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Ulcère de la cornée : signes, urgence, diagnostic et traitements

Un ulcère de la cornée est une plaie ouverte de la cornée, la couche transparente située devant l’iris et la pupille. [1] Sur le plan anatomique, il correspond à une perte de l’épithélium cornéen qui atteint le stroma sous-jacent. [3] Cette lésion constitue une urgence oculaire, car elle peut s’approfondir, perforer la cornée, laisser une cicatrice gênant la vision ou entraîner une perte visuelle. [1] [3] Une douleur oculaire associée à une rougeur, une gêne à la lumière, un larmoiement ou une baisse de vision justifie donc une évaluation médicale immédiate. [3]

Quels sont les signes d’un ulcère de la cornée ?

Les manifestations habituelles comprennent une douleur parfois intense, un œil rouge et larmoyant, une sensation de corps étranger et une sensibilité à la lumière appelée photophobie. [1] Une vision floue ou une baisse de vision peut également survenir. [3] L’ulcère peut être visible comme une tache blanche, grisâtre ou terne sur la cornée. [1] [2] Du pus peut parfois s’accumuler derrière la cornée et former une couche blanche dans la partie inférieure de l’œil, appelée hypopion. [1] La profondeur de l’ulcère influence généralement la gravité des symptômes et le risque de complications. [1]

Ces symptômes ne permettent pas de confirmer soi-même un ulcère cornéen. [3] Une conjonctivite, une abrasion de la cornée, un corps étranger, une uvéite, un glaucome aigu ou une brûlure peuvent notamment provoquer un œil rouge et douloureux. [3] L’examen de l’œil est indispensable pour distinguer ces différentes causes. [3]

Quelles sont les causes et les situations à risque ?

La plupart des ulcères cornéens sont associés à une infection. [1] [3] L’agent responsable peut être une bactérie, un virus, un champignon ou un parasite tel qu’Acanthamoeba. [1] [3] Une éraflure, un traumatisme ou un autre défaut de la surface cornéenne peut faciliter la pénétration de micro-organismes dans le stroma. [3] Le port de lentilles de contact est un facteur de risque majeur, particulièrement lorsqu’elles sont portées pendant le sommeil, trop longtemps ou insuffisamment désinfectées. [1] [3] Le nettoyage des lentilles avec l’eau du robinet ainsi que la baignade ou la douche avec les lentilles augmentent aussi le risque d’infection cornéenne. [3]

Une sécheresse oculaire importante, des paupières qui ne se ferment pas correctement, des cils dirigés vers l’œil, une paupière tournée vers l’intérieur ou une inflammation des paupières peuvent également léser la cornée. [1] Une chirurgie oculaire antérieure, certaines maladies chroniques de l’œil, le diabète ou une immunodépression font partie des autres facteurs favorisants décrits. [3] Tous les ulcères ne sont cependant pas infectieux. [3] Certaines formes sont liées à une atteinte neurotrophique, à une carence en vitamine A ou à une maladie auto-immune. [3] Une ulcération périphérique peut parfois être la première manifestation oculaire d’une maladie auto-immune. [3]

Quand faut-il consulter en urgence ?

Un ulcère de la cornée doit être traité immédiatement et nécessite une évaluation ophtalmologique urgente. [1] [3] Il ne faut pas attendre une amélioration spontanée en cas de douleur, de rougeur, de larmoiement, de photophobie ou de vision floue. [3] L’absence de traitement peut permettre à l’ulcère de s’étendre en profondeur et à l’infection d’endommager d’autres parties de l’œil. [2] L’automédication par collyre ou pommade ophtalmique est déconseillée, car un médicament inadapté peut aggraver la lésion. [3] Les corticoïdes peuvent notamment être nocifs dans certaines formes virales ou fongiques et ne doivent être employés que sous supervision spécialisée. [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur un examen complet de l’œil, comprenant notamment une mesure de l’acuité visuelle. [2] [3] La lampe à fente permet d’observer la cornée sous un fort grossissement et d’évaluer la taille, la profondeur, la localisation et l’aspect de la lésion. [1] [3] Un colorant appelé fluorescéine peut être déposé dans l’œil pour mettre temporairement en évidence les zones où la surface cornéenne est endommagée. [1] L’interrogatoire recherche notamment le port et l’entretien des lentilles, un traumatisme récent, une chirurgie oculaire, une exposition professionnelle ou l’emploi de médicaments immunosuppresseurs. [3]

