décoller doucement les cils. [4] Le recours à un antibiotique local n’est pas systématique dans la conjonctivite bactérienne courante en France. [2] Selon l’Assurance Maladie, un antibiotique local est réservé notamment aux formes graves comportant une gêne à la lumière, un gonflement de l’œil et des paupières ou des sécrétions purulentes importantes. [2] Un traitement antibiotique est également indispensable chez le nouveau-né, le nourrisson et les personnes présentant notamment un diabète, une immunodépression ou une maladie oculaire associée. [2] Les conjonctivites liées à Chlamydia et associées à une infection urogénitale nécessitent un traitement antibiotique local et par voie orale. [2] Le choix du médicament dépend donc de la forme clinique et ne doit pas être remplacé par l’utilisation d’un ancien collyre ou d’un traitement destiné à une autre personne. [2]

Un collyre contenant des corticoïdes ne doit pas être utilisé sans avis médical, car il peut aggraver une infection oculaire, en particulier une kératite herpétique. [2]

Lorsqu’un collyre ou une pommade est prescrit, il faut respecter les modalités d’utilisation indiquées par le médecin et la notice. [2] Les mains doivent être lavées avant l’application et l’embout du flacon ne doit pas toucher l’œil ou les paupières. [2] Une pommade ophtalmique peut brouiller la vision pendant quelques instants après son application. [2]

Comment limiter la transmission ?

La conjonctivite bactérienne est contagieuse et peut être transmise par les mains ou des objets contaminés. [1] [5] Il est recommandé de se laver les mains avant et après avoir touché les yeux ou leurs sécrétions. [3] [4] [5] Il faut éviter de se frotter les yeux et de toucher l’œil non atteint après avoir touché l’œil infecté. [3] [4] [5] Les serviettes et les oreillers ne doivent pas être partagés pendant l’infection. [5] Le maquillage utilisé juste avant l’apparition de la conjonctivite peut avoir été contaminé et devoir être jeté afin d’éviter une nouvelle contamination. [3] [4] Les lentilles de contact doivent être retirées pendant la conjonctivite et ne doivent pas être remises avant la guérison complète. [2] [3] [4] Les lentilles jetables ayant été en contact avec l’œil infecté doivent être remplacées, tandis que les lentilles réutilisables doivent être désinfectées selon les recommandations adaptées. [3] [4]

Quels sont les risques et quand consulter ?

La plupart des conjonctivites guérissent avec des soins locaux et restent sans danger pour la vision en l’absence de complication. [1] Une infection bactérienne peut néanmoins s’étendre à la cornée et provoquer une kératite menaçant la vision. [1] Une kératite peut se manifester par une forte gêne à la lumière, une douleur importante, un larmoiement ou une baisse de la vision. [1] Un œil rouge accompagné d’une douleur ou d’une baisse visuelle peut aussi correspondre à une uvéite, une kératite ou un glaucome aigu plutôt qu’à une simple conjonctivite. [1]

Une consultation ophtalmologique dans la journée est indiquée si l’œil est rouge et douloureux avec une vision floue, si la vision brouillée ne disparaît pas en clignant des paupières ou si la lumière devient insupportable. [4] Cette consultation dans la journée est également indiquée en cas d’œil gonflé avec une fièvre supérieure à 38 °C, de corps étranger ou de produit chimique reçu dans l’œil. [4] Le même délai s’applique lorsque la conjonctivite concerne un enfant de moins de deux ans, une personne diabétique ou immunodéprimée, un œil récemment opéré ou une personne ayant déjà une maladie oculaire. [4]

Un œil rouge peu douloureux dont l’écoulement persiste malgré les lavages au sérum physiologique justifie une consultation médicale dans les jours qui viennent. [4] Chez un porteur de lentilles, la persistance des symptômes après leur retrait justifie également une consultation dans les jours qui viennent. [4] Une absence d’amélioration sous traitement, une récidive, une douleur sévère, des sécrétions très abondantes ou une atteinte de la cornée nécessitent une réévaluation ophtalmologique. [5]

Sources et références

[1] Reconnaître une conjonctivite | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[2] Conjonctivite : consultation et traitement | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

[3] Prévenir la conjonctivite | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

[4] Conjonctivite : que faire et quand consulter ? | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

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