Bloc interauriculaire : définition, diagnostic et suivi

Le bloc interauriculaire est un trouble de la conduction électrique entre l’oreillette droite et l’oreillette gauche du cœur. [1] Il correspond à un ralentissement ou à un blocage de la transmission de l’influx électrique, le plus souvent au niveau du faisceau de Bachmann, qui constitue la principale voie de conduction entre les oreillettes. [1] Cette anomalie est repérée sur un électrocardiogramme par des modifications de la durée ou de la forme de l’onde P, qui représente l’activation électrique des oreillettes. [1]
Quels sont les différents types de bloc interauriculaire ?
Dans la classification présentée par la revue scientifique récente, le bloc interauriculaire partiel, aussi appelé bloc du premier degré, correspond à un retard de conduction associé à une onde P d’au moins 120 millisecondes. [1] Dans cette forme partielle, l’onde P reste positive dans les dérivations inférieures de l’électrocardiogramme. [1] Dans le bloc interauriculaire avancé, ou bloc du troisième degré, la conduction par le faisceau de Bachmann est interrompue et l’oreillette gauche est activée par des voies situées plus bas. [1] L’onde P est alors prolongée et présente une forme biphasique dans les dérivations inférieures. [1] Une forme intermittente, appelée bloc interauriculaire du deuxième degré, peut alterner sur un même enregistrement entre une onde P normale et un bloc, ou entre une forme partielle et une forme avancée. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose principalement sur l’analyse de l’onde P d’un électrocardiogramme, en tenant compte à la fois de sa durée et de sa forme. [1] Pour mesurer correctement sa durée, le début de l’onde P doit être recherché dans la première dérivation où elle apparaît et sa fin dans la dernière dérivation où elle se termine. [1] L’analyse de la morphologie permet ensuite de différencier une forme partielle d’une forme avancée. [1] Une imagerie cardiaque peut compléter l’évaluation lorsqu’il faut rechercher une anomalie de structure ou de fonctionnement des oreillettes. [1] L’échocardiographie peut notamment étudier la taille et la déformation de l’oreillette, tandis que l’IRM cardiaque avec rehaussement tardif peut évaluer la fibrose atriale, bien que cette dernière mesure ne soit pas encore bien standardisée. [1]
Bloc interauriculaire et dilatation de l’oreillette gauche : quelle différence ?
Le bloc interauriculaire est une anomalie de conduction électrique, tandis que la dilatation de l’oreillette gauche est une modification anatomique de sa taille. [1] Ces deux anomalies peuvent être associées, mais elles peuvent également exister séparément. [1] Environ la moitié des personnes ayant un bloc interauriculaire partiel ont ainsi des oreillettes de taille normale, et une dilatation n’est pas retrouvée dans tous les blocs avancés. [1] Un électrocardiogramme ne suffit donc pas à diagnostiquer une dilatation de l’oreillette gauche, qui est habituellement évaluée par imagerie et le plus souvent par échocardiographie transthoracique. [1]
Facteurs associés au bloc interauriculaire
La fréquence du bloc interauriculaire augmente avec l’âge. [1] L’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité, l’ischémie du muscle cardiaque, certaines maladies cardiaques et l’apnée du sommeil figurent parmi les facteurs qui lui sont associés. [1] Une ablation par cathéter ou une chirurgie cardiaque peuvent également être associées à son apparition. [1] La fibrose des oreillettes peut ralentir la conduction électrique, mais elle peut être à la fois un facteur favorisant le bloc et une conséquence des perturbations atriales. [1]
Quelle peut être l’évolution ?
Le bloc interauriculaire, en particulier dans sa forme avancée, est associé à un risque accru de fibrillation atriale. [1] L’association d’un bloc interauriculaire avancé avec des tachyarythmies atriales, principalement la fibrillation atriale, est appelée syndrome de Bayés. [1] Le bloc interauriculaire est également associé aux accidents vasculaires cérébraux, et cette association a été observée même indépendamment de la présence d’une fibrillation atriale. [1] Les mécanismes envisagés comprennent la fibrose, la contraction désynchronisée des oreillettes et les perturbations de l’écoulement sanguin favorisant la formation d’un thrombus. [1] Des associations avec une altération cognitive, la démence et une mortalité accrue ont aussi été rapportées, mais elles ne signifient pas que chaque personne porteuse d’un bloc développera ces complications. [1]
Quels sont les principes de prise en charge ?
La prise en charge générale vise notamment à identifier et à traiter les facteurs associés à l’atteinte et à la fibrose des oreillettes. [1] Chez les personnes ayant une apnée obstructive du sommeil, le traitement par pression positive continue a été associé à un raccourcissement de l’onde P et à une diminution des récidives de fibrillation atriale. [1] Les données disponibles ne permettent pas de recommander une resynchronisation cardiaque uniquement parce qu’un bloc interauriculaire est présent. [1] Les antiarythmiques ne sont pas recommandés dans le seul but de prévenir la fibrillation atriale liée au bloc interauriculaire, en raison du faible niveau de preuve et de leurs effets indésirables. [1] La présence isolée d’un bloc interauriculaire ne suffit pas non plus à établir une recommandation ferme d’anticoagulation préventive. [1] Pour les formes avancées, la revue propose un suivi rapproché afin de détecter rapidement une fibrillation atriale et de permettre sa prise en charge lorsqu’elle apparaît. [1] Le niveau de surveillance dépend notamment du type de bloc, de la durée de l’onde P, de l’existence d’une maladie cardiaque structurelle, des extrasystoles atriales et des autres facteurs de risque thromboembolique. [1]
Sources et références
[1] Interatrial Block, Bayés Syndrome, Left Atrial Enlargement, and Atrial Failure
www.ebi.ac.uk · Version : 2023-11-26 · Consulté le 2026-09-16
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