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Colite lymphocytaire : symptômes, diagnostic, soins et évolution

La colite lymphocytaire est une maladie inflammatoire chronique du côlon qui provoque typiquement une diarrhée aqueuse persistante, sans sang. [2] Elle constitue, avec la colite collagène, l’un des deux principaux sous-types de colite microscopique. [2] Le mot « microscopique » signifie que le diagnostic dépend de l’analyse de prélèvements du côlon au microscope, car l’aspect du côlon peut être normal pendant la coloscopie. [2]

Quels symptômes peut provoquer la colite lymphocytaire ?

La manifestation principale est une diarrhée faite de selles liquides ou aqueuses, habituellement présente depuis plusieurs semaines et sans saignement visible. [2] Des besoins urgents d’aller à la selle, des fuites de selles et des épisodes nocturnes peuvent accompagner la diarrhée. [2] Une gêne ou une douleur abdominale est également rapportée chez une partie des patients. [2] La maladie est surtout diagnostiquée chez des adultes d’âge moyen ou avancé et plus souvent chez les femmes, mais elle peut survenir à d’autres âges et chez les deux sexes. [2]

Ces symptômes ne suffisent pas à reconnaître soi-même une colite lymphocytaire, car une infection digestive, une maladie cœliaque, une autre maladie inflammatoire intestinale ou un syndrome de l’intestin irritable peuvent produire des manifestations proches. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L’évaluation d’une diarrhée chronique recherche d’abord d’autres causes, notamment certaines infections intestinales et la maladie cœliaque. [2] Les analyses de sang peuvent montrer des anomalies non spécifiques, mais elles ne permettent généralement pas de confirmer la colite microscopique. [2] L’examen déterminant est une coloscopie avec plusieurs biopsies, c’est-à-dire de petits prélèvements de la muqueuse, réalisés dans les parties droite et gauche du côlon. [2] Une coloscopie d’apparence normale n’exclut donc pas la maladie. [2]

Au microscope, la colite lymphocytaire se caractérise par une augmentation des lymphocytes dans le revêtement du côlon, avec au moins 20 lymphocytes intraépithéliaux pour 100 cellules épithéliales selon les critères présentés dans la synthèse disponible. [2] Elle se distingue de la colite collagène, qui est définie par l’épaississement d’une bande de collagène située sous l’épithélium. [2] Les deux sous-types provoquent néanmoins des symptômes cliniques très similaires. [2]

Quelles sont les causes et les associations connues ?

Le mécanisme de la colite microscopique reste incertain et paraît associer plusieurs facteurs, dont une réponse immunitaire à des éléments présents dans l’intestin et une possible susceptibilité génétique. [2] Le tabagisme et la prise de certains médicaments, notamment des anti-inflammatoires non stéroïdiens, sont associés à la colite microscopique ou à ses poussées. [2] Des associations ont aussi été observées avec les inhibiteurs de la pompe à protons, les statines et certains antidépresseurs, sans qu’une association permette à elle seule d’attribuer la maladie à un médicament chez une personne donnée. [2] La maladie cœliaque et d’autres maladies à composante auto-immune sont plus fréquemment associées aux colites microscopiques. [2]

Quels sont les principes des soins ?

La prise en charge cherche à faire disparaître les selles aqueuses, à réduire leur fréquence et à améliorer la qualité de vie. [2] Elle comprend une réévaluation avec le médecin des médicaments susceptibles de favoriser la diarrhée ainsi qu’une prise en compte du tabagisme. [2] Un médicament suspect ne doit pas être arrêté de sa propre initiative, car la décision dépend de son indication et des solutions de remplacement possibles. [1] Des médicaments antidiarrhéiques peuvent parfois contrôler les symptômes, mais une cause infectieuse doit être écartée avant leur utilisation dans ce contexte. [2]

Le budésonide est un corticoïde qui agit principalement au niveau intestinal et qui peut être utilisé pour obtenir une rémission d’une colite microscopique active. [1] Une synthèse clinique américaine mise à jour en 2022 présente le budésonide comme le traitement corticoïde privilégié lorsque la diarrhée aqueuse persiste malgré les premières mesures ; elle ne décrit toutefois pas la disponibilité des traitements en France en 2026. [2] Le choix de la formulation, la durée du traitement et une éventuelle diminution progressive relèvent du prescripteur. [1] La fiche française de CORTIMENT 9 mg, mise à jour le 31 août 2026, indique que ce médicament n’est ou ne sera bientôt plus disponible sur le marché et que son autorisation est archivée depuis le 31 mai 2025 ; elle ne renseigne pas la disponibilité d’autres formulations de budésonide. [1] En cas de réponse insuffisante ou de rechutes répétées, d’autres traitements peuvent être discutés, mais les données disponibles sont plus limitées pour plusieurs de ces options. [2]

Quels risques faut-il connaître pendant un traitement par budésonide ?

Même si son action est surtout locale, le budésonide reste un corticoïde et peut provoquer des effets généraux, notamment lors d’une exposition prolongée ou selon la sensibilité individuelle. [1] Les corticoïdes peuvent notamment favoriser les infections, diminuer la production naturelle de cortisol et exposer à des effets oculaires, osseux, métaboliques ou psychiques. [1] Une vision floue ou l’apparition d’un autre trouble visuel pendant une corticothérapie nécessite de contacter le médecin afin qu’un examen ophtalmologique soit envisagé. [1] Les autres médicaments pris, une grossesse éventuelle, les infections, le diabète, l’ostéoporose, le glaucome et les maladies du foie doivent être signalés avant ou pendant ce traitement. [1] Une corticothérapie prescrite ne doit pas être interrompue brutalement sans avis médical. [1]

Quelle est l’évolution de la colite lymphocytaire ?

La colite microscopique suit souvent une évolution chronique intermittente, avec des périodes d’amélioration et des rechutes fréquentes. [2] La diarrhée peut parfois disparaître spontanément et s’améliore souvent en quelques semaines avec un traitement adapté. [2] Le suivi repose notamment sur l’évolution de la fréquence et de la consistance des selles, la tolérance du traitement et la recherche d’une récidive des symptômes. [2] Une modification inhabituelle des symptômes justifie une nouvelle évaluation afin de ne pas attribuer automatiquement toute diarrhée à une rechute. [2] Les données présentées dans la synthèse disponible ne montrent pas d’augmentation du risque de cancer colorectal associée à la colite microscopique. [2]

Sources et références

[1] Base de Données Publique des Médicaments

base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr · Consulté le 2026-09-11

[2] Collagenous and Lymphocytic Colitis - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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