Un prélèvement par grattage de la cornée peut être réalisé pour rechercher le micro-organisme responsable. [1] [3] La culture et les tests de sensibilité peuvent aider à choisir le traitement anti-infectieux, notamment lorsque l’ulcère est grand, central, profond, grave ou ne répond pas comme prévu. [1] [3] L’aspect clinique peut orienter vers une cause bactérienne, virale, fongique ou parasitaire, mais ces formes peuvent présenter des symptômes similaires. [3]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement dépend de la cause présumée, de la profondeur, de la localisation et de la gravité de l’ulcère. [3] Un collyre antibiotique, antiviral ou antifongique est généralement instauré rapidement lorsque l’origine infectieuse correspondante est suspectée. [1] [3] Les applications peuvent être très fréquentes au début, mais leur rythme et leur durée doivent suivre exactement la prescription. [1] [2] Des gouttes qui dilatent la pupille peuvent être utilisées pour diminuer la douleur et réduire le risque de certaines complications. [1] Les ulcères liés à une maladie auto-immune peuvent nécessiter un traitement général immunosuppresseur et une prise en charge coordonnée entre ophtalmologie et rhumatologie. [3]

Une greffe de cornée peut devenir nécessaire lorsque l’intégrité de la cornée est menacée ou lorsqu’une cicatrice altère fortement la vision. [1] [2] Le choix du traitement ne peut pas être déduit des seuls symptômes, car une option adaptée à une cause peut être inefficace ou nocive dans une autre. [3]

Comment se déroulent le suivi et l’évolution ?

Un ulcère cornéen nécessite généralement des contrôles rapprochés pour vérifier la cicatrisation et l’efficacité du traitement. [3] La fréquence des consultations et les adaptations thérapeutiques dépendent de la cause, de la gravité et de la réponse observée. [3] Le respect du traitement prescrit et des visites de contrôle contribue au succès de la prise en charge. [3] Une douleur, une rougeur, une photophobie ou une baisse de vision qui apparaît ou s’aggrave pendant le traitement impose une nouvelle évaluation médicale immédiate. [3]

Le pronostic dépend notamment de la cause, de la taille, de la localisation et de la profondeur de l’ulcère. [3] La rapidité du traitement, l’état général de l’œil, les défenses immunitaires et la réponse aux soins influencent également l’évolution. [3] Les ulcères superficiels ont en général un meilleur pronostic que les ulcères profonds. [3] Même après la guérison, une cicatrice trouble peut persister sur la cornée et réduire la vision. [1] [2] Les autres complications possibles comprennent une perforation cornéenne, un glaucome, une cataracte, une infection profonde de l’œil et une perte visuelle. [3]

Comment réduire le risque d’ulcère cornéen ?

Les porteurs de lentilles doivent respecter les consignes d’insertion, de nettoyage, de désinfection, de renouvellement et de rangement. [3] Il faut éviter le port nocturne ou prolongé des lentilles ainsi que la douche et la baignade avec celles-ci. [3] Les lentilles ne doivent pas être portées pendant une infection oculaire ou un ulcère cornéen. [3] Une protection oculaire adaptée peut réduire le risque de traumatisme lors des activités exposant l’œil à une blessure. [3] Éviter de se frotter excessivement les yeux et prendre en charge les troubles de la surface oculaire contribuent également à la prévention. [3]

Sources et références

[1] Corneal Ulcer - Eye Disorders - MSD Manual Consumer Version

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

[2] Quick Facts:Corneal Ulcer - MSD Manual Consumer Version

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

[3] Corneal Ulcer - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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