Artérite : différences entre les maladies et focus sur l’artérite des jambes

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Le mot « artérite » ne désigne pas une maladie unique : il est notamment employé pour l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, liée le plus souvent à l’athérosclérose, mais aussi pour des maladies inflammatoires comme les artérites de Takayasu ou à cellules géantes. [3] [9] Ces maladies peuvent toucher des artères différentes, survenir dans des populations différentes et relever d’une évaluation ainsi que de traitements distincts. [3] [5] [2] En France, le terme « artérite des jambes » désigne couramment l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, ou AOMI, qui constitue le sujet principal de cette fiche. [3] [1]
Qu’est-ce que l’artérite des membres inférieurs ?
L’AOMI correspond à une obstruction partielle ou totale des artères des membres inférieurs, qui réduit l’arrivée de sang et d’oxygène dans le pied, la jambe ou la cuisse. [3] Dans 90 à 95 % des cas, cette obstruction résulte de plaques d’athérome formées principalement par l’accumulation de cholestérol dans la paroi interne des artères. [3] Lorsque le calibre de l’artère diminue, les tissus situés en aval reçoivent moins d’oxygène : ce phénomène est appelé ischémie. [3] L’athérosclérose étant une maladie artérielle diffuse, une AOMI peut être associée à une atteinte des artères du cœur, du cerveau, des reins ou de l’aorte. [3] [9]
Quels facteurs favorisent l’AOMI ?
Le tabagisme joue un rôle important dans la survenue de l’artérite des jambes. [3] Le diabète, l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol ou de triglycérides, le surpoids, la sédentarité et la consommation excessive d’alcool augmentent également le risque cardiovasculaire. [3] L’âge et certains antécédents familiaux cardiovasculaires précoces font partie des facteurs sur lesquels il n’est pas possible d’agir. [3] Plus rarement, une artérite des jambes peut être liée à une maladie inflammatoire, auto-immune ou dégénérative plutôt qu’à l’athérosclérose. [3]
Quels sont les symptômes de l’artérite des jambes ?
L’AOMI peut rester longtemps silencieuse et être découverte pendant un examen réalisé pour un autre motif ou lors d’un bilan cardiovasculaire. [1] Les formes sans douleur sont plus fréquentes chez les personnes diabétiques, car une atteinte des nerfs peut atténuer les sensations douloureuses. [1] Le premier symptôme typique est une douleur musculaire ressemblant à une crampe, souvent au mollet, qui apparaît à la marche et oblige progressivement à s’arrêter. [1] Cette douleur disparaît habituellement en quelques minutes au repos puis revient à la reprise de l’effort : c’est la claudication intermittente. [1] La distance parcourue avant l’apparition de la gêne ou avant l’arrêt de la marche aide à apprécier le retentissement de la maladie. [1]
Lorsque l’AOMI s’aggrave, une douleur ressemblant à une brûlure peut apparaître au niveau du pied au repos, notamment la nuit en position couchée. [1] Une peau froide, pâle, sèche ou bleu-violet, une perte de poils, des ongles cassants et une différence de température entre les pieds peuvent traduire une mauvaise vascularisation. [1] À un stade sévère, de petites plaies peuvent mal cicatriser et des ulcères profonds peuvent apparaître, le plus souvent au niveau du pied. [1] Sans traitement à temps, une gangrène peut commencer aux orteils puis s’étendre au pied et à la cheville. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur les symptômes, la recherche des facteurs de risque cardiovasculaire et l’examen des jambes et des pieds. [1] Le médecin observe notamment l’état de la peau et des ongles, recherche une plaie, palpe les pouls à différents niveaux des jambes et écoute d’éventuels souffles artériels. [1] L’index de pression systolique compare la pression artérielle mesurée à la cheville à celle mesurée au bras. [1] Un index inférieur à 0,9 permet de porter le diagnostic d’artérite des membres inférieurs selon la source patient de l’Assurance Maladie. [1] L’écho-doppler artériel confirme le diagnostic et précise l’emplacement, la nature et l’étendue des lésions ainsi que la qualité du flux sanguin. [1] Un test de marche peut mesurer la distance maximale parcourue et quantifier la diminution de la circulation provoquée par l’effort. [1] Un angioscanner, une angio-IRM ou une artériographie peuvent être demandés lorsqu’une intervention est envisagée afin de cartographier plus précisément les artères. [1]
