Chancre syphilitique : signes, diagnostic et prise en charge

Le chancre syphilitique est une ulcération qui peut apparaître au stade primaire de la syphilis, une infection sexuellement transmissible due à la bactérie Treponema pallidum. [1] [2] Son aspect ne suffit pas à confirmer le diagnostic, qui peut être difficile car la lésion est transitoire, indolore ou située dans une zone peu visible. [1]
En cas de doute sur une contamination par la syphilis, consultez votre médecin traitant, que la lésion soit encore visible, soit passée inaperçue ou ait déjà disparu. [1] La disparition spontanée du chancre ne signifie pas que l’infection est guérie : sans diagnostic ni traitement, la syphilis peut entrer dans une phase silencieuse et continuer à évoluer ou à être transmise. [1]
Comment reconnaître cette lésion ?
Après la contamination, les premiers symptômes de la syphilis primaire peuvent apparaître après une incubation de 10 à 90 jours. [1] Le chancre est généralement unique, mesure habituellement de 5 à 15 millimètres et peut être ferme, superficiel, propre, à fond rosé et indolore, avec un gonflement des ganglions proches. [1] Il peut siéger sur les organes génitaux, mais aussi dans le rectum, la bouche ou la gorge ; une localisation dans le vagin ou sur le col de l’utérus peut retarder sa détection. [1] Le chancre est très contagieux et guérit spontanément en deux à six semaines, généralement sans cicatrice. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
En cas de suspicion de syphilis primaire, le médecin confronte l’examen clinique, les informations recueillies pendant la consultation et une sérologie réalisée par prise de sang. [1] Si l’ulcération est encore présente, le médecin peut aussi prescrire un prélèvement du chancre pour rechercher le tréponème par PCR. [1]
Un test tréponémique reste le plus souvent positif après le traitement et ne permet donc pas, à lui seul, de distinguer une infection active d’une syphilis déjà guérie. [1] Chez une personne récemment exposée, une sérologie peut encore être négative pendant le mois suivant le contact ; la date du contact doit être précisée au médecin afin qu’il décide si le test doit être renouvelé. [5] Chez une personne venant d’une région où existent le pian, le bejel ou la pinta, une sérologie positive peut correspondre à une autre infection par un tréponème et doit être interprétée avec prudence par le médecin ou le biologiste. [1]
En France, un dépistage de la syphilis peut être demandé directement, sans ordonnance et sans rendez-vous, dans un laboratoire de biologie médicale dans le cadre de Mon test IST. [3] Un CeGIDD permet également d’accéder gratuitement et anonymement au dépistage des infections sexuellement transmissibles. [3]
Quel traitement est proposé ?
Lorsque la syphilis primaire de moins d’un an est confirmée, le traitement prescrit par le médecin repose habituellement sur une injection intramusculaire unique de benzathine pénicilline G sous forme retard. [5] En cas d’allergie à la pénicilline et en l’absence de neurosyphilis, le médecin peut prescrire de la doxycycline pendant 15 jours pour une syphilis précoce. [5] La doxycycline est contre-indiquée dès le début du deuxième trimestre de grossesse. [5] Chez une femme enceinte ayant une syphilis primaire, le traitement documenté est également la benzathine pénicilline G sous forme retard. [5]
Après le début du traitement d’une syphilis avec chancre, utilisez un préservatif ou un autre contraceptif barrière pendant au moins sept jours et jusqu’à la guérison du chancre s’il est encore présent. [5] [4]
Quel suivi est nécessaire ?
Après le traitement d’une syphilis primaire, une surveillance médicale par des sérologies quantitatives non tréponémiques est nécessaire pour vérifier l’évolution des anticorps. [5] La réponse au traitement est évaluée par la négativation du test ou par une diminution par quatre des anticorps ; la négativation peut demander environ un an après une syphilis primaire ou secondaire. [5]
Si la syphilis est confirmée, un dépistage d’autres infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, l’hépatite B, la gonococcie et la chlamydiose, est nécessaire. [1]
Que doivent faire les partenaires ?
En cas de syphilis primaire, informez les partenaires avec lesquels vous avez eu des relations vaginales, anales ou orales, même protégées, pendant les trois mois précédant le début supposé de l’infection et durant la période des symptômes. [5] [4] Un examen clinique et une sérologie sont proposés à ces partenaires par un médecin et un laboratoire. [5] Lorsque les dates ou les circonstances des contacts sont imprécises, le médecin peut proposer au partenaire soit une surveillance sérologique rapprochée, soit un traitement. [5] Toute femme enceinte ayant eu des rapports sexuels avec une personne atteinte de syphilis doit contacter un médecin et recevoir un traitement. [5]
Comment prévenir une nouvelle transmission ?
Avoir déjà eu une syphilis ne protège pas contre une nouvelle contamination, même après un traitement complet. [2] La prévention repose sur l’utilisation d’un préservatif lors des rapports vaginaux, anaux et oraux-génitaux, ainsi que sur un dépistage régulier en cas d’expositions répétées ou de partenaires multiples. [4] [3]
Sources et références
[1] Symptômes et diagnostic de la syphilis | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Syphilis : définition, évolution et transmission | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[3] Dépistage de la syphilis | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[4] Comment prévenir la syphilis ? | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[5] Traitement de la syphilis | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
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