Vertige : reconnaître la sensation, comprendre l’évaluation et savoir quand consulter

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Vertiges par ville
Le vertige est une sensation de mouvement alors qu’aucun mouvement réel ne se produit : la personne peut avoir l’impression de tourner, que son environnement tourne, ou parfois d’être attirée d’un côté. [3] Il s’agit d’un symptôme et non d’un diagnostic, car des troubles différents de l’oreille interne, du cerveau ou d’autres fonctions de l’organisme peuvent le provoquer. [3] La durée des crises, leurs déclencheurs, les troubles auditifs ou neurologiques associés et l’examen clinique sont donc essentiels pour en rechercher la cause. [3]
Vertige, étourdissement et perte d’équilibre : quelles différences ?
Le mot « étourdissement » est imprécis et peut désigner une sensation de tête légère, l’impression de perdre connaissance, une instabilité ou un malaise difficile à décrire. [3] Le vertige correspond plus précisément à une illusion de mouvement, même si une même personne peut employer des mots différents selon les épisodes. [3] Il peut s’accompagner de nausées, de vomissements, d’une difficulté à marcher ou à garder l’équilibre, ainsi que de mouvements rythmiques involontaires des yeux appelés nystagmus. [3]
Quelles sont les principales causes possibles ?
Le vertige provient souvent d’un trouble des structures de l’oreille interne impliquées dans l’équilibre, mais il peut aussi venir du tronc cérébral, du cervelet ou des voies nerveuses qui les relient. [3] Parmi les causes courantes figurent le vertige positionnel paroxystique bénin, la maladie de Ménière, la névrite vestibulaire, la labyrinthite et la migraine vestibulaire. [3] Certains médicaments peuvent également provoquer des sensations vertigineuses, soit en affectant l’oreille et les organes de l’équilibre, soit en agissant plus globalement sur le cerveau. [3] Plus rarement, un vertige peut être lié à un accident vasculaire cérébral, un accident ischémique transitoire, une tumeur, un traumatisme ou une sclérose en plaques. [3] Une baisse de la glycémie, une pression artérielle basse, une anémie sévère ou certains troubles cardiaques et pulmonaires provoquent plus volontiers un étourdissement sans véritable sensation de rotation. [3]
La durée et les signes associés peuvent orienter l’évaluation sans permettre à eux seuls un autodiagnostic. [3] Des épisodes brefs déclenchés par un mouvement précis de la tête évoquent notamment un VPPB, tandis que des épisodes accompagnés d’acouphènes, d’une baisse auditive et d’une pression dans une oreille peuvent se rencontrer dans la maladie de Ménière. [1] [3] Un vertige soudain et intense durant plusieurs jours sans perte auditive peut correspondre à une névrite vestibulaire, alors qu’une perte auditive soudaine associée oriente vers d’autres causes, dont la labyrinthite. [3]
Le cas particulier du vertige positionnel paroxystique bénin
Le vertige positionnel paroxystique bénin, ou VPPB, est un sous-type fréquent dans lequel de courts épisodes sont déclenchés par des changements de position de la tête, par exemple en se tournant dans le lit ou en se penchant. [1] Il est habituellement lié au déplacement de petites particules de calcium dans un canal semi-circulaire de l’oreille interne, ce qui perturbe les signaux de mouvement. [1] Les crises durent généralement de quelques secondes à quelques minutes et peuvent s’accompagner de nausées, de vomissements et d’un nystagmus, sans perte auditive ni acouphènes. [1] Même s’il est qualifié de bénin, le VPPB peut déséquilibrer fortement, en particulier chez les personnes âgées, et provoquer une chute ou un accident si une crise survient pendant une activité risquée. [1]
Comment le vertige est-il évalué ?
