Le 5-FU et la capécitabine sont deux anticancéreux fréquemment utilisés contre les cancers colorectaux, gastriques ou du sein. Chez certaines personnes porteuses d'un déficit en DPD, une enzyme qui aide à éliminer ces médicaments, ces traitements peuvent provoquer des effets indésirables graves. Selon un signalement relayé début septembre 2026, des erreurs médicamenteuses évitables continuent d'être rapportées autour de ces molécules, ce qui relance la question du dépistage systématique avant traitement.
L'essentiel
- Le 5-FU (fluorouracile) et la capécitabine sont des chimiothérapies appartenant à la famille des fluoropyrimidines.
- Un déficit en DPD, enzyme qui dégrade ces médicaments, toucherait environ 3 à 5 % de la population française selon la fiche de référence du site.
- Ce déficit expose à des effets indésirables graves lors d'un traitement par fluoropyrimidines, d'où l'intérêt d'un dépistage avant la première administration.
- L'ANSM a renforcé les mesures de sécurité dans les établissements de santé à la suite d'une enquête nationale sur ces traitements.
Pourquoi le 5-FU et la capécitabine demandent une vigilance particulière
Le 5-FU et la capécitabine appartiennent à la famille des fluoropyrimidines, des anticancéreux utilisés notamment dans les cancers colorectaux, gastriques et du sein, selon la fiche du site consacrée à la capécitabine.
Ces médicaments sont efficaces, mais leur marge de sécurité peut être réduite chez certains patients dont l'organisme les élimine mal. C'est le rôle d'une enzyme appelée dihydropyrimidine déshydrogénase, ou DPD.
Un signalement de presse relayé le 15 septembre 2026 évoque encore des erreurs médicamenteuses évitables autour de ces traitements, ce qui souligne l'importance de bien identifier les patients à risque avant toute prescription.
Qu'est-ce que le déficit en DPD ?
Le déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) est une maladie génétique rare qui affecte le métabolisme de certains médicaments anticancéreux, selon la fiche pathologie du site. Il s'agit d'une des nombreuses erreurs innées du métabolisme, des maladies génétiques présentes dès la naissance.
Selon cette même fiche, cette pathologie toucherait environ 3 à 5 % de la population française. Chez les personnes concernées, l'organisme dégrade moins bien le 5-FU et la capécitabine, qui peuvent alors s'accumuler dans le corps.
- Le déficit peut être partiel ou plus marqué selon les personnes.
- Il n'entraîne pas de symptômes en dehors d'un traitement par fluoropyrimidines.
- Il est le plus souvent découvert à l'occasion d'un dépistage avant chimiothérapie plutôt que par des signes cliniques préalables.
Pourquoi un dépistage avant traitement est recommandé
Comme le déficit en DPD n'est généralement pas visible avant l'exposition au médicament, un dépistage avant la première administration de 5-FU ou de capécitabine permet d'identifier les patients pour lesquels une adaptation est nécessaire.
Ce principe rejoint la logique plus large du dépistage génétique, qui vise à repérer une prédisposition avant l'apparition de complications, selon la fiche du site consacrée à ce sujet.
Ce que permet le dépistage
- Repérer les patients porteurs d'un déficit en DPD avant le début du traitement.
- Adapter, si besoin, la prise en charge avec l'équipe oncologique.
- Réduire le risque d'effets indésirables graves liés à une accumulation du médicament dans l'organisme.
Les modalités précises du test recommandé en France, notamment le type de prélèvement et le délai de résultat, doivent être discutées avec l'équipe médicale.
Que se passe-t-il si un déficit est détecté ?
La conduite à tenir en cas de déficit détecté relève d'une décision médicale individualisée, prise par l'équipe qui suit le patient. Selon les cas, le traitement peut être adapté ou reconsidéré par le médecin prescripteur.
Il est essentiel de ne jamais modifier ou arrêter soi-même un traitement anticancéreux sans en parler d'abord au médecin ou au pharmacien référent, y compris en cas d'effets indésirables ressentis pendant la chimiothérapie.
L'adaptation de la posologie en fonction du degré de déficit en DPD relève d'une évaluation médicale individualisée.
Les mesures des autorités sanitaires face aux erreurs évitables
L'ANSM a mené une enquête nationale au sein des établissements de santé sur la sécurité des patients recevant une chimiothérapie par fluoropyrimidines, c'est-à-dire par 5-FU ou capécitabine. Les mesures qui en découlent visent à renforcer la sécurité de ces patients.
Ce travail s'inscrit dans un contexte où des signalements évoquent encore, en 2026, des erreurs médicamenteuses évitables autour de ces traitements, ce qui justifie une vigilance renforcée de la part des équipes soignantes comme des patients.
- Vérification du statut DPD avant traitement, quand elle est recommandée par l'équipe médicale.
- Sensibilisation des professionnels de santé aux risques propres aux fluoropyrimidines.
- Suivi rapproché des patients pendant la chimiothérapie.
Pour connaître le détail complet des mesures annoncées par l'ANSM, consultez les communiqués de l'agence.
Questions fréquentes
Le dépistage du déficit en DPD est-il obligatoire avant une chimiothérapie ?
En pratique, la décision revient à l'équipe oncologique qui suit le patient, à qui il convient de poser la question avant le début du traitement.
Que faire si je ressens des effets indésirables inhabituels pendant un traitement par 5-FU ou capécitabine ?
Il est recommandé de contacter rapidement l'équipe médicale ou le pharmacien référent plutôt que de modifier soi-même le traitement, car certains effets peuvent nécessiter un ajustement rapide de la prise en charge.
Un déficit en DPD empêche-t-il totalement de recevoir ces traitements ?
La décision de poursuivre, d'adapter ou de choisir une autre option thérapeutique appartient au médecin, en fonction du degré de déficit et de la situation du patient.