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Blépharophimosis : signes, diagnostic et prise en charge du syndrome BPES

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Chirurgien des paupières par ville

Le syndrome de blépharophimosis, ptosis et épicanthus inversus, abrégé BPES, est une maladie génétique présente dès la naissance qui affecte principalement la formation des paupières. [1] [4] Le mot « blépharophimosis » désigne plus précisément un rétrécissement horizontal de l’ouverture entre les paupières et ne suffit donc pas, à lui seul, à identifier le syndrome complet. [4] Le BPES associe quatre anomalies caractéristiques des paupières, auxquelles peut s’ajouter une insuffisance ovarienne primaire chez certaines personnes de sexe féminin. [1] [4]

Quels sont les signes caractéristiques du BPES ?

La blépharophimosis correspond à une ouverture palpébrale horizontalement plus courte que la normale. [1] [4] Le ptosis est une chute de la paupière supérieure qui réduit l’ouverture verticale de l’œil et peut parfois masquer l’axe visuel. [4] L’épicanthus inversus est un pli cutané qui part de la paupière inférieure, près du coin interne de l’œil, puis remonte vers la paupière supérieure. [1] [4] Le télécanthus correspond à un écartement accru des coins internes des yeux, alors que la distance entre les pupilles est habituellement normale. [4] Les anomalies sont généralement bilatérales, mais le ptosis peut être asymétrique et varier en intensité. [4]

Un strabisme, des troubles de la réfraction nécessitant une correction optique et une amblyopie sont observés plus souvent chez les personnes atteintes que dans la population générale. [1] L’amblyopie est un développement insuffisant de la vision pendant l’enfance, notamment lorsque le ptosis cache l’axe visuel, lorsqu’un trouble de la réfraction n’est pas corrigé ou lorsqu’un strabisme perturbe la vision binoculaire. [4] Certains enfants relèvent le menton ou contractent les muscles du front pour mieux voir sous leurs paupières, mais cette posture ne suffit pas à elle seule à déterminer si une opération est nécessaire. [4]

Quelle différence entre les types I et II ?

Les types I et II présentent tous deux les quatre anomalies caractéristiques des paupières. [2] [4] Le type I comporte en plus un risque d’insuffisance ovarienne primaire, tandis que le type II ne comporte pas cette atteinte ovarienne. [2] [4] L’atteinte ovarienne est variable d’une famille à l’autre et même entre des personnes d’une même famille. [1] [4] La nature de la variation génétique ne permet pas toujours de prédire de manière fiable la présence future d’une insuffisance ovarienne. [4]

Chez certaines personnes, les premières règles surviennent normalement avant l’apparition de cycles espacés, puis d’une absence prolongée de règles. [1] Une minorité présente une aménorrhée primaire, c’est-à-dire l’absence des premières règles en raison d’un dysfonctionnement ovarien. [1] Les caractères sexuels secondaires peuvent néanmoins se développer normalement. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est d’abord évoqué devant l’association des quatre signes palpébraux caractéristiques, habituellement reconnaissables dès la naissance. [4] L’examen ophtalmologique évalue notamment la vision, la réfraction, la présence d’un strabisme, le risque d’amblyopie, la sévérité du ptosis et le fonctionnement du muscle qui soulève la paupière. [2] [4] Une analyse génétique moléculaire recherchant une variation pathogène de FOXL2 ou de sa région régulatrice peut confirmer le diagnostic. [1] L’histoire familiale recherche des anomalies palpébrales similaires et, chez les femmes de la famille, une insuffisance ovarienne ou une ménopause précoce. [4]

Une blépharophimosis ou un ptosis peuvent aussi faire partie d’autres maladies congénitales, de sorte que l’aspect des paupières ne permet pas toujours un autodiagnostic. [4] La présence d’autres malformations ou de difficultés du développement doit notamment conduire l’équipe médicale à envisager des diagnostics différents du BPES classique. [4]

Pourquoi l’évaluation ophtalmologique précoce est-elle importante ?

