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Bothriocéphalose : transmission, symptômes, diagnostic et traitement

La bothriocéphalose est une infection intestinale provoquée par de grands ténias de la famille des Diphyllobothriidae, couramment appelés ténias du poisson. [1] [2] Elle s'acquiert en consommant crus, insuffisamment cuits ou insuffisamment congelés des poissons ou certaines parties comestibles de poissons qui contiennent des larves infectantes. [2] L'infection reste souvent silencieuse, mais elle peut provoquer des troubles digestifs, une carence en vitamine B12 et, beaucoup plus rarement, des complications obstructives ou biliaires. [1] [2]

Quels parasites sont responsables de la bothriocéphalose ?

La bothriocéphalose ne correspond pas à une seule espèce de parasite, même si Dibothriocephalus latus, anciennement nommé Diphyllobothrium latum, est souvent présenté comme l'espèce humaine la plus courante. [1] [2] D'autres espèces des genres Dibothriocephalus, Diphyllobothrium et Adenocephalus peuvent aussi infecter l'être humain. [1] [2] La distinction exacte entre les espèces est difficile à partir de leur seule apparence et peut nécessiter une analyse moléculaire. [2] Cette identification précise sert notamment à comprendre l'origine et l'épidémiologie de l'infection, mais elle n'est généralement pas indispensable au choix du traitement. [2]

Comment l'infection est-elle contractée ?

Le cycle de ces parasites est lié aux milieux aquatiques et passe habituellement par de petits crustacés, puis par un ou plusieurs poissons. [1] [2] L'être humain est infecté lorsqu'il mange les muscles, les œufs ou d'autres parties comestibles d'un poisson contenant une larve capable de se développer. [2] Selon l'espèce de ténia, le poisson en cause peut provenir d'un environnement d'eau douce ou marin. [2] Une consommation de poisson cru, peu cuit, fumé, mariné, salé ou séché n'écarte donc pas le risque lorsque le produit n'a pas subi une congélation ou une cuisson suffisante pour tuer les larves. [2]

Quels sont les symptômes et les complications possibles ?

La plupart des infections sont asymptomatiques ou n'entraînent que des manifestations modérées. [1] [2] Lorsqu'ils sont présents, les symptômes peuvent comprendre une douleur ou une gêne abdominale, une diarrhée, une constipation, des nausées ou vomissements, de la fatigue et parfois une perte de poids. [1] [2] Certaines personnes découvrent l'infection en observant dans leurs selles des segments plats et allongés du ver, appelés proglottis. [2] Le parasite peut capter une partie de la vitamine B12 présente dans l'intestin et provoquer une carence. [1] [2] Cette carence peut parfois entraîner une anémie mégaloblastique, dont les manifestations possibles comprennent notamment fatigue, pâleur ou essoufflement. [1] [2]

Une infection importante peut très rarement provoquer une obstruction intestinale, une appendicite, une inflammation de la vésicule biliaire ou une atteinte des voies biliaires. [1] [2] Un tableau d'abdomen aigu ou des manifestations neurologiques liées à une carence sévère en vitamine B12 nécessitent une orientation vers une prise en charge médicale spécialisée et parfois chirurgicale. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic tient compte des symptômes éventuels et des expositions, notamment des habitudes alimentaires, des voyages, des loisirs de pêche et de la consommation récente de poisson cru ou insuffisamment cuit. [2] L'examen de référence recherche au microscope les œufs caractéristiques ou les segments du ténia dans les selles. [1] [2] Un premier examen négatif n'exclut pas toujours l'infection, car les œufs peuvent manquer pendant un certain temps après l'élimination d'une grande partie du ver. [2] Une numération sanguine et un dosage de la vitamine B12 peuvent être réalisés afin de rechercher une carence ou une anémie mégaloblastique. [1] [2] Les examens d'imagerie et l'endoscopie ne sont généralement pas les examens de première intention pour cette infection. [2]

Quels sont les principes du traitement et du suivi ?

Le praziquantel est le traitement antiparasitaire de référence de la bothriocéphalose non compliquée. [1] [2] Ce médicament peut provoquer notamment des vertiges, des maux de tête, une faiblesse, des douleurs abdominales, de la fièvre ou une urticaire et peut présenter des interactions médicamenteuses. [2] La décision thérapeutique doit être individualisée chez la femme enceinte et le jeune enfant, car les données de sécurité sont limitées dans ces populations. [2] Lorsqu'une carence en vitamine B12 a entraîné des manifestations sanguines ou neurologiques, une supplémentation peut être nécessaire en complément du traitement antiparasitaire. [1] [2] Un nouvel examen des selles environ un mois après le traitement est recommandé afin de vérifier l'éradication du parasite. [1] [2] Le pronostic est généralement excellent, car la maladie est le plus souvent bénigne et répond efficacement au traitement. [2]

Comment prévenir une nouvelle infection ?

La prévention repose sur une cuisson complète du poisson ou sur une congélation préalable réalisée à une température et pendant une durée suffisantes pour détruire les larves. [1] [2] Le simple maintien du poisson sur de la glace ne remplace pas une congélation adaptée. [2] Les poissons crus, peu cuits, marinés, fumés ou séchés doivent avoir subi un procédé de congélation approprié avant leur consommation pour réduire le risque de bothriocéphalose. [2] Une pâte ou une préparation à base de poisson cru ne doit pas être goûtée avant sa cuisson complète. [2]

Quand demander un avis médical ?

Le passage de segments évoquant un ruban dans les selles, surtout après la consommation de poisson cru ou peu cuit, constitue un élément important à signaler lors d'une consultation médicale. [2] Une gêne digestive persistante, une diarrhée, une fatigue ou des signes possibles d'anémie après une exposition compatible peuvent également conduire à rechercher cette infection. [1] [2] Ces manifestations ne sont pas spécifiques de la bothriocéphalose et ne permettent pas d'établir soi-même le diagnostic sans examen des selles et évaluation du contexte. [2]

Sources et références

[2] Diphyllobothriasis (Fish Tapeworm Infection) - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Gastro-entérologue et hépatologue