Bruxisme : signes, diagnostic, risques et prise en charge

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Bruxisme par ville
Le bruxisme correspond au serrement ou au grincement des dents. [1] Ce comportement moteur peut se produire pendant le sommeil, mais aussi pendant la veille. [1] [2] Il peut rester sans symptôme, tandis que les formes plus marquées peuvent provoquer des douleurs et endommager les dents ou les travaux dentaires. [1] [2]
Bruxisme du sommeil et bruxisme de la veille : quelles différences ?
Le bruxisme du sommeil est une activité des muscles de la mâchoire associée au sommeil et à des épisodes de serrement ou de grincement des dents. [2] Il est associé à des micro-éveils naturels et à une activation du système nerveux autonome, sans que la personne se réveille nécessairement ou en ait conscience. [2] Un proche peut ainsi être le premier à remarquer les bruits de grincement pendant la nuit. [1] [2]
Le bruxisme de la veille prend la forme de contacts dentaires répétés ou prolongés, d’un maintien crispé de la mâchoire ou d’une poussée de la mandibule. [2] Chez une personne par ailleurs en bonne santé, cette activité de la veille n’est pas considérée comme un trouble du mouvement. [2] La distinction entre veille et sommeil est importante, car le repérage et certaines mesures de prise en charge ne sont pas identiques. [1] [2]
Quels signes peuvent faire penser à un bruxisme ?
Le bruxisme ne provoque pas toujours de douleur. [1] Lorsqu’il devient symptomatique, il peut entraîner une douleur ou une fatigue de la mâchoire au réveil, des maux de tête au niveau des tempes ou des douleurs cervicales. [1] [2] Une sensibilité ou une raideur des muscles de la mâchoire, une limitation de l’ouverture de la bouche et une douleur de l’articulation temporo-mandibulaire peuvent également être présentes. [2] Des bruits nocturnes suffisamment forts pour gêner le sommeil de l’entourage constituent un autre indice possible. [2]
Sur le plan dentaire, l’examen peut retrouver une usure anormale ou un aplatissement des surfaces des dents. [2] Une hypersensibilité, une dent fracturée ou la détérioration répétée de couronnes, de restaurations ou de prothèses peuvent aussi conduire à rechercher un bruxisme. [1] [2]
Quels facteurs peuvent favoriser le bruxisme ?
Le bruxisme est considéré comme un phénomène multifactoriel plutôt que comme la conséquence d’une cause unique. [1] [2] Le stress, l’anxiété et un état d’alerte accru sont notamment associés au bruxisme de la veille. [2] Le bruxisme du sommeil peut être associé à d’autres troubles du sommeil, en particulier à l’apnée obstructive du sommeil. [2] La consommation importante d’alcool, l’excès de caféine, le tabagisme et des circonstances de vie très stressantes figurent également parmi les facteurs associés. [2]
Certains médicaments et certaines substances psychoactives sont associés au bruxisme du sommeil. [2] Les données disponibles ne permettent toutefois pas toujours de déterminer si ces produits déclenchent le bruxisme ou aggravent un comportement déjà présent. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose principalement sur une évaluation clinique. [2] Le professionnel recueille ce que la personne ou son partenaire de sommeil a remarqué, puis recherche des signes lors de l’examen bucco-dentaire. [2] Le récit du patient aide à repérer la fréquence apparente du comportement, mais il ne mesure pas précisément l’intensité ni la durée de l’activité musculaire. [2] L’évaluation recherche également les facteurs associés et les éventuels troubles du sommeil ou maladies concomitantes. [2]
Une polysomnographie, c’est-à-dire un enregistrement du sommeil, n’est généralement réservée qu’aux situations où un autre trouble du sommeil est suspecté. [2] Elle peut associer l’enregistrement de l’activité musculaire à des données audio et vidéo. [2] Un enregistrement de l’activité musculaire utilisé seul peut être insuffisamment fiable pour poser le diagnostic. [2]
Quels sont les risques pour les dents et la mâchoire ?
Des serrements ou grincements importants peuvent user progressivement l’émail puis la dentine qui composent la couronne des dents. [1] Ils peuvent aussi fracturer des dents ou des restaurations, endommager des couronnes et compromettre certains implants dentaires. [1] [2] Dans les formes marquées, les dents peuvent devenir mobiles. [1] [2]
Le bruxisme peut contribuer à un syndrome douloureux touchant les muscles de la mastication et l’articulation temporo-mandibulaire. [1] [2] Les douleurs associées peuvent aussi concerner le cou, les épaules ou le dos. [1]
Quand demander une évaluation ?
Une évaluation est particulièrement justifiée en présence d’une usure dentaire, d’une hypersensibilité, de dents ou de restaurations fracturées, de douleurs de la mâchoire ou d’une limitation de l’ouverture de la bouche. [2] Des maux de tête liés à une tension des muscles temporaux ou des bruits nocturnes qui perturbent le sommeil constituent également des motifs d’évaluation. [2] La recherche d’un trouble du sommeil associé est importante lorsque le contexte fait suspecter une apnée obstructive du sommeil. [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge vise principalement à prévenir de nouveaux dommages dentaires et à soulager les symptômes associés. [2] Un bruxisme intermittent et sans symptôme ne nécessite pas nécessairement de traitement. [2] Pour le bruxisme de la veille, la personne peut apprendre à repérer puis à réduire consciemment les périodes de serrement ou de grincement. [1] [2] Des conseils sur les habitudes, la relaxation et l’hygiène du sommeil peuvent être proposés, mais les preuves de leur efficacité sur le bruxisme du sommeil restent limitées. [2]
Une gouttière placée entre les arcades dentaires peut être utilisée pour protéger les dents contre l’usure et réduire l’inconfort matinal de la mâchoire. [1] [2] Ces dispositifs protègent les structures dentaires, mais les données disponibles n’établissent pas qu’ils diminuent la fréquence des épisodes de bruxisme. [2] Une évaluation dentaire doit précéder l’utilisation d’un dispositif thermoformable vendu sans ordonnance afin de vérifier la gravité de l’usure et l’adéquation du dispositif. [1] Les dispositifs souples ou mal ajustés peuvent augmenter le serrement ou l’activité musculaire chez certaines personnes. [2]
Une gouttière occlusale peut aggraver une apnée obstructive du sommeil et ne doit donc pas être choisie sans évaluation adaptée lorsqu’une apnée est présente ou suspectée. [2] Les dispositifs buccaux doivent également être évités chez les personnes épileptiques en raison du risque qu’ils deviennent un corps étranger dans les voies respiratoires pendant une crise. [2]
Lorsque le bruxisme est associé à une apnée obstructive du sommeil, la prise en charge de cette dernière peut réduire la fréquence des épisodes de bruxisme. [2] Les résultats des autres approches varient considérablement et ne permettent pas de garantir une disparition du bruxisme. [2] Une revue systématique n’a pas trouvé de preuve solide en faveur du biofeedback pour réduire les épisodes de bruxisme du sommeil. [3]
Sources et références
[1] Bruxisme - Chirurgie dentaire - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Bruxism Management - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[3] Biofeedback treatment for sleep bruxism: a systematic review - Database of Abstracts of Reviews of Effects (DARE): Quality-assessed Reviews - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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