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Artériopathies oblitérantes : comprendre l’atteinte des membres inférieurs

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Médecine vasculaire par ville

Cette fiche porte sur l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, aussi appelée artérite des jambes ou AOMI. [1] Dans cette maladie, le rétrécissement d’une artère diminue l’arrivée de sang et d’oxygène vers les muscles situés en aval. [1] L’AOMI peut rester longtemps silencieuse, puis provoquer une douleur à la marche et, lorsqu’elle s’aggrave, des douleurs au repos ou des lésions du pied. [1]

Quels sont les symptômes de l’artériopathie des jambes ?

Une AOMI sans symptôme peut être découverte lors d’un examen réalisé pour un autre motif ou au cours d’un bilan cardiovasculaire. [1] Les formes silencieuses sont plus fréquentes chez les personnes diabétiques, car une atteinte des nerfs liée au diabète peut atténuer la douleur. [1]

Le premier signe typique est une douleur musculaire ressemblant à une crampe, ressentie dans le mollet, le pied, la cuisse ou la fesse pendant la marche. [1] Cette douleur s’accentue avec l’effort, oblige à s’arrêter, disparaît habituellement en moins de dix minutes au repos et revient à la reprise de la marche. [1] La distance à laquelle la gêne commence et celle à laquelle l’arrêt devient nécessaire aident à mesurer le retentissement de la maladie. [1] Ces distances peuvent diminuer sur un terrain accidenté, par temps froid ou venteux, ainsi qu’après un repas. [1]

À un stade plus avancé, une douleur ressemblant à une brûlure peut apparaître dans le pied en position couchée, notamment la nuit. [1] La personne peut être obligée de se lever ou de laisser pendre sa jambe au bord du lit pour tenter de soulager cette douleur. [1] Une douleur au repos persistant plus de quinze jours témoigne d’une aggravation de la maladie. [1]

La mauvaise circulation peut rendre la peau du pied sèche, pâle ou froide et s’accompagner d’une perte des poils ou d’ongles cassants. [1] Le pied ou les orteils peuvent pâlir lorsque la jambe est surélevée et prendre une teinte bleu-violet lorsqu’elle pend. [1] Les formes sévères peuvent entraîner un retard de cicatrisation, des ulcères profonds du pied puis une gangrène en l’absence de traitement à temps. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur l’analyse des symptômes, la recherche des facteurs de risque cardiovasculaire et l’examen clinique. [1] Le médecin examine notamment l’aspect et la température des jambes et des pieds, la présence d’une plaie ainsi que les anomalies des ongles ou de la peau. [1] Il palpe les pouls à différents niveaux des membres inférieurs et recherche à l’auscultation un souffle pouvant traduire le rétrécissement d’une artère. [1]

L’index de pression systolique, ou IPS, compare la pression artérielle mesurée à la cheville à celle mesurée au bras. [1] Une valeur comprise entre 0,9 et 1,4 est considérée comme normale, tandis qu’un résultat inférieur à 0,9 permet de porter le diagnostic d’artériopathie des membres inférieurs. [1] Un test de marche sur tapis roulant peut mesurer la distance maximale parcourue avant la douleur et quantifier l’ischémie provoquée par l’effort. [1]

L’écho-doppler artériel confirme le diagnostic et précise l’emplacement, la nature et l’étendue des lésions. [1] Cet examen indolore évalue également la paroi et le diamètre des artères ainsi que la qualité du flux sanguin en aval de la lésion. [1] Lorsqu’une intervention est envisagée, une angio-IRM, un angio-scanner ou une artériographie peut compléter la cartographie des lésions et des artères situées en aval. [1]

Pourquoi le bilan recherche-t-il d’autres atteintes cardiovasculaires ?

Le bilan recherche d’autres localisations artérielles de l’athérome, car cette atteinte peut concerner plusieurs organes. [1] Une prise de sang peut notamment évaluer les cellules sanguines, la fonction rénale, la glycémie et les lipides sanguins. [1] Selon la situation, l’évaluation peut aussi comprendre l’exploration d’autres artères et des examens destinés à repérer une atteinte des artères coronaires. [1]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement de première intention associe une prise en charge médicamenteuse, l’arrêt du tabac et une rééducation à la marche. [2] La rééducation à la marche augmente la distance pouvant être parcourue sans douleur chez les personnes atteintes d’AOMI. [2] La prise en charge comprend aussi le contrôle optimal des facteurs de risque cardiovasculaire. [2] [1]

Une revascularisation est réservée notamment aux personnes qui restent très limitées et symptomatiques malgré la rééducation à la marche et le contrôle des facteurs de risque. [2] Elle est également indiquée dans les ischémies critiques qui menacent le membre inférieur. [2]

Évolution, suivi et prévention des complications

Un diagnostic précoce améliore la prise en charge et contribue à prévenir les complications. [1] Lorsque le diagnostic est précoce et le traitement bien conduit, la maladie peut se stabiliser, les symptômes s’atténuer et la qualité de vie s’améliorer. [1] En revanche, l’obstruction progressive des artères peut conduire à des plaies chroniques, à des ulcères puis à une gangrène, notamment si les facteurs de risque cardiovasculaire ne sont pas contrôlés. [1] Une gangrène non traitée à temps peut nécessiter une amputation. [1]

Les personnes présentant au moins un facteur de risque cardiovasculaire nécessitent un suivi médical. [1] En France, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs peut être reconnue comme affection de longue durée. [1] Dans ce cadre, les examens et soins en rapport avec la maladie sont pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie. [1]

Sources et références

[2] Article - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

beh.santepubliquefrance.fr · Consulté le 2026-09-15

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Spécialités médicales concernées

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Médecin vasculaire, angiologue, phlébologue
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