Borrélioses humaines : maladie de Lyme, symptômes, diagnostic et prévention

Les borrélioses sont des infections dues à des bactéries du genre Borrelia. [5] Elles comprennent principalement la borréliose de Lyme, provoquée par des bactéries du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato, et des borrélioses à fièvre récurrente dues à d’autres espèces. [4] [5] En France métropolitaine, la borréliose de Lyme est la forme la plus fréquente et se transmet par la piqûre d’une tique dure du genre Ixodes, principalement Ixodes ricinus en Europe. [4] Une piqûre de tique ne signifie toutefois pas qu’une infection a été transmise, car le risque de transmission d’un agent responsable d’une maladie demeure faible. [4]
Quelles borrélioses faut-il distinguer ?
La borréliose de Lyme est une infection des régions tempérées de l’hémisphère Nord, transmise par des tiques du complexe Ixodes ricinus. [5] Les borrélioses à fièvre récurrente sont habituellement associées à des poux ou à des tiques molles dans différentes régions d’Afrique, d’Asie et des Amériques. [5] Borrelia miyamotoi constitue une exception notable parmi les bactéries responsables de fièvres récurrentes, car elle partage le vecteur Ixodes avec les bactéries de la maladie de Lyme et peut provoquer une méningo-encéphalite. [5] Toutes les maladies transmises par les tiques ne sont pas des borrélioses : l’encéphalite à tiques, la tularémie, les rickettsioses, la babésiose et l’anaplasmose sont dues à d’autres agents infectieux. [4]
Comment la borréliose de Lyme se manifeste-t-elle ?
La manifestation la plus fréquente est l’érythème migrant, une lésion rouge ronde ou ovalaire qui apparaît autour du site de la piqûre et s’étend progressivement vers l’extérieur. [4] Cet érythème apparaît après une incubation de 3 à 30 jours et est habituellement indolore et non prurigineux. [4] Une réaction locale différente de l’érythème migrant peut survenir rapidement après la piqûre, régresser en moins de 48 heures et être plus volontiers chaude, douloureuse ou accompagnée de démangeaisons. [2] Un syndrome ressemblant à une infection grippale peu intense peut accompagner l’érythème migrant, mais une forte fièvre n’est pas compatible avec sa présentation habituelle. [4]
Lorsque l’infection se dissémine, elle peut atteindre la peau, le système nerveux, les articulations, le cœur ou, plus rarement, les yeux. [1] [4] Les atteintes neurologiques peuvent notamment provoquer des douleurs radiculaires inhabituelles, des fourmillements, une diminution de la sensibilité, une faiblesse musculaire ou une paralysie faciale. [4] L’arthrite de Lyme se manifeste typiquement par le gonflement inflammatoire d’une ou de quelques grosses articulations, le plus souvent un genou. [4] Des douleurs musculaires ou articulaires diffuses sans arthrite ne constituent pas, à elles seules, une forme spécifique de borréliose de Lyme. [4] L’atteinte cardiaque est très rare mais peut perturber la conduction du cœur et se manifester par des palpitations ou une perte de connaissance. [4]
Quand une évaluation urgente est-elle nécessaire ?
Une évaluation médicale en urgence est nécessaire devant des symptômes évoquant une infection du système nerveux central, une inflammation de l’œil ou une complication cardiaque, même si une borréliose de Lyme est seulement suspectée. [2] Des convulsions, une confusion, des troubles de la conscience, une faiblesse neurologique aiguë ou subaiguë, une perte de connaissance ou des troubles visuels inflammatoires font partie des situations qui peuvent correspondre à ces atteintes graves. [4] [2]
Comment le diagnostic de la maladie de Lyme est-il établi ?
Le diagnostic d’un érythème migrant typique est clinique et ne nécessite pas de sérologie. [4] La sérologie est peu sensible à ce stade précoce, de sorte qu’un résultat négatif ne remet pas en cause le diagnostic d’érythème migrant. [4] Pour une forme disséminée, le diagnostic repose sur l’association d’une exposition possible aux tiques, de signes cliniques évocateurs et d’une sérologie positive. [4] La sérologie de référence est réalisée en deux temps, avec un test ELISA ou apparenté, puis une confirmation par immuno-empreinte lorsque le premier test est positif. [4]
Un test négatif réalisé moins de six semaines après le début de signes évocateurs n’exclut pas nécessairement une infection, car les anticorps peuvent ne pas être encore détectables. [4] À l’inverse, des anticorps IgG positifs sans signe clinique évocateur correspondent à une cicatrice sérologique et ne démontrent pas une infection active. [4] Des IgM isolées doivent être interprétées avec prudence en raison de réactions croisées possibles avec d’autres maladies infectieuses, inflammatoires ou auto-immunes. [4] Les formes neurologiques ou articulaires nécessitent parfois l’analyse du liquide cérébrospinal ou du liquide articulaire en complément de la sérologie. [4] De rares borrélioses actives avec sérologie négative ont été rapportées chez des patients recevant un traitement anti-CD20, ce qui justifie une interprétation spécialisée dans ce contexte. [4] [5]
Comment retirer une tique et surveiller la piqûre ?