Le bilan recherche aussi d’autres localisations de l’athérosclérose et évalue notamment la tension artérielle, le cœur, la fonction rénale, la glycémie et les lipides sanguins. [1] Cette évaluation globale est importante car les personnes atteintes d’une maladie artérielle périphérique présentent un risque coronarien et cérébrovasculaire accru. [9]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement vise à réduire la douleur, améliorer la marche et la qualité de vie, freiner l’athérosclérose et prévenir les complications cardiovasculaires ou locales. [8] La prise en charge associe un traitement médical, une action sur les facteurs de risque et, dans certaines situations, une revascularisation destinée à rétablir la circulation. [8] L’arrêt complet du tabac, une alimentation équilibrée, la prise en charge du surpoids et une activité physique adaptée font partie du traitement. [8] [4] Avant de commencer ou de modifier une activité physique, il est recommandé d’en parler au médecin afin de choisir des exercices compatibles avec les capacités et les limites de la personne. [7] Selon la situation, le traitement médicamenteux agit sur le cholestérol, la tension artérielle ou le diabète et comprend un antiagrégant plaquettaire pour prévenir certaines complications liées aux caillots. [8] Une plaie ou un ulcère nécessite des soins locaux et une adaptation du traitement médical. [8]
Quand une revascularisation est nécessaire, l’angioplastie dilate l’artère à l’aide d’un ballonnet et peut être complétée par la pose d’un stent. [8] L’endartériectomie retire la plaque d’athérome dans certaines artères de moyen ou gros calibre. [8] Le pontage crée une dérivation autour de la zone obstruée afin de rétablir l’apport sanguin aux tissus situés en aval. [8] Le choix de la technique dépend de la localisation et de la gravité des lésions ainsi que de l’état de santé général. [8]
Quel suivi est nécessaire ?
Le suivi évalue l’évolution de l’AOMI et l’efficacité du traitement au moyen de consultations, de la palpation des pouls et de mesures répétées de l’index de pression systolique. [7] Il peut aussi comprendre un électrocardiogramme, des analyses de sang et d’urines ainsi que des écho-dopplers artériels ou cardiaques selon l’évolution. [7] Les pieds doivent être surveillés et toute nouvelle plaie doit être signalée au médecin. [7] Un traitement prescrit ne doit pas être modifié ou arrêté sans avis médical. [7] Diagnostiquée tôt et correctement traitée, l’AOMI peut se stabiliser avec une atténuation des symptômes et une amélioration de la qualité de vie. [1]
Quand faut-il agir en urgence ?
L’obstruction brutale d’une artère de la jambe par un caillot provoque une ischémie aiguë du membre : il s’agit d’une urgence médico-chirurgicale qui doit être traitée d’urgence à l’hôpital. [1] Une douleur nouvelle ou inhabituelle, une plaie qui ne cicatrise pas, une douleur thoracique, un malaise ou un essoufflement anormal pendant l’activité impose d’arrêter l’effort et de consulter. [7] Toute aggravation ou tout symptôme inhabituel et nouveau doit être signalé sans délai au médecin. [7]
Pourquoi certaines artérites sont-elles différentes de l’AOMI ?
L’artérite de Takayasu est une maladie inflammatoire chronique qui touche principalement l’aorte, ses branches et parfois les artères pulmonaires. [5] Elle atteint surtout les femmes jeunes, même si elle peut survenir dans toutes les populations. [5] Elle peut provoquer des symptômes généraux puis des manifestations dépendant des artères atteintes, comme une fatigue ou une douleur d’un membre à l’effort, des différences de pouls ou de pression artérielle, des troubles visuels, des vertiges ou une hypertension. [5] [6] Son diagnostic repose principalement sur l’imagerie de l’aorte et de ses branches, tandis que son traitement vise à contrôler l’inflammation avec des corticoïdes et d’autres médicaments agissant sur le système immunitaire. [5] L’artérite à cellules géantes est une autre maladie inflammatoire distincte ; ses signes d’alerte, son diagnostic et sa prise en charge ne sont pas détaillés dans cette fiche, principalement consacrée à l’AOMI. [9] [2] Les symptômes, examens et traitements décrits pour l’AOMI ne doivent donc pas être transposés automatiquement à une artérite inflammatoire. [3] [5] [2]
Sources et références
[1] Artériopathie oblitérante (artérite) des jambes : symptômes, diagnostic, évolution | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Haute Autorité de Santé - RINVOQ (upadacitinib) - Artérite à cellules géantes chez l'adulte
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11
[3] Artériopathie oblitérante des membres inférieurs : définition et causes | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[4] Prévenir l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[5] Takayasu Arteritis - Bone, Joint, and Muscle Disorders - MSD Manual Consumer Version
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[6] Takayasu Arteritis - Rheumatology and Orthopedics - MSD Manual Professional Edition
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[7] Vivre avec une artérite des membres inférieurs | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[8] Le traitement de l’artérite (artériopathie oblitérante) des membres inférieurs | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[9] Article - Bulletin épidémiologique hebdomadaire
beh.santepubliquefrance.fr · Consulté le 2026-09-15
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