Asphyxie à la naissance : signes, évaluation et prise en charge du nouveau-né

L’asphyxie à la naissance, ou asphyxie périnatale, correspond à une diminution du flux sanguin vers les tissus du nouveau-né ou à une diminution de l’oxygène dans son sang avant, pendant ou juste après l’accouchement. [1] Cette situation peut perturber plusieurs organes, en particulier le cerveau, lorsque l’apport de sang et d’oxygène devient insuffisant. [2] Elle est repérée et prise en charge dès la naissance par l’équipe médicale, car le nouveau-né peut avoir immédiatement besoin d’une assistance respiratoire ou circulatoire. [1]
Asphyxie périnatale et encéphalopathie hypoxo-ischémique : quelle différence ?
L’asphyxie périnatale désigne l’interruption ou l’insuffisance des échanges sanguins et gazeux autour de la naissance. [2] L’hypoxie correspond à un manque partiel d’oxygène, tandis que l’anoxie correspond à un manque complet d’oxygène. [2] L’encéphalopathie hypoxo-ischémique néonatale désigne plus précisément l’atteinte neurologique provoquée par la diminution d’oxygène et de circulation sanguine associée à l’asphyxie périnatale. [2] Ces termes ne sont donc pas interchangeables : une asphyxie est l’événement en cause, alors que l’encéphalopathie décrit l’une de ses complications possibles. [2]
Quels signes peuvent être observés à la naissance ?
Un nouveau-né atteint peut paraître pâle et sans vie, respirer très faiblement ou ne pas respirer, et présenter un rythme cardiaque très lent. [1] Une atteinte cérébrale peut se manifester par une léthargie, une diminution du tonus, une succion faible ou absente, des pauses respiratoires, des mouvements anormaux des yeux ou des convulsions. [2] Les poumons peuvent présenter une difficulté respiratoire et un faible taux d’oxygène. [1] D’autres signes peuvent traduire une atteinte du cœur, des reins, du foie, de l’intestin ou du système sanguin, notamment une hypotension, une diminution des urines, des troubles de la coagulation, une difficulté à digérer le lait ou des saignements. [1]
À quoi sert le score d’Apgar ?
L’état du bébé est évalué à une minute puis à cinq minutes après la naissance au moyen du score d’Apgar. [1] Ce score prend en compte la fréquence cardiaque, l’effort respiratoire, le tonus musculaire, les réactions réflexes et la couleur. [1] Un score bas signale que le nouveau-né est en difficulté et peut avoir besoin d’une assistance pour respirer ou maintenir sa circulation sanguine. [1] Le score d’Apgar ne permet toutefois pas de prévoir à lui seul l’état de santé du bébé au-delà des premières minutes de vie. [1]
Quelles peuvent être les causes ?
L’asphyxie périnatale peut être liée à une altération de la circulation ou de l’oxygénation maternelle, à un problème du placenta ou du cordon ombilical, ou à une affection propre au fœtus. [2] Parmi les causes possibles figurent un décollement placentaire, une compression ou une obstruction du cordon, une infection sévère du fœtus, une hémorragie maternelle importante ou une maladie maternelle sévère. [1] [2] Une exposition à certains médicaments ou à certaines drogues avant la naissance peut également être en cause. [1] Même après l’étude du déroulement de la grossesse et de l’accouchement, la cause exacte n’est pas toujours retrouvée. [1] [2]
Comment l’état du nouveau-né est-il évalué ?
L’évaluation associe les circonstances obstétricales, l’examen du nouveau-né et des analyses destinées à rechercher un manque d’oxygène, une acidose et une atteinte des organes. [2] Les gaz du sang aident à distinguer une acidose respiratoire d’une acidose métabolique et à apprécier le degré d’hypoxémie. [2] Des analyses du glucose, du foie, de la coagulation, du cœur et des reins peuvent être utilisées pour évaluer les conséquences de l’événement. [2] Une surveillance neurologique continue est importante, et un électroencéphalogramme peut être réalisé lorsque des convulsions sont suspectées. [2] Une IRM cérébrale est fréquemment pratiquée lorsque l’état du nouveau-né le permet afin de rechercher des lésions et d’aider à évaluer le pronostic. [2] L’IRM renseigne mieux sur le risque d’évolution défavorable lorsque les lésions sont sévères que lorsqu’elles sont légères ou modérées. [2]
Quels traitements peuvent être nécessaires ?
Lorsque le nouveau-né respire mal ou ne respire pas, l’équipe entreprend immédiatement une réanimation. [1] Cette réanimation peut comprendre une ventilation au ballon et au masque ou l’introduction d’une sonde dans la trachée pour assurer la respiration. [1] En cas de perte de sang rapide accompagnée d’un état de choc, des liquides intraveineux et parfois du sang ou du plasma peuvent être administrés immédiatement. [1] Une hospitalisation en soins intensifs néonatals peut être nécessaire pour soutenir la respiration, le fonctionnement du cœur et les autres organes atteints. [1] [2]
L’hypothermie thérapeutique consiste à refroidir le nouveau-né dans un cadre spécialisé afin de limiter la phase secondaire des lésions cérébrales. [2] Elle est indiquée dans la source disponible pour une encéphalopathie hypoxo-ischémique modérée à sévère chez les nourrissons nés après plus de 35 semaines de grossesse. [2] Elle ne constitue pas un traitement applicable à tous les nouveau-nés ayant connu un manque d’oxygène. [2] Chez les prématurés et dans les atteintes légères, l’efficacité et la sécurité de cette stratégie ne sont pas établies de la même manière. [2]
Quelle évolution et quel suivi sont possibles ?
La plupart des organes lésés par l’asphyxie à la naissance peuvent récupérer au cours de la première semaine, mais certaines lésions cérébrales peuvent persister. [1] Les nourrissons sans lésion cérébrale ou avec une atteinte minime peuvent ne conserver aucun problème de santé. [1] Une atteinte cérébrale modérée à sévère peut entraîner des difficultés durables, notamment des troubles de l’apprentissage, un retard du développement ou une paralysie cérébrale. [1] Les formes sévères peuvent être mortelles. [1] L’examen clinique et l’évaluation répétée de l’enfant au cours de sa croissance restent essentiels pour apprécier son développement à long terme. [2]
Sources et références
[1] Asphyxie à la naissance - Santé des enfants - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Birth Asphyxia - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.