Une tique doit être retirée le plus rapidement possible avec un tire-tique, par un mouvement de rotation et de traction. [4] Aucun produit ne doit être appliqué sur la tique avant son retrait. [4] Une pince à épiler peut être utilisée en l’absence de tire-tique, puis le site doit être désinfecté avec un antiseptique ou lavé avec de l’eau et du savon. [4] La persistance de petites pièces piqueuses sous la peau n’augmente pas le risque de maladie transmise par les tiques, même si une réaction locale peut persister. [4] Dans les jours et les semaines qui suivent, il faut surveiller l’apparition d’une rougeur qui s’étend, d’une fièvre, d’une fatigue inexpliquée, de douleurs ou de manifestations cutanées, articulaires ou neurologiques. [1] L’apparition de l’un de ces signes après une piqûre nécessite une évaluation médicale afin de rechercher une borréliose de Lyme ou une autre maladie transmise par les tiques. [1]
Comment prévenir les piqûres de tiques ?
Dans les hautes herbes, les zones végétalisées, les bois et les jardins, il est recommandé de porter des vêtements clairs et couvrants, des chaussures fermées et de glisser le bas du pantalon dans les chaussettes. [4] Les répulsifs cutanés doivent être utilisés conformément à leur notice, en respectant particulièrement les précautions prévues pour les enfants et les femmes enceintes. [4] L’imprégnation des vêtements par la perméthrine n’est plus recommandée en raison de risques individuels et environnementaux, et les bracelets insecticides n’ont pas démontré leur efficacité. [4] Pendant et après la sortie, il convient d’examiner minutieusement la peau, notamment les aisselles, les plis des genoux, les zones génitales, le nombril, les conduits auditifs et le cuir chevelu. [4] Cet examen doit être réalisé rapidement puis répété le lendemain, car les nymphes sont très petites et deviennent plus visibles lorsqu’elles se gorgent de sang. [4]
Quels sont les principes du traitement et du suivi ?
La borréliose de Lyme diagnostiquée est traitée par des antibiotiques. [3] Le choix du médicament et des modalités de traitement dépend de la manifestation clinique, de l’âge, des antécédents, des allergies et de l’état de santé du patient. [2] [3] Un traitement antibiotique précoce réduit le risque d’apparition de manifestations supplémentaires et augmente les chances de récupération complète. [2] La plupart des personnes récupèrent complètement, mais l’amélioration peut se poursuivre pendant plusieurs mois après le traitement. [2] La persistance de symptômes ne signifie pas nécessairement que l’infection est encore active. [2] Lorsque des symptômes persistent, s’aggravent ou réapparaissent, une réévaluation doit rechercher une autre cause, une réinfection, un échec du traitement ou des séquelles de l’atteinte initiale. [2] En France, les centres de référence et de compétence des maladies vectorielles liées aux tiques peuvent participer à une prise en charge pluridisciplinaire des situations complexes et limiter le recours à des traitements non recommandés susceptibles d’entraîner des effets indésirables sévères. [4]
Chez une femme enceinte présentant une borréliose de Lyme, un traitement adapté doit être commencé sans délai. [4] Après un traitement adapté, les données disponibles ne montrent pas de risque supplémentaire de fausse couche ni de risque malformatif démontré. [4] Une infection antérieure ne procure pas une immunité définitive, de sorte qu’une nouvelle borréliose de Lyme reste possible après une autre piqûre infectante. [2] Il n’existe actuellement pas de vaccin disponible contre la maladie de Lyme. [3]
Sources et références
[1] Haute Autorité de Santé - Borréliose de Lyme : comment diagnostiquer & soigner
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Recommendations | Lyme disease | Guidance | NICE
www.nice.org.uk · Consulté le 2026-09-11
[3] Maladie de lyme (Borréliose de lyme)
Institut Pasteur · Consulté le 2026-09-11
[4] FIN1
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-16
[5] Borrelia Infections Under B Cell-Depleting Therapies: A Systematic Review of Diagnostic Challenges and Outcomes With Special Focus on Neurological Forms.
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-01-01 · Consulté le 2026-09-16
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