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Thromboangéite oblitérante : symptômes, diagnostic et traitements

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Sevrage tabagique par ville

La thromboangéite oblitérante, ou maladie de Buerger, est une maladie vasculaire rare caractérisée par une inflammation et une obstruction des artères de petit et moyen calibre des jambes ou des bras. [2] Elle diminue l’arrivée de sang dans les extrémités et peut aussi s’accompagner d’une inflammation ou d’une thrombose des veines superficielles. [1] La maladie est étroitement associée au tabagisme, et l’arrêt du tabac constitue la mesure centrale de la prise en charge. [1] [2]

Qui peut être touché et quelles sont les causes ?

La thromboangéite oblitérante apparaît généralement chez des personnes qui fument et touche le plus souvent des hommes âgés de 30 à 45 ans. [2] Elle est néanmoins rare, y compris parmi les personnes qui fument, ce qui suggère une susceptibilité individuelle encore mal comprise. [2] La cause exacte demeure inconnue, même si une réaction inflammatoire au tabac, un stress oxydatif et des mécanismes immunitaires ont été proposés. [1] [2]

Quels symptômes peuvent apparaître ?

Les symptômes apparaissent habituellement de façon progressive au niveau des doigts ou des orteils, puis peuvent remonter le long des jambes ou des bras. [2] Une froideur, un engourdissement, des picotements, une sensation de brûlure ou une douleur peuvent traduire la diminution de l’apport sanguin. [2] Ces sensations peuvent précéder les modifications visibles de la peau dues au manque d’oxygénation des tissus, appelé ischémie. [2] Un phénomène de Raynaud peut survenir, avec des changements de couleur des doigts ou des orteils liés aux variations de leur circulation sanguine. [1] [2]

La claudication intermittente correspond à une douleur ou à des crampes musculaires déclenchées par l’effort, notamment dans les pieds ou les mollets lorsque les jambes sont atteintes. [2] Lorsque les bras sont concernés, les crampes peuvent toucher les mains ou les avant-bras. [2] Avec la progression de la maladie, la douleur peut devenir plus intense, durer plus longtemps et être présente même au repos. [1] [2] La main ou le pied atteint peut être froid et prendre une coloration bleuâtre ou grisâtre lorsque le débit sanguin devient très faible. [2]

À un stade avancé, des ulcères cutanés qui cicatrisent mal peuvent apparaître sur un ou plusieurs doigts ou orteils. [1] [2] Une ischémie sévère peut conduire à une gangrène, c’est-à-dire à la destruction de tissus privés d’un apport sanguin suffisant. [1] [2] Certaines personnes présentent également des épisodes de phlébite migratrice affectant généralement les veines superficielles des pieds ou des jambes. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur l’association des symptômes, de l’examen clinique, des examens vasculaires et de l’exclusion d’autres causes d’ischémie. [1] À l’examen, un ou plusieurs pouls peuvent être faibles ou absents au niveau des pieds ou des poignets. [2] Les extrémités atteintes peuvent pâlir lorsqu’elles sont surélevées et devenir rouges ou plus foncées lorsqu’elles sont placées vers le bas. [2]

L’échographie vasculaire et les mesures de pression peuvent mettre en évidence une diminution importante de la pression et du débit sanguins dans les extrémités touchées. [1] [2] L’angiographie peut montrer des obstructions segmentaires des artères distales et des vaisseaux collatéraux tortueux autour des zones obstruées. [1] Des analyses sanguines recherchent notamment des arguments en faveur d’une vascularite ou d’un syndrome des antiphospholipides. [1] Une échocardiographie peut être réalisée pour écarter un caillot provenant du cœur et bloquant une artère d’un membre. [1] [2] Il n’existe pas de marqueur biologique unique permettant de confirmer à lui seul une thromboangéite oblitérante. [3] Une biopsie ou l’avis d’un spécialiste peut parfois être nécessaire lorsque le diagnostic reste incertain. [2]

Pourquoi l’arrêt du tabac est-il essentiel ?

L’arrêt du tabac est la partie la plus importante du traitement et doit être complet. [1] [2] La poursuite du tabagisme entraîne une progression de la maladie vers une ischémie sévère et rend souvent une amputation nécessaire. [1] À l’inverse, lorsque l’arrêt du tabac est obtenu, le pronostic s’améliore fortement et l’amputation devient rarement nécessaire. [1] [2]

Quelles autres mesures et quels traitements peuvent être proposés ?

La protection du membre atteint comprend l’évitement du froid et des blessures thermiques, chimiques ou mécaniques. [1] Des chaussures confortables, suffisamment larges et bien ajustées contribuent à limiter les traumatismes des pieds. [1] [2] La prise en charge prévoit aussi d’éviter les substances et médicaments qui provoquent une constriction des vaisseaux sanguins. [1] [2]

Une prostacycline administrée par voie intraveineuse peut aider certains patients à réduire la douleur, favoriser la cicatrisation des ulcères et éviter une amputation au début du sevrage tabagique. [1] [2] D’autres médicaments vasodilatateurs peuvent être essayés, mais les données disponibles sur leur efficacité restent limitées ou incertaines. [1] [2] Une revascularisation endovasculaire ou chirurgicale peut être envisagée dans certaines situations d’ischémie chronique menaçant le membre afin d’améliorer la circulation sanguine. [1] La sympathectomie, qui consiste à interrompre certains nerfs responsables de la constriction vasculaire, est rarement pratiquée car son effet sur le débit sanguin est généralement temporaire. [2]

Quels sont les principaux risques d’évolution ?

Les principales complications sont les douleurs persistantes, les ulcères ischémiques, la gangrène et la perte d’un doigt, d’un orteil ou d’une partie plus étendue du membre par amputation. [1] [2] Le risque évolutif dépend fortement de la poursuite ou non du tabagisme. [1] [2]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

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Médecin vasculaire, angiologue, phlébologue
Médecine interne et immunologie clinique