Abrasion dentaire : signes, diagnostic, soins et prévention

L’abrasion dentaire est une perte pathologique des tissus durs de la dent provoquée principalement par des actions mécaniques répétées qui ne sont pas liées à la mastication. [1] Elle touche souvent la région cervicale, c’est-à-dire le collet situé à la jonction entre la couronne et la racine de la dent. [1] Cette abrasion cervicale appartient aux lésions cervicales non carieuses : la perte de tissu n’est pas initialement due à une carie, même si elle peut entraîner une sensibilité, une gêne ou des complications dentaires. [1]
À quoi ressemble une abrasion dentaire ?
À un stade précoce, l’abrasion cervicale peut prendre l’aspect d’un sillon horizontal étroit sur la face visible de la dent, près de la jonction entre l’émail et le cément. [1] La surface de la lésion peut paraître lisse, polie ou brillante. [1] Certaines lésions deviennent plus nettement creusées et présentent une forme en coin ou en V au niveau du collet, parfois en association avec une récession de la gencive. [1]
Une dent atteinte peut rester sans symptôme ou devenir sensible et douloureuse lorsque la dentine est exposée. [1] La sensibilité dentinaire se manifeste notamment par une douleur brève et vive déclenchée par des stimulations thermiques, mécaniques ou chimiques. [1] La forme, la profondeur et les symptômes varient selon les dents et selon les facteurs mécaniques, chimiques et biologiques associés. [1]
Quelles sont les causes et les situations associées ?
Un brossage agressif est associé à un risque accru d’abrasion cervicale, particulièrement lorsqu’il combine une pression excessive, des mouvements de frottement vigoureux, une brosse à poils durs ou un dentifrice très abrasif. [1] Les mouvements horizontaux répétés au niveau du collet ont également été associés à une usure cervicale plus importante, surtout lorsqu’ils sont réalisés avec une force excessive. [1] La fréquence et la durée du brossage peuvent augmenter les contraintes mécaniques cumulées, mais les études disponibles ne permettent pas d’isoler parfaitement leur rôle de celui de la force, de la technique et de l’abrasivité du dentifrice. [1]
Une récession gingivale peut accroître la vulnérabilité en exposant la dentine de la racine, plus susceptible à l’usure que l’émail. [1] L’âge, la morphologie des dents ainsi que les caractéristiques individuelles de l’émail et de la dentine peuvent également modifier la sensibilité à l’abrasion. [1] Des facteurs chimiques, notamment des expositions acides, peuvent fragiliser la surface dentaire et interagir avec l’usure mécanique. [1] L’abrasion cervicale est donc souvent multifactorielle, même lorsque les habitudes de brossage semblent jouer un rôle important. [1]
Abrasion, érosion et abfraction : quelles différences ?
L’abrasion correspond principalement à une usure mécanique provoquée par un agent extérieur, comme un brossage traumatique ou le contact répété d’un objet avec les dents. [1] L’érosion désigne une dissolution chimique de l’émail ou de la dentine par des acides, sans intervention d’un processus carieux. [1] L’abfraction est décrite comme une lésion liée aux contraintes de flexion exercées sur la dent par les forces biomécaniques. [1] Ces mécanismes peuvent coexister, ce qui rend difficile l’attribution d’une lésion cervicale à une cause unique sur son seul aspect. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L’évaluation repose sur l’examen visuel et tactile des dents, la localisation et la forme des lésions ainsi que la recherche d’une sensibilité dentinaire. [1] Lorsqu’une hypersensibilité est suspectée, un stimulus standardisé, par exemple un jet d’air dirigé sur la dent concernée, peut aider à reproduire et à caractériser la douleur. [1] L’examen doit aussi tenir compte des habitudes de brossage, de la récession gingivale et des autres facteurs mécaniques ou chimiques susceptibles de contribuer à l’usure. [1]
Il n’existe pas de protocole diagnostique parfaitement standardisé pour toutes les abrasions cervicales, et plusieurs indices d’évaluation de l’usure ou de la profondeur des lésions ont été proposés. [1] Cette variabilité, ajoutée à la coexistence possible de l’abrasion, de l’érosion et des contraintes biomécaniques, limite l’autodiagnostic à partir d’un sillon ou d’une sensibilité isolée. [1]
Quels sont les principes des soins ?
La prise en charge vise à limiter la progression de la lésion, à réduire la sensibilité, à préserver la dent et à corriger les facteurs qui entretiennent l’usure. [1] Elle peut comprendre une adaptation individualisée de l’hygiène buccodentaire et la prise en compte des facteurs mécaniques, chimiques ou biologiques associés. [1] Le choix d’une intervention dépend notamment des symptômes, de la profondeur de la lésion, de son évolution et de ses conséquences fonctionnelles ou esthétiques. [1]
Lorsqu’une restauration est jugée nécessaire, des matériaux comme les composites ou les ciments verre ionomère modifiés par résine peuvent être utilisés pour restaurer la morphologie de la dent. [1] Le document analysé rapporte de meilleurs résultats de rétention pour les ciments verre ionomère modifiés par résine dans certaines études, sans établir qu’un matériau serait préférable dans toutes les situations. [1] Il n’existe pas non plus de traitement unique de l’hypersensibilité dentinaire qui convienne à tous les patients. [1]
Comment l’abrasion peut-elle évoluer et quand faire évaluer ses dents ?
Le processus abrasif est généralement lent, et la dent peut produire de la dentine secondaire ou tertiaire ainsi que de la dentine sclérotique en réponse à l’agression. [1] Une abrasion qui progresse peut favoriser la rétention de plaque, la sensibilité, l’atteinte de la pulpe ou l’aggravation de problèmes parodontaux. [1] Dans les formes non prises en charge, une exposition pulpaire, une infection ou une détérioration des tissus qui soutiennent la dent sont possibles. [1]
La présence d’un creux au collet, d’une récession gingivale, d’une sensibilité ou d’une douleur justifie une évaluation dentaire afin d’en préciser la cause et les besoins de soins. [1] L’aspect d’une lésion ne permet pas à lui seul de distinguer avec certitude une abrasion d’une érosion ou d’un autre mécanisme d’usure. [1]
Comment réduire le risque d’abrasion liée au brossage ?
La prévention cherche à conserver un nettoyage efficace tout en diminuant les contraintes mécaniques exercées sur les dents. [1] Les mesures proposées comprennent l’emploi d’une brosse à poils souples, des mouvements doux plutôt qu’un frottement énergique et l’évitement d’une pression excessive. [1] Le choix d’un dentifrice dont l’abrasivité convient à un usage prolongé peut également contribuer à limiter l’usure, en particulier lorsque la dentine radiculaire est exposée. [1]
Les données comparant les brosses électriques et manuelles restent inconclusives, même si certains modèles munis d’un capteur de pression pourraient aider à éviter une force excessive. [1] Les conseils de brossage gagnent à être adaptés par un professionnel dentaire aux lésions présentes, à la récession gingivale et à la dextérité de la personne. [1] Prévenir l’abrasion ne signifie pas renoncer au brossage, qui reste essentiel à l’élimination de la plaque et à la prévention des caries et des maladies parodontales. [1]
Sources et références
[1] Systematic Review on Toothbrushing and Cervical Abrasion: A Comprehensive Analysis of the Evidence | Journal of Pioneering Medical Sciences
www.jpmsonline.com · Consulté le 2026-09-17
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