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Apraxie de la marche : manifestations, évaluation et signes d’urgence

L’apraxie de la marche désigne un trouble dans lequel une personne ne parvient plus à utiliser correctement ses jambes pour marcher, sans que cette difficulté soit suffisamment expliquée par une faiblesse musculaire ou une atteinte sensitive démontrable. [3] Cette appellation reste cependant controversée et peut recouvrir un ensemble plus complexe de difficultés touchant la marche, l’équilibre et le passage d’une posture à une autre. [3] Il s’agit donc d’une description clinique à faire préciser par une évaluation médicale, et non d’un diagnostic que l’on peut poser à partir d’une démarche lente ou instable isolée. [3]

Comment ce trouble peut-il se manifester ?

Les descriptions cliniques rapportent une difficulté à commencer le mouvement, des pas courts et traînants, une impression de pieds collés au sol, une marche lente et hésitante ainsi qu’une difficulté à changer de direction. [3] La stabilité peut aussi être altérée, avec des pertes d’équilibre, des chutes, une difficulté dans les escaliers ou le besoin d’une aide pour marcher. [3] Certaines personnes conservent des mouvements satisfaisants des jambes lorsqu’elles sont allongées alors que la station debout et la marche sont fortement perturbées. [3] Le terme « apraxie » ne signifie pas nécessairement une impossibilité totale de marcher, car une marche autonome ou assistée peut rester possible, notamment aux stades non avancés des troubles décrits dans l’hydrocéphalie à pression normale idiopathique. [3]

Un terme à distinguer des autres troubles de la marche

L’apraxie de la marche a historiquement été distinguée de l’ataxie cérébelleuse, qui correspond à un autre mécanisme de trouble de la coordination. [3] La littérature emploie néanmoins plusieurs expressions proches, telles que « marche frontale », « ataxie frontale » ou « marche magnétique », sans consensus complet sur leur équivalence. [3] Les descriptions historiques associent ce type de trouble à des atteintes des régions frontales du cerveau et à certaines formes d’hydrocéphalie, mais ces contextes ne représentent pas à eux seuls toutes les causes possibles d’une difficulté à marcher. [3] En particulier, l’apraxie de la marche ne doit pas être assimilée automatiquement à l’hydrocéphalie à pression normale, dont elle peut seulement constituer une manifestation motrice. [3]

Comment l’évaluation peut-elle être orientée ?

L’observation de la marche doit notamment préciser le démarrage, la longueur et la hauteur des pas, la stabilité, les demi-tours et les transitions entre la position assise, la station debout et la marche. [3] Lorsque le médecin envisage une hydrocéphalie à pression normale, il recherche également d’éventuelles difficultés cognitives et des troubles du contrôle de la vessie, tout en sachant que tous ces symptômes ne sont pas nécessairement présents. [2] Dans ce contexte précis, un scanner ou une IRM du cerveau peut montrer une accumulation de liquide cérébrospinal et contribuer à confirmer l’hydrocéphalie. [2] Une ponction lombaire ou d’autres tests de drainage et de pression du liquide cérébrospinal peuvent ensuite être proposés pour apprécier si une intervention chirurgicale est susceptible d’apporter un bénéfice. [2] Ces examens concernent l’hypothèse particulière d’une hydrocéphalie et ne constituent pas un bilan automatique de toute difficulté de marche. [2]

Quand une difficulté soudaine à marcher est-elle une urgence ?

Une perte soudaine de l’équilibre ou une instabilité apparue brutalement peut être un signe d’accident vasculaire cérébral, notamment lorsqu’elle s’accompagne d’une faiblesse ou d’un engourdissement d’un membre, d’une paralysie du visage, d’un trouble de la parole ou de la vision, ou d’un mal de tête brutal et inhabituel. [1] En présence de l’un de ces signes, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112, même si le symptôme disparaît en quelques minutes. [1] Dans l’attente des secours, il faut noter l’heure d’apparition des premiers signes, aider la personne à s’asseoir ou à s’allonger et ne rien lui donner à boire, à manger ou comme médicament. [1]

Une apraxie de la marche est habituellement un terme descriptif établi après une évaluation et ne doit jamais servir à banaliser un trouble de la marche qui apparaît soudainement. [1] [3]

Sources et références

[1] AVC : que faire ? | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[2] Hydrocephalus - Diagnosis - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

[3] Gait Apraxia and Hakim’s Disease: A Historical Review

www.ebi.ac.uk · Version : 2023-04-03 · Consulté le 2026-09-16

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