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Colite ischémique : signes, diagnostic, traitement et évolution

La colite ischémique est une lésion du côlon provoquée par une diminution de son apport sanguin. [1] [2] Elle se manifeste fréquemment par une douleur abdominale associée à du sang dans les selles ou à un saignement rectal. [1] [2] [4] Ces symptômes ne permettent toutefois pas de reconnaître à eux seuls la maladie, car des infections et des maladies inflammatoires du côlon peuvent donner un tableau voisin. [1] [4]

Que se passe-t-il dans le côlon ?

La baisse de la circulation sanguine prive temporairement une partie du côlon de l’oxygène et des nutriments dont elle a besoin. [1] [2] [4] L’atteinte concerne le plus souvent la muqueuse et les couches internes de la paroi, où elle peut provoquer un œdème, des ulcères et un saignement. [1] [2] [4] Les formes non gangreneuses peuvent être transitoires et réversibles, tandis que les formes sévères peuvent atteindre toute l’épaisseur de la paroi et entraîner une nécrose. [2] [4]

La colite ischémique doit être distinguée de l’ischémie mésentérique aiguë, dans laquelle l’apport sanguin d’une partie de l’intestin peut être complètement et durablement interrompu. [1] L’ischémie mésentérique aiguë est décrite comme plus dangereuse, et sa physiopathologie comme son traitement diffèrent de ceux de la colite ischémique. [1] [2]

Quels sont les symptômes possibles ?

La douleur abdominale est souvent située dans la partie inférieure gauche de l’abdomen, mais elle peut toucher une autre région. [1] [2] Elle peut apparaître de façon aiguë et prendre la forme de crampes, parfois avec une envie d’aller à la selle. [4] Le saignement peut se traduire par une diarrhée sanglante, des caillots rouge brun ou du sang rouge vif émis sans selles. [1] [4] Une sensibilité de l’abdomen, une distension, des nausées ou des vomissements peuvent également être présents. [4] Une légère fièvre est aussi décrite dans les formes habituelles. [1]

Les manifestations varient selon la partie du côlon concernée et la profondeur de l’atteinte. [4] Une atteinte limitée au côlon droit peut notamment provoquer une douleur importante sans saignement rectal. [4] Dans les formes gangreneuses, une douleur abdominale intense, une défense ou un rebond abdominal, de la fièvre, une diminution des bruits intestinaux ou un état de choc peuvent survenir. [4]

Quelles sont les causes et les situations associées ?

La cause précise de la diminution du débit sanguin n’est pas toujours retrouvée. [1] Les mécanismes non occlusifs, sans obstruction complète d’une grosse artère, prédominent dans les données disponibles. [3] [5] La maladie concerne surtout les personnes âgées et devient plus fréquente avec l’âge. [1] [2] [4] Les maladies cardiovasculaires, l’hypertension, le diabète, les maladies rénales et certains troubles de la coagulation font partie des situations associées décrites. [1] [4] Une colite ischémique peut aussi survenir après une intervention sur l’aorte ou une chirurgie cardiovasculaire. [1] [2] [4]

Des médicaments et substances susceptibles de réduire la perfusion du côlon ou de favoriser une vasoconstriction ont également été associés à la maladie. [3] [4] Une revue de cas a notamment décrit une association rare avec des décongestionnants oraux contenant de la pseudoéphédrine ou de la phényléphrine. [3] Cette revue reposait sur 18 observations publiées, ce qui ne permet pas d’étendre automatiquement cette association à toutes les personnes utilisant ces produits. [3] L’inventaire des traitements prescrits, des produits sans ordonnance et des substances consommées fait donc partie des informations utiles à l’évaluation médicale. [3] [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur l’ensemble formé par les symptômes, les antécédents, les facteurs associés et les résultats des examens. [3] [4] Les analyses sanguines peuvent contribuer à apprécier la gravité, mais aucun marqueur biologique courant n’est suffisamment sensible et spécifique pour confirmer seul une colite ischémique. [3] [4] La tomodensitométrie, ou scanner, recherche notamment un épaississement et un œdème de la paroi du côlon tout en aidant à écarter d’autres causes. [1] [2] [3] [4] Un scanner peut néanmoins être normal au début de la maladie, et certains de ses signes ne sont pas propres à la colite ischémique. [3] [4]

La coloscopie permet d’observer directement la muqueuse et de rechercher une rougeur, un œdème, une fragilité, des saignements ou des ulcérations segmentaires. [1] [2] [3] [4] Des biopsies peuvent être prélevées pendant cet examen afin d’analyser les tissus et de conforter le diagnostic. [3] [4] La réalisation d’une coloscopie dépend toutefois de la stabilité du patient et de l’absence de contre-indications telles qu’une péritonite aiguë ou des signes d’atteinte irréversible. [4] Les examens servent aussi à différencier la colite ischémique d’une infection, d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin et d’autres causes d’inflammation ou de saignement du côlon. [1] [3] [4]

Quels sont les principes du traitement ?

La prise en charge dépend de la gravité, de l’étendue de l’atteinte et de l’état général de la personne. [4] Les formes accompagnées de symptômes ou de signes importants justifient une hospitalisation. [1] [4] Le traitement conservateur repose principalement sur la mise au repos du côlon, l’administration de liquides et d’électrolytes par voie intraveineuse et la correction de la cause sous-jacente lorsqu’elle est identifiée. [1] [2] [4] L’alimentation et les boissons peuvent être interrompues au début, puis reprises selon l’évolution clinique. [1] [2]

Des antibiotiques sont utilisés dans certaines prises en charge, en particulier pour les formes modérées ou sévères. [1] [2] [4] Les données disponibles soulignent cependant que le bénéfice et les modalités de l’antibiothérapie restent insuffisamment établis, notamment dans les formes légères et spontanément résolutives. [3] [4] Une chirurgie peut devenir nécessaire en cas de nécrose touchant toute la paroi du côlon, de péritonite ou d’autres signes de forme sévère. [1] [2] [4] Elle peut également être indiquée plus tard lorsqu’une cicatrice forme un rétrécissement important du côlon. [1] [2]

Quelle est l’évolution possible ?

La plupart des formes non compliquées s’améliorent sous traitement conservateur. [1] [4] Le Manuel MSD indique que la quasi-totalité des patients décrits guérissent en une à deux semaines. [1] Une interruption plus étendue ou plus prolongée de la circulation peut toutefois entraîner une nécrose et imposer l’ablation de la portion atteinte du côlon. [1] [2] Une sténose cicatricielle peut apparaître plusieurs semaines après l’épisode, même lorsque l’état initial s’est amélioré. [1] [2] Des récidives sont possibles, bien qu’elles restent minoritaires dans les séries générales citées. [2] [4]

Quels éléments peuvent contribuer à prévenir une récidive ?

La prévention dépend d’abord de l’identification et de la prise en charge d’une cause sous-jacente lorsqu’elle peut être corrigée, par exemple un trouble du rythme cardiaque associé à un faible débit sanguin. [2] [4] Lorsqu’un épisode a été médicalement attribué à un médicament ou à un décongestionnant oral précis, éviter une nouvelle exposition à ce produit est présenté comme un moyen de réduire le risque de récidive. [3] [4] Cette mesure ne justifie pas d’arrêter seul un traitement prescrit lorsque son rôle n’a pas été évalué. [3] [4] Les sources examinées ne précisent pas de calendrier général de surveillance applicable à tous les patients après leur sortie. [1] [2] [4]

Sources et références

[3] Acute ischemic colitis associated with oral decongestant use: a systematic review

www.ebi.ac.uk · Version : 2023-05-15 · Consulté le 2026-09-16

[4] Diagnostic methods and drug therapies in patients with ischemic colitis

www.ebi.ac.uk · Version : 2020-09-16 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Gastro-entérologue et hépatologue
Chirurgie générale, digestive et de l’obésité