Insensibilité congénitale à la douleur avec anhidrose liée à NTRK1 : signes, diagnostic et suivi

Cette fiche décrit spécifiquement l'insensibilité congénitale à la douleur avec anhidrose liée à NTRK1, aussi appelée NTRK1-CIPA. [1] Cette maladie associe une absence de perception de la douleur, une anhidrose, c'est-à-dire une incapacité à transpirer, et souvent une déficience intellectuelle de degré variable. [1] L'absence de douleur n'empêche pas les blessures et peut au contraire conduire à des lésions répétées qui ne sont pas immédiatement repérées. [1]
Quels sont les signes de la maladie NTRK1-CIPA ?
La perception de toutes les formes de douleur, y compris la douleur provenant des organes internes, est absente. [1] En revanche, le toucher, les vibrations et la perception de la position des différentes parties du corps restent normaux. [1] Les lésions observées peuvent comprendre des morsures de la langue, des lèvres, de l'intérieur des joues ou du bout des doigts. [1] Des ecchymoses, des cicatrices et des infections de la peau peuvent également survenir. [1] Des fractures multiples, parfois difficiles à consolider, ainsi que des luxations répétées pouvant déformer les articulations sont possibles. [1]
L'anhidrose favorise des épisodes fébriles récurrents, qui constituent souvent la première manifestation de la maladie. [1] Une hypothermie peut aussi survenir dans un environnement froid. [1] La plupart des personnes atteintes présentent une déficience intellectuelle de degré variable. [1] Une hyperactivité et une instabilité émotionnelle sont également fréquentes. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur l'association de signes cliniques évocateurs et de deux variants pathogènes de NTRK1 identifiés par une analyse génétique moléculaire. [1] La présence de deux variants est dite biallélique, ce qui signifie que les deux copies du gène sont concernées. [1] Les signes seuls peuvent orienter l'évaluation, mais le diagnostic de NTRK1-CIPA est confirmé par le résultat moléculaire décrit. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge est un traitement de soutien adapté aux manifestations présentes. [1] Elle repose sur une coordination entre plusieurs spécialités, notamment la pédiatrie, l'orthopédie, la dentisterie, l'ophtalmologie et la dermatologie. [1] La surveillance de la température corporelle permet de prendre à temps des mesures destinées à prévenir ou à gérer une hyperthermie ou une hypothermie. [1] Les activités de l'enfant sont adaptées autant que raisonnablement possible afin de réduire le risque de blessure. [1]
Le traitement des blessures orthopédiques peut être difficile, car une immobilisation correcte n'est pas toujours réalisable et la consolidation peut alors être retardée. [1] Les dispositifs orthopédiques et les interventions invasives augmentent en outre le risque d'infection. [1] Pour prévenir les blessures de la bouche, les équipes peuvent envisager un protège-dents, le lissage des bords tranchants des dents ou, dans certaines situations, une extraction dentaire. [1] Ces gestes dentaires sont des options de prise en charge spécialisée et non des mesures à entreprendre sans évaluation professionnelle. [1]
Des produits hydratants pour la peau peuvent aider à prévenir l'épaississement et les fissures des paumes et des plantes des pieds, ainsi que le risque secondaire d'infection. [1] En cas de kératite neurotrophique, la prise en charge comprend des soins oculaires réguliers, la prévention des infections de la cornée et une observation quotidienne de la surface de l'œil. [1] Des interventions adaptées aux difficultés comportementales, développementales ou motrices sont recommandées lorsqu'elles sont présentes. [1] Un soutien scolaire et social est également recommandé pour les enfants et les adolescents d'âge scolaire. [1]
Quelle surveillance aide à prévenir les complications ?
Les parents ou les aidants doivent rechercher chaque jour des signes précoces de blessure qui pourraient autrement passer inaperçus. [1] Des examens réguliers en pédiatrie, orthopédie, dentisterie, ophtalmologie et dermatologie contribuent à prévenir les blessures graves et à commencer leur traitement précocement. [1] La synthèse clinique recommande aussi un suivi annuel dans un centre assurant une prise en charge globale et la communication entre les différentes spécialités. [1]
Les environnements très chauds ou froids, les aliments très chauds ou froids ainsi que les douches et bains chauds ou froids sont à éviter. [1] Les sauts, les activités à fort impact et les sports à fort impact sont également à éviter en raison du risque de blessure. [1]
Comment la maladie peut-elle se transmettre dans une famille ?
Le plus souvent, la maladie suit une transmission autosomique récessive, avec un variant pathogène de NTRK1 hérité de chaque parent. [1] Dans cette situation, à chaque grossesse, un frère ou une sœur d'une personne atteinte a un risque de 25 % d'être atteint, de 50 % d'être porteur asymptomatique et de 25 % de n'être ni atteint ni porteur. [1] Dans certains cas, les deux variants proviennent d'un même parent par isodisomie uniparentale, et le risque pour les frères et sœurs n'est alors pas supérieur à celui de la population générale. [1] Lorsque les variants familiaux de NTRK1 sont connus, une analyse génétique peut préciser le statut des nourrissons à risque afin d'organiser précocement leur surveillance. [1] Dans les familles concernées par une transmission autosomique récessive, l'identification des variants permet aussi d'envisager la recherche du statut de porteur, le diagnostic prénatal ou le diagnostic génétique préimplantatoire. [1]
Sources et références
[1] NTRK1 Congenital Insensitivity to Pain with Anhidrosis - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13
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