Chez l’enfant, retarder l’évaluation ophtalmologique ou la correction d’un ptosis qui compromet la vision peut entraîner une amblyopie sévère et une perte visuelle permanente. [1] Un enfant dont la paupière masque l’axe visuel doit donc bénéficier rapidement d’une évaluation spécialisée afin de protéger son développement visuel. [3] [4]

La surveillance recherche aussi un trouble de la réfraction ou un strabisme, qui peuvent nécessiter une prise en charge indépendamment de la chirurgie des paupières. [1] [4] La vision doit être contrôlée régulièrement pendant toute la période de développement visuel de l’enfant. [4]

Quels sont les principes du traitement ?

La prise en charge ophtalmologique vise d’abord à préserver la vision, à corriger les troubles de la réfraction et à traiter le strabisme ou l’amblyopie lorsqu’ils sont présents. [1] [4] La chirurgie peut relever la paupière supérieure et corriger tout ou partie du télécanthus, de l’épicanthus inversus et du rétrécissement de l’ouverture palpébrale. [3] [4] Lorsqu’un ptosis obstrue l’axe visuel et menace le développement de la vision, sa correction peut être proposée précocement. [3] [4] Lorsque l’axe visuel n’est pas menacé, le calendrier opératoire peut être planifié en fonction de la sévérité des anomalies, de l’examen du muscle releveur et des objectifs fonctionnels ou esthétiques. [3]

La correction peut être réalisée en une seule intervention chez certains patients ou en plusieurs étapes, sans consensus général sur la stratégie optimale pour tous. [3] Le choix dépend notamment de l’âge, de la gravité du ptosis, du risque d’amblyopie, du degré de télécanthus et de la fonction du muscle releveur. [3] Selon la technique, les complications possibles comprennent une correction insuffisante ou excessive, une récidive du ptosis, des cicatrices, une infection, un problème lié au matériel de suspension ou une mauvaise fermeture de l’œil exposant la cornée. [2] Avant une intervention, il est recommandé de limiter le frottement des yeux afin d’éviter une lésion de la cornée. [1]

Quel suivi prévoir pour la fonction ovarienne ?

Les filles et les femmes atteintes doivent être informées du risque d’insuffisance ovarienne et bénéficier d’un suivi endocrinologique et gynécologique adapté. [1] [4] L’évaluation peut prendre en compte les cycles menstruels, les dosages hormonaux, l’échographie et différents marqueurs de la réserve ovarienne selon la situation. [2] [4] Une évaluation tardive ou un suivi sans appréciation de la réserve ovarienne peut réduire les options reproductives disponibles. [1] Si une insuffisance ovarienne est diagnostiquée, sa prise en charge et les possibilités de projet parental sont discutées avec les spécialistes concernés, avec un soutien psychologique si nécessaire. [1] [4]

Comment le BPES se transmet-il ?

Le BPES se transmet principalement sur un mode autosomique dominant, ce qui signifie qu’une seule copie altérée du gène peut être responsable de la maladie. [1] [4] Chaque enfant d’une personne atteinte a un risque de 50 % d’hériter de l’altération génétique en cause. [1] Plus de la moitié des personnes diagnostiquées ont un parent atteint, mais une altération génétique nouvelle, dite de novo, peut aussi survenir. [1] Le conseil génétique aide la famille à comprendre le résultat des analyses, la variabilité possible de la maladie, le risque de transmission et les options reproductives. [1] [2] Lorsqu’une altération responsable a été identifiée dans une famille, des possibilités de diagnostic prénatal ou préimplantatoire peuvent être discutées dans le cadre d’une consultation spécialisée. [1]

Quel suivi à long terme est recommandé ?

Le suivi est individualisé et associe selon les besoins l’ophtalmologiste, le chirurgien spécialisé des paupières, le généticien, l’endocrinologue et le gynécologue. [1] [4] Les apparentés plus jeunes ou plus âgés susceptibles d’être atteints peuvent être évalués afin d’organiser précocement une surveillance ophtalmologique et, chez les femmes, un suivi de la fonction ovarienne. [1] Le suivi ne vise pas seulement l’apparence des paupières, mais aussi la protection de la vision, la fonction ovarienne, les projets de parentalité et le retentissement émotionnel éventuel. [1] [4]

Sources et références

[1] Blepharophimosis, Ptosis, and Epicanthus Inversus Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13

[2] Blepharophimosis Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[4] The Genetic and Clinical Features of

www.ebi.ac.uk · Version : 2021-03-04 · Consulté le 2026-09-16

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