Le professionnel de santé recherche notamment le début et la durée des symptômes, leur caractère continu ou intermittent, les mouvements déclencheurs, les chutes, les vomissements, les acouphènes et la prise récente d’un médicament. [3] L’examen porte en particulier sur les oreilles, l’audition, les mouvements des yeux, la marche, l’équilibre, la coordination et les autres fonctions neurologiques. [3] La direction et la durée d’un nystagmus, ainsi que la manière dont il apparaît lors de certaines manœuvres, peuvent aider à distinguer une atteinte de l’oreille interne d’une atteinte des voies cérébrales de l’équilibre. [3] Lorsque le VPPB est suspecté, la manœuvre de Dix-Hallpike consiste à modifier rapidement la position de la tête et du corps afin de rechercher la reproduction du vertige et un nystagmus caractéristique. [1] [3]
Les examens complémentaires ne sont pas identiques pour tous les patients et dépendent des constatations de l’interrogatoire et de l’examen clinique. [3] Un audiogramme peut être demandé lorsqu’une perte auditive est possible, tandis qu’une imagerie cérébrale est notamment envisagée en présence de signes d’alarme, de symptômes prolongés ou d’un doute sur une cause plus grave. [1] [3] Selon le contexte, l’évaluation peut aussi comprendre une mesure de la glycémie, des examens vestibulaires ou des explorations cardiaques. [3]
Quels signes imposent une évaluation immédiate ?
En cas de vertige, un mal de tête nouveau ou intense, une douleur du cou, une difficulté à marcher, une perte de connaissance ou une difficulté à entendre, voir, parler, avaler ou bouger un bras ou une jambe justifie de se rendre immédiatement à l’hôpital. [3] Une évaluation hospitalière immédiate est également indiquée lorsque les symptômes sont sévères, restent continus pendant plus d’une heure ou s’accompagnent de vomissements. [3] En l’absence de ces signes d’alarme, un vertige qui persiste, récidive ou perturbe la vie quotidienne doit faire l’objet d’une consultation médicale. [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge dépend de la cause identifiée et peut associer son traitement à un soulagement des nausées ou du vertige. [2] [3] Lorsqu’un médicament est soupçonné, le professionnel de santé peut décider d’en réduire la dose, de l’arrêter ou de le remplacer ; ces modifications ne doivent pas être entreprises de façon autonome. [3] Dans le VPPB, une manœuvre de repositionnement telle que la manœuvre d’Epley déplace les particules de l’oreille interne et soulage immédiatement la plupart des personnes. [1] Cette manœuvre peut être réalisée par un praticien expérimenté et, en cas de récidive, certaines personnes peuvent apprendre à la reproduire à domicile. [1] [3] Si les manœuvres de repositionnement échouent, une nouvelle évaluation recherche généralement une autre cause nécessitant une prise en charge différente. [1] Pour les vertiges ou étourdissements chroniques, une rééducation vestibulaire peut associer des exercices des yeux, de la tête et du corps à un travail de l’équilibre, de la marche et de la force musculaire. [3]
Comment réduire le risque de chute pendant une crise ?
Pendant une crise, s’asseoir immédiatement, bouger la tête lentement et rester immobile dans une pièce calme peuvent limiter le déséquilibre et la sensation de rotation. [2] Se lever progressivement, s’asseoir un moment au bord du lit avant de se mettre debout et allumer la lumière lors d’un lever nocturne peuvent également réduire le risque de chute. [2] Un épisode de vertige peut rendre dangereuses la conduite, l’utilisation d’une machine ou toute autre activité qui exige un équilibre et une attention précis. [1] [3] Chez les personnes âgées ou fragiles, le risque de chute et de blessure est plus élevé, et la peur de tomber peut elle-même limiter les activités quotidiennes. [3]
Sources et références
[1] Vertige positionnel paroxystique bénin - Troubles du nez, de la gorge et de l’oreille - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Vertigo - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[3] Dizziness and Vertigo - Ear, Nose, and Throat Disorders - MSD Manual Consumer Version